Ce 1er mars, jour de la publication au Journal Officiel de la Loi Létard visant à apporter une aide d’urgence aux femmes victimes de violences conjugales, la Caisse d’épargne Bretagne-Pays de la Loire a annoncé le lancement d’un compte en banque gratuit ouvert à ces femmes. La CEBPL, qui a stabilisé ses activités en 2022, confirme ses ambitions environnementales, sur terre comme sur mer, dans la perspective d’un contexte économique beaucoup plus délicat en 2023.Cent-cinquante ans après avoir permis aux femmes mariées d'ouvrir et d'utiliser un livret d'épargne sans le consentement de leur mari, la Caisse d'Epargne Bretagne Pays de la Loire permet, aujourd'hui, aux femmes victimes de violences conjugales d'ouvrir gratuitement (pendant une période de deux ans) un compte bancaire personnel. « Une femme qui veut quitter son foyer doit avoir les moyens de son indépendance financière et la possibilité de payer un billet de train pour emmener ses enfants. Les violences conjugales, ce sont aussi des violences économiques », indique Christophe Pinault, président du directoire de la Caisse d'Epargne Bretagne Pays de la Loire (CEBPL).
Mise en place depuis le 1er mars, en Bretagne et Pays de la Loire, cette solution sera accessible à distance sur un simple appel au 02.22.93.20.22 où est mis en place une équipe dédiée. Ce compte autorisera un découvert de 300 euros. « On leur permet de partir avec trois cents euros quand elles n'ont plus rien en poche », souligne Mylène Legoth, secrétaire générale de la CEBPL. Ce produit bancaire innovant, voulu pour répondre aux attentes de la population régionale, fait suite à la mise en œuvre de la Loi Létard, promulguée le 28 février 2023 et publiée au journal officiel le 1er mars 2023, visant à créer une aide universelle d'urgence sous la forme d'un don ou d'un prêt sans intérêt. « Or, un crédit d'urgence sans compte bancaire, c'est compliqué. Le risque, c'est même de voir ce crédit d'urgence arrivé sur le compte du mari ! », justifie Christophe Pinault.
12.700 victimes en Pays de la Loire l'an passé
Seule condition, qu'une déclaration ait été faite auprès des travailleurs sociaux ou qu'une plainte ait été déposée auprès des autorités compétentes. Selon les appels reçus au numéro national de référence d'écoute téléphonique et d'orientation à destination des femmes victimes de violences (3919), les Pays de la Loire auraient enregistré 12.700 victimes et la Bretagne 10.000 l'an dernier. « En 2021, le nombre d'appel a augmenté de +81% en Ille et Vilaine. Le caractère « encourageant », c'est qu'au moins, de plus en plus de femmes se signalent. C'est un premier pas », observe la secrétaire générale de la CEBPL, qui mènera une expérimentation avec le département du Maine-et-Loire pour mesurer l'impact de cette initiative. « Il ne s'agit ni d'en faire une démarche mercantile ni un effet d'annonce. On espère même que ce sujet fera des émules parmi les établissements bancaires parce que c'est un vrai phénomène de société et que l'on ne peut pas rester les bras ballants face à cette situation », ajoutait Christophe Pinault, à l'occasion de la présentation des résultats 2022 de la banque coopérative au lendemain d'une année 2021, dont les résultats avaient été, à l'époque, qualifiés d'historiques. « Un exercice de bonne facture avec un premier semestre classique et un second semestre beaucoup plus tendu. Et l'on s'attend à une année 2023 bien plus compliquée », résume d'emblée le président du directoire de la Caisse d'Epargne Bretagne Pays de la Loire.