La chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes a analysé le modèle de financement de l'autorité organisatrice des transports en commun lyonnais. Si une gestion saine est constatée pour l’exercice précédent, l’organisme s’inquiète des investissements annoncés d’ici à 2033.Prolongement de la ligne B, développement de nouvelles lignes de tramway, arrivée de bus à haut niveau de service... Depuis son arrivée en 2020, l'exécutif à la tête de Sytral Mobilités - autorité organisatrice de la mobilité (AOM) présidée par l'écologiste Bruno Bernard- pousse les investissements pour densifier le réseau. Et elle entend poursuivre sur sa lancée, plusieurs projets d'automatisation, de modernisation et d'extension ayant déjà été annoncés.
Des perspectives qui interpellent la chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes qui a présenté début juin son rapport sur le financement des transports collectifs lyonnais. Si le modèle de financement de l'AOM a fait ses preuves sur l'exercice précédent (2017-2024), la juridiction financière s'interroge sur sa capacité à financer tous ses projets.
Des coûts maîtrisés entre 2017 et 2024
Présenté comme « sain », le modèle de financement de l'AOM s'est appuyé sur trois sources de recettes sur le précédent mandat : la contribution des usagers qui s'est élevée à 272 millions d'euros, celle des collectivités (à hauteur de 220 millions) et le versement mobilité pour près de 480 millions d'euros, soit près de la moitié des produits de gestion courante perçus par le syndicat (environ 1 milliard d'euros), selon la CRC.
Un montant qui a bondi de 40% sur la période 2017-2024 grâce à la croissance économique, permettant ainsi à l'AOM de« supporter l'impact de l'inflation sur les charges d'exploitation [618 millions d'euros en 2023, en hausse de 4,2%, ndlr] et d'autofinancer près de 80 % de son programme d'investissement »,souligne le rapport de la chambre.
Grâce à ses recettes, Sytral Mobilités a ainsi réussi à réduire de 15% son endettement.
Et les résultats pour l'année 2024, publiée par Sytral Mobilités ce 3 juin, souligne la poursuite de cette dynamique. Les recettes de fonctionnement ont atteint 991,7 millions grâce à la hausse des revenus issus de la billetterie (+8,1%) et une progression du versement mobilité de 504,2 millions d'euros (+4,8%).