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Epargne : quels sont les placements les plus sûrs ?

Marianne Lagrange

Publié le 20 mai 2011 à 16:33

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Les Français se ruent sur les livrets et les contrats d'assurance-vie. Sans toujours savoir ce qu'ils rapportent vraiment, une fois déduits les impôts, ni connaître toute la panoplie de produits existante.

Alors que l'on ressort ses affaires d'été depuis quelques semaines, une tranche de la population continue à être très frileuse : les épargnants. Ces derniers restent toujours hostiles à placer leur argent dans des produits à risque. Une aversion au risque qui pouvait s'expliquer il y a quelques mois par la volatilité des marchés financiers, mais qui semble s'installer durablement dans les mentalités.

Pourtant, la Bourse semble retrouver le chemin de la hausse, malgré les soubresauts de cette semaine, et l'or, valeur refuge par excellence, ne cesse de grimper. Mais cela ne semble pas encore convaincre les particuliers, qui recherchent plus que jamais la sécurité. Ils délaissent ainsi les actions et autres produits à risque pour des produits plus classiques comme les fonds en euros des assurances-vie.

Même si les derniers chiffres de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) font état depuis plusieurs mois d'une baisse de la collecte sur les contrats en euros, ils n'en demeurent pas moins les produits préférés des Français. L'étude relève d'ailleurs que 66% des sondés estiment que l'assurance-vie est un moyen stable et sûr d'épargner, confirmant de fait cette aversion au risque.

Et encore, cette baisse de la collecte s'effectue essentiellement au profit... du livret A et du LDD (livret de développement durable), les deux produits les moins risqués du marché ! L'encours du livret A a ainsi dépassé le seuil historique des 200 milliards d'euros au mois de mars. Même l'immobilier, réputé sûr et considéré comme valeur refuge durant toutes ces années de crise, montre des signes de fléchissement. Les premières baisses apparaissent ici et là. Si bien que les Français commencent à craindre un retournement du marché.

Aversion au risque

Cette aversion croissante au risque s'explique principalement par deux facteurs. En premier lieu, bien entendu, la crise et la baisse des marchés financiers en 2008, qui a plus que freiné les épargnants adeptes des actions. Ensuite, la volonté des Français, ou plus exactement la prise de conscience, de préparer leur retraite. Or, cela nécessite une prudence accrue dans le choix des placements, afin de pouvoir disposer à terme de revenus supplémentaires dignes de ce nom.

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Selon l'enquête annuelle publiée récemment par le Cercle des épargnants, 57% des sondés sont inquiets quant à leur future pension, qui apparaît comme un motif important pour épargner.

Malgré cela, seuls 16% d'entre eux économisent régulièrement dans ce but, contre 6% qui ne le font qu'une fois par an. Ainsi, les placements liés à la retraite pourraient être les prochains grands gagnants de l'épargne, auxquels pourrait venir s'ajouter un recours accru au rachat de trimestres pour compléter sa pension (lire l'interview).

Or, les fourmis n'aiment pas l'incertitude. C'est pourquoi, en attendant les beaux jours, on comprend qu'elles préfèrent privilégier les produits les plus sûrs. Encore faut-il choisir le bon. Car, en fonction de son horizon de placement, il convient de privilégier les livrets, l'assurance-vie ou encore les comptes à terme, voire les fonds garantis (lire ci-dessous).

"Le rachat de trimestres pour la retraite est sans risque, et peut rapporter 17% pour un cadre" Marc Darnault, associé chez Optimaretraite

Cette opération patrimoniale peut s'assimiler à un placement sans risque, avec un rendement parfois important. A condition de ne pas se précipiter.

Dans quelles conditions peut-on racheter des trimestres de retraite ?

Quand on a fait des études ou que l'on a des années incomplètes (c'est-à-dire travaillées mais avec une rémunération trop faible pour valider 4 trimestres), on peut racheter jusqu'à 12 trimestres pour améliorer sa retraite. Encore faut-il être sûr de ne pas perdre d'argent dans l'opération. De manière générale, le rachat est très rentable pour une personne proche de la retraite qui pourra, avec son rachat, partir à taux plein dès l'âge légal (entre 60 et 62 ans selon sa date de naissance). En fin de compte, le rachat est une sorte de placement sans risque avec un rendement parfois important.

C'est-à-dire ?

Le rachat de trimestres permet d'atteindre, ou de se rapprocher, du taux plein lors de son départ à la retraite et ainsi d'améliorer sa pension. C'est donc comme si la personne avait épargné pendant sa période active pour recevoir un revenu complémentaire à la retraite. Il peut s'agir aussi d'une opération patrimoniale, puisque les trimestres rachetés sont déductibles des impôts et que la retraite est réversible au conjoint. C'est donc souvent un bon complément de retraite, avec une rentabilité, d'après nos calculs, qui peut atteindre plus de 17% pour un cadre qui pourrait partir à taux plein à l'âge légal grâce au rachat.

Quand faut-il racheter ?

La période légale pour racheter ses trimestres s'étale de 20 à 66 ans, mais la période la plus propice se situe à quelques jours du départ à la retraite. En rachetant trop tôt, on risque plusieurs aléas réglementaires ou de carrière, pouvant entraîner une baisse de la rentabilité à terme. Nous préconisons souvent d'épargner, sur une assurance-vie par exemple, afin de disposer des liquidités nécessaires pour racheter les trimestres manquants au moment voulu et de réaliser alors une bonne opération.

4 stratégies patrimoniales à la loupe

1 - Pour du court terme, les livrets et Sicav en euros rapportent peu

Peu rémunérateurs mais permettant de disposer de ses fonds à tout moment, le plus souvent sans aucuns frais, les livrets bancaires et les fonds monétaires restent la solution.

Ainsi, même si les taux de rémunération du livret A et du livret de développement durable (LDD, ex-Codevi) à 2% sont encore peu attractifs, il peut être une solution à court terme. Net d'impôt, le livret A est limité à 15.300 euros par personne (6.000 euros pour le LDD) mais pourrait voir son taux passer à 2,25% en août.

Parallèlement, les livrets dits non réglementés permettent de placer le surplus. Ils rapportent de 1 à 2,6% brut hors promotion selon les établissements. Pour obtenir le taux net, il faut multiplier par 0,687. Ainsi, 2% brut donne du 1,37% après impôts et prélèvements sociaux (si l'on opte pour le prélèvement forfaitaire libératoire). Mais il est possible de trouver des promotions proposant un taux annuel de 5 % brut pendant quelques mois (soit 3,44% net) (voir illustration). Attention, tous ces livrets, réglementés ou non, versent les intérêts par quinzaines.

Pour des sommes disponibles seulement quelques jours, restent les Sicav monétaires en euros. Longtemps plébiscitées par les commerçants et professions libérales souhaitant faire travailler leur trésorerie, elles sont indexées sur les taux monétaires, mais ne rapportent pour l'heure presque rien (0,51% brut sur un an), surtout depuis la disparition du seuil de cession.

2 - Sur le moyen terme, le plan d'épargne logement est imbattable

Le plan d'épargne logement (PEL) et les comptes à terme peuvent être de bonnes alternatives lorsque la disponibilité des fonds n'est pas primordiale à court terme. Ainsi, le nouveau PEL est tout de même plus souple que l'ancien. Son taux sera désormais révisé tous les ans et ne pourra jamais descendre en dessous de 2,5% l'an.

Bon à savoir : le taux est bloqué au moment de l'ouverture. Une prime d'État permet même d'obtenir du 3,5% à condition d'avoir recours à un financement immobilier. Le PEL est exonéré d'imposition mais pas des prélèvements sociaux, soit un taux net de 2,19% ou 3,07 %. Avec une existence limitée à quinze ans, le déblocage des fonds devra intervenir entre 4 et 10 ans, avec un taux d'emprunt inchangé, à 4,2%. Seule la prime de l'Etat évolue dans la nouvelle formule du PEL, puisqu'elle sera octroyée à partir de 5.000 euros d'emprunt.

Pour ceux qui possèdent déjà un PEL, ou qui ont besoin des sommes avant quatre ans, restent les comptes à terme. Le principe ? On prête de l'argent à sa banque un certain temps (de 3 mois à 3 ans le plus souvent), en échange d'une rémunération un peu supérieure.

Après avoir atteint un point bas en 2009, ce placement reprend peu à peu des couleurs. Il est désormais possible de trouver du 2,3% brut sur 9 mois, chez ING Direct par exemple (1,6% net). Mais attention au minimum requis pour disposer du taux, et aux pénalités en cas de retrait avant le terme, allant jusqu'à 2%.

3 - À long terme, l'assurance-vie offre de solides rendements

Placer à long terme son argent reste sans doute le meilleur moyen pour obtenir une rémunération digne de ce nom dans un contexte de taux bas. Les fonds en euros présents sur tous les contrats d'assurance-vies s'imposent bien évidemment dans une telle optique. Une rémunération est toujours garantie par l'assureur, il est donc impossible de perdre sa mise, à moins, bien sûr, d'une faillite de la compagnie.

Les fonds en euros du marché ont rapporté entre 3,2 et 3,4% net de frais de gestion en 2010. L'an passé, les meilleurs étaient Axéria Vie (4,51%), et BforBank (4,30%) et les contrats sur Internet ont presque tous rapporté plus de 4%. Reste que les taux servis diminuent d'année en année, et que la tendance devrait se poursuivre.

Pour proposer une alternative à ces fonds en euros, les établissements multiplient les produits dits "à formule", et plus particulièrement les "fonds garantis". Garantissant au moins la mise de départ, ces produits ont l'avantage de pouvoir être intégrés au sein d'une d'assurance-vie ou d'un PEA (plan d'épargne en actions), leur procurant un bel avantage fiscal. En contrepartie du capital garanti, la performance de ces fonds est plafonnée à un taux déterminé à l'avance, avec une échéance donnée (souvent entre 4 et 8 ans). Chacun suit ensuite sa propre formule de calcul plus ou moins complexe, souvent corrélée à un indice boursier (CAC 40, Euro Stoxx 50...) ou à un panier de valeurs. Attention : des pénalités sont appliquées en cas de retrait anticipé.

4 - Sur le papier, les produits de défiscalisation sont sûrs et rentables

Même si les avantages fiscaux se réduisent à peau de chagrin, il reste quelques niches intéressantes et sans risque, du moins sur le papier. La rentabilité de ces produits provient uniquement de l'avantage fiscal accordé.

C'est le cas des parts de Sofica (Société pour le financement de l'industrie cinématographique et audiovisuelle), grâce auxquelles on peut retrancher de son impôt sur le revenu 36% (et non plus 40%) des sommes investies, voire 43% pour celles qui s'engagent à investir dans des sociétés de production. Les sommes prises en compte sont plafonnées à 18.000 euros par foyer fiscal et 25% du revenu net global du foyer. Mais il faut conserver les titres au moins 5 ans et payer des frais d'entrée parfois élevés (3% en moyenne). Grâce à l'avantage fiscal, la rémunération annuelle des Sofica peut atteindre, voire dépasser, les 5%.

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Autre solution : investir dans les DOM-TOM. Ainsi, le Girardin Industriel accorde une réduction d'impôt sur un an égale à 47,5% du montant global investi pour l'achat d'une machine qui sera utilisée par un exploitant local. Grâce au montage financier, la rentabilité de ce placement tourne autour de 20% en une seule fois (appelé "one shot"). Quant au Girardin Logement, il octroie une réduction fiscale de 27% à 39% sur cinq ans du montant investi dans un bien locatif. La rentabilité annuelle des bonnes opérations tourne autour de 15%. Dans les deux cas, le seul risque réside dans le sérieux du promoteur choisi.

Marianne Lagrange

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