Chaque matin, la traversée du Rhône par le pont de Loyettes (Ain) est une épreuve : « la route est très souvent embouteillée », illustre un habitant venu à Bourgoin-Jallieu (Isère) pour une réunion sur le projet de réacteurs nucléaires EPR2 au Bugey (Ain), mardi 25 mars.
L'ouvrage, traversé par 13 000 véhicules par jour, peine à absorber le trafic routier entre chaque rive. Tout comme son voisin, le pont de Lagnieu (14 000 véhicules quotidiens), à 18 kilomètres en amont, qui n'est quant à lui pas adapté aux convois exceptionnels, pourtant nombreux dans ce bassin industriel situé à une quarantaine de kilomètres de Lyon, entre le Rhône, l'Ain et l'Isère.
Désormais, l'arrivée du projet EPR2 interroge, inquiète, autant qu'il galvanise. En parallèle, il ouvre des opportunités en matière d'aménagement du territoire entre deux départements (l'Ain et l'Isère) qui, jusqu'alors, portaient chacun leur propre vision. Avec, pour principaux liens administratifs entre les rives du Rhône, la gestion du transport scolaire et des collèges. Comme nous l'a confié Jean-Yves Brenier, président de la communauté de communes des Balcons du Dauphiné (Isère) en janvier dernier : « Ces deux territoires ont été construits pour ne pas se parler tant que ça. Ils n'ont pas assez l'habitude de travailler ensemble ». Un nouveau pont porterait donc également une charge hautement symbolique. « Il faut que ce projet nous rapproche. »
Dans les cartons des deux Conseils départementaux, le « nouveau franchissement sur le Rhône » promet en effet de décongestionner le trafic, dans un bassin d'emplois qui gagnera naturellement près de 18 500 nouveaux habitants d'ici 2042 autour de la centrale nucléaire du Bugey selon une étude de l'Agence d'urbanisme de Lyon. Cela, sans le projet des nouveaux réacteurs nucléaires annoncés par Emmanuel Macron en 2022, qui devraient amener 8 000 salariés au pic du chantier dans les années 2030.