Depuis le début de la guerre en Ukraine, les cours des carburants ont bondi, le gaz a augmenté d'environ 300% et le diesel, largement utilisé dans le transport routier, a quasiment doublé. Pour l'heure, les entreprises régionales du transport routier et du transport de voyageurs accusent le coup, mais s'inquiètent de l'avenir. Le plan Résilience, présenté en urgence par Jean Castex, n'a pas apaisé les inquiétudes de la filière : plusieurs, comme la FNTR, évoquent un "pansement" qui ne leur permettra pas de tenir plus d'un mois. Avec une situation qui pourrait conduire certaines entreprises...Depuis le début de la guerre en Ukraine menée par la Russie, les prix du carburant s'envolent. Pour la filière des transports routiers et de voyageurs régionale, c'est le coup de trop.
"On commençait à ressortir la tête de l'eau après deux ans de pandémie. Puis il y a eu la guerre en Ukraine, la hausse des carburants. Ces augmentations vont réussir à faire ce que n'a pas fait le Covid : mettre des boîtes par terre", constate Alexandre Geoffroy, délégué régional de la FNTV (Fédération nationale des transports de voyageurs) qui regroupe 205 entreprises (13.000 salariés) en région.
"Certaines entreprises ne peuvent pas encore tenir un mois comme ça "
En un an, le diesel, majoritairement utilisé dans le parc de poids lourds, a quasiment doublé. Le gaz, quant à lui, flirte avec une augmentation de 700% depuis mai dernier.
"En temps normal le carburant représente 20% du coût de revient, là il est passé à 32%. Il y a des transporteurs qui achètent pour 36.000 euros de citerne par semaine en temps normal. Là, c'est le double", illustreJacques Sorlin, délégué régional de la FNTR (Fédération nationale des transporteurs routiers) , qui fédère 1.500 entreprises en Auvergne Rhône-Alpes.
Une hausse d'autant plus compliquée à assumer pour les pour petites et moyennes entreprises. "Nos transporteurs travaillent à perte. Sur une échelle de 100, un transporteur lourd coûte maintenant 130, un transporteur léger 150 (car il ne récupère pas la TICPE) et ceux qui roulent au gaz, 200", schématise Jean-Chrisophe Gautheron. secrétaire général de l'OTRE (Organisation des transporteurs routiers européens), qui compte 70 adhérents.
Mercredi dernier, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé un plan résilience pour aider les secteurs les plus touchés par la hausse des carburants. Un remboursement mensuel de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) et une remise de 15 centime le litre à la pompe a été proposée, passée entre temps à 18 centimes.
Des mesures concernant spécifiquement le transport routier ont ensuite été ajoutées : une enveloppe de 400 millions d'euros, permettant aux entreprises du secteur de bénéficier d'aides, allant de 200 euros pour les véhicules légers à 1.300 euros pour les véhicules lourds. Une enveloppe qui concerne 520.000 véhicules en France.
Malgré ces aides ponctuelles, la filière régionale reste inquiète et affirme unanimement : ce n'est pas assez. Il s'agirait même d'un "pansement", selon la FNTR. Aussi pour le moment, aucune modalité d'attribution n'a été détaillée. "Le caractère urgent n'a pas été pris en compte", note Jacques Sorlin. Et de rajouter : "Certaines entreprises ne peuvent pas encore tenir un mois comme ça."