En Auvergne Rhône-Alpes, le second tour aura été à l'image du premier : c'est-à-dire relativement fidèle aux tendances de l'échelon national, pour cette "petite France" de 8 millions d'habitants (5,5 millions de votants) que représente la région Auvergne Rhône-Alpes, et qui aura voté à 59,76% pour ce second tour le président sortant. Soit à peine un point de plus que les 58,55% enregistrés à travers l'Hexagone, mais 8 points de moins que son propre score régional en 2017.
Ici aussi, le vote des grandes villes s'écarte de plus en plus de celui des campagnes, comme le démontre le "grand écart" réalisé entre la Métropole de Lyon, où Emmanuel Macron décroche 73,03% des suffrages exprimés (et même 79,80% à Lyon intra-muros), ainsi que 78,74% à Grenoble, 71,68 % à Clermont-Ferrand, tandis qu'en Haute-Loire, le match se joue beaucoup plus serré à 50,16% contre 49,84%, avec un département proche du point de bascule...
Ce second tour aura ainsi traduit, dans l'ensemble des 12 départements d'Auvergne Rhône-Alpes, un vote de la Macronie en recul, ainsi qu'une abstention plus élevée (25,60%), mais surtout, une poussée inédite des scores du Rassemblement national (1.517.277 voix désormais en Auvergne Rhône-Alpes, soit 310.000 voix de plus qu'en 2017) qui se profile désormais sur des terres habituellement peu fertiles aux idéaux d'extrême droite.
A seulement sept semaines des prochaines élections législatives, déjà qualifiées de "troisième tour" par une partie des candidats déçus (dont La France Insoumise mais aussi les Ecologistes), ces résultats ne manqueront pas non plus d'interroger sur la suite, et notamment sur la capacité à gouverner une France plus que jamais fracturée au cours du prochain quinquennat, avec une majorité également plus imprécise qui se dessine pour la République en Marche, conduite par Emmanuel Macron.