MANGER AUTREMENT (4/5). Déjà engagée sur le sujet de la transition alimentaire, la ville de Grenoble a, sous l’impulsion du maire écologiste Eric Piolle, fait de la place pour le bio, le local et le végétarien au sein de ses cantines scolaires et crèches et a même instauré "un à deux" repas végétariens par semaine -sans provoquer de tollé-. Mais c’est désormais sur un territoire beaucoup plus large, qui regroupe désormais sept communautés de communes alpines (dont la Métropole de Grenoble) et trois acteurs socioprofessionnels, que ce bassin alpin compte repenser sa souveraineté alimentaire.
Avec près de 12.000 repas servis aux écoles et aux crèches, qui misent sur le bio, le local et le végétarien (avec l'instauration depuis deux ans d'« un à deux » repas sans viande par semaine sans que l'opposition n'y ait trouvé à redire), la ville de Grenoble poursuit son chemin vers une transition de l'alimentation.
Dès 2017, elle annonçait notamment un quota de « 50% de composantes bio et/ou locales » au sein de ses cantines scolaires, et près de « 30% du budget alimentaire du self municipal pour produits bio et/ou locaux » tandis que son service du protocole (réceptions) nourrissait même l'ambition d'atteindre le « 100% bio et local » dans le domaine des boissons et le « 80% bio » sur le plan des aliments.
Mais son engagement se traduit désormais en quelque sorte à une échelle bien plus large, puisque la ville de Grenoble a rejoint plusieurs autres acteurs de son bassin. Car depuis 2019, sept partenaires publics (ville de Grenoble, Grenoble-Alpes Métropole, Pays Voironnais, Le Grésivaudan, Le Trièves, les PNR du Vercors et de Chartreuse) et trois acteurs socioprofessionnels (chambre d'agriculture de l'Isère, collectif autonomie alimentaire, réseau des conseils de développement de la région grenobloise) se sont alliés, le regard tourné vers les assiettes de leurs habitants.
Leur objectif : déployer une stratégie agricole et alimentaire « interterritoriale », sur un bassin qui englobe au total près de 700.000 habitants et 272 communes, où l'on retrouve également 318 000 emplois dont près de 3.200 emplois agricoles.
Objectif : bâtir à plus large échelle un projet partagé
Récemment, le plan France Relance est entré dans la danse et prévoit en effet d'appuyer la création des plans alimentaires territoriaux, nés de la loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt, en leur proposant une enveloppe de 80 millions d'euros de subventions, sous la forme d'appels à projets.
A ce sujet, le bassin grenoblois pourrait lui aussi tenter de saisir sa chance. D'autant plus que depuis deux ans, il se voit à une échelle bien plus large que celle de sa propre collectivité.
En co-construisant un nouveau « Projet Alimentaire interTerritorial » (PAiT), la ville de Grenoble et son bassin urbain s'allient ainsi désormais à d'autres réservoirs de population, mais également à des territoires qui pourraient demain constituer des partenaires, voire même des greniers et des réservoirs de projets d'agriculture durable.
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