FOCUS. Alors que le top départ des vacances de février devait avoir lieu cette semaine, la fermeture des remontées mécaniques pèse toujours très fortement sur les réservations. Mais cette décision ne plonge pas seulement les stations de sports d’hiver et ses hébergeurs dans la tourmente. En amont, c’est tout le tissu des TPE et PME du secteur de l’aménagement de la montagne qui en subit les répercussions, et qui s’inquiète que les investissements ne soient plongés dans l’abîme durant les deux années à venir.A l'heure où les stations auraient dû accueillir leur flot de touristes étrangers pour les vacances de février, les stations auralpines sont désespérément vides, ou presque.
Selon l'Observatoire de L'Agence Savoie Mont Blanc, les perspectives de cette période, qui demeure actuellement le second pilier de la saison d'hiver après les fêtes de Noël, ne sont guère réjouissantes. À 48 heures du début des vacances scolaires d'hiver, les prévisions de fréquentation établies tablaient sur un taux d'occupation moyen des hébergements marchands de 37 % sur les quatre semaines du mois de février (contre 81% en moyenne habituellement) sur les 112 stations de Savoie et Haute-Savoie.
Et le plan gouvernemental de quatre milliards d'euros, consacré aux stations de sports d'hiver fermées et à leurs acteurs, ne rassure pas encore la filière de l'aménagement de la montagne. Ces 450 entreprises - pour 5.500 emplois - fournissent les stations et les exploitants de domaines skiables en enneigeurs, en remontées mécaniques et autres matériels et services, pour un chiffre d'affaires supérieur à un milliard d'euros annuellement.
Cet hiver, les skieurs regardent du côté des massifs voisins, là où les remontées mécaniques sont restées ouvertes. En effet, comme le rappelle le consultant suisse spécialise Laurent Vanat, qui édite chaque année un rapport international sur le tourisme de neige et de montagne, seuls trois pays sur le continent ont fait le choix de fermer leur remontée mécaniques : il s'agit de la France, bien entendu, mais aussi de l'Allemagne et de l'Italie.
"Partout ailleurs, on constate des ouvertures avec certains aménagements. Comme en Autriche, où les hôtels qui sont fermés modifient le comportement des skieurs, qui ont tendance à moins se déplacer vers les grandes stations habituellement très fréquentées mais éloignées des villes. En Suisse, ce sont restaurants ont refermé leurs portes", cite-il en exemple.
Et comme les skieurs, les entreprises de la filière de l'aménagement de la montagne ne peuvent que se concentrer sur les marchés étrangers.