La crise gèle l'émission de crédits immobiliers

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La crise provoque un coup de froid sur les crédits immobiliers en France dont le montant total, qui sera en baisse en 2011 par rapport à l'an dernier, devrait continuer à diminuer en 2012, selon une étude de l'Observatoire Crédit Logement/CSA publiée jeudi.

"Avec la suppression du PTZ (prêt à taux zéro) pour l'achat de logements anciens, décidé dans le nouveau plan de rigueur, la crise sera de plus grande ampleur qu'en 2008 et aura un impact négatif considérable sur les crédits immobiliers", affirme Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris-Ouest et auteur de l'étude.

Le montant des crédits immobiliers accordés par les banques devrait s'élever à 155 milliards d'euros en 2011, soit une baisse de 8% par rapport à 2010 (168,8 milliards), année proche du record absolu de 2007 (170,2 milliards).

"C'est un résultat positif pour cette année car 2010 avait été une année dopée par les rachats de prêts", souligne Patrick Lepescheux, directeur général délégué de Crédit Logement, l'organe central de garantie des prêts pour le logement.

Après une année 2010, qui avait enregistré une forte reprise des crédits immobiliers, 2011 enregistre un fort ralentissement de la distribution, à cause principalement du coup de froid enregistré au troisième trimestre.

Alors que la production de crédits avait augmenté de 19,1%, sur un an, au premier semestre, le troisième trimestre accuse un important décrochage avec une baisse de 13,7%.

Des emprunteurs plus âgés et plus aisés. 

Et la chute devrait s'accélérer. "Suivant un scénario comparable à celui de l'automne 2008 (début de la grande dépression), le marché se bloque" pour les logements anciens, indique l'étude de l'Observatoire. Pour Crédit Logement, "les reventes deviennent plus difficiles et les biens les plus chers ne sont plus sur le marché".

De plus, "les prix vont encore une fois reculer non parce que la solvabilité de la demande s'est détériorée mais parce que la demande hésite et que l'offre de crédits n'est plus aussi dynamique". Aussi, "la baisse des crédits accordés devrait s'accélérer en 2012 avec une chute de 16% par rapport à 2010 pour tomber aux alentours de 130 milliards, pas loin de 2009 (120 milliards)", pronostique Michel Mouillart.

Outre la suppression du PTZ+ dans l'ancien, "la remontée du chômage et la perte de pouvoir d'achat vont peser sur la demande de crédits immobiliers" ainsi que la suppression en 2013 de l'avantage fiscal pour les investisseurs achetant pour louer, la loi Scellier, explique l'universitaire.

Pour Mouillart "les emprunteurs auront de plus en plus de difficultés à emprunter car le volume des prêts accordés est en train de baisser à cause de la crise qui contraint les banques à réduire leurs offres car les autorités monétaires leur ont rappelé la nécessité d'augmenter leurs fonds propres".

Les taux d'intérêt des crédits immobiliers se sont établis en moyenne à 3,86% en octobre contre 3,89% en septembre. Les taux d'intérêt des crédits immobiliers avaient atteint en novembre 2010 leur plus bas niveau (3,22% en moyenne) depuis 1945.

"Mais il ne faut pas se tromper dans le message qui est porté par la baisse du taux en octobre", souligne M. Mouillart. En effet, selon lui, les emprunteurs sont de plus en plus des ménages aisés, qui empruntent pour des périodes moins longues et qui bénéficient d'un apport personnel plus important, leur permettant d'obtenir un taux d'interêt plus bas.

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Commentaires
a écrit le 19/11/2011 à 18:30 :
Pour que les prix se maintiennent, il faudrait que les facteurs de la hausse des prix perdurent. Or
1) le soutien de l'Etat est remplacé par des taxes sur les plus-values,
2) les taux d'intérêt historiquement bas de 2010-2011 augmentent et continueront d'augmenter (perte probable du AAA, ratios prudentiels de Bâle 3...)
3) les mises en vente se multiplient
4) le volume des ventes s'est déjà largement contracté
5) les prix sont tout simplement trop élevés par rapport au pouvoir d'achat des ménages, même pour une situation économique florissante, donc avec la pérennité de la crise...

Nous allons assister à un beau krach. Je ne vois pas ce qui pourrait l'empêcher.
a écrit le 14/11/2011 à 11:53 :
Aie Aie Aie. La situation immobiliere est de pire en pire. Je pensais à un réajustement en 2012 mais entre la fin de toutes les aides, le credit plus cher (et ce n'est pas terminé), la crise avec la baisse du pouvoir d'achat des menages+chomage, ... plus rien ne soutient le marché immobilier. Ca sent plutot la chute libre: KRACH EN VUE!!!!

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