Pour le crowdfunding, 2022 a été un très bon millésime. Le financement participatif en immobilier a levé 1,6 milliard d'euros en 2022 (sur un marché de la promotion de 40 milliards), soit une hausse de 40% sur un an, d'après le baromètre annuel du crowdfunding réalisé par groupe d'audit Mazars pour l'association Financement participatif France. « Nous voyons de plus en plus d'investisseurs venir sur notre plateforme. C'est le même constat pour les marchands de biens et les promoteurs qui (sur ces plateformes, ndlr) cherchent des financements alternatifs au crédit immobilier traditionnel », constate Gautier Allard, directeur général de la plateforme ClubFunding, un mastodonte créé en 2015 ayant collecté 515 millions d'euros en 2022.
Le crowdfunding immobilier est un mode de financement alternatif de projets de construction ou de rénovation de biens par le public. En ligne, les plateformes dédiées, encadrées depuis 2014 par le statut d'intermédiaire en financement participatif (IFP), servent d'intermédiaire entre un promoteur ou un marchand de bien et des investisseurs particuliers. Depuis ses débuts dans les années 2000, le secteur n'arrête pas de croître avec, à date, 152 plateformes enregistrées IFP qui propose aux particuliers d'investir dans des projets à partir de 1.000 euros, selon l'Organisme pour le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS).
Et depuis une dizaine d'années, l'engouement est croissant pour ce placement alternatif dont la somme investie est bloquée pendant plusieurs mois voire plusieurs années. Et pour cause, le crowdfunding immobilier propose un rendement moyen de 9,4% par an en 2022, selon Mazars, pour des risques qui se sont avérés très limités jusqu'ici. « L'année dernière, nous estimons une perte totale des fonds des investisseurs à moins d'un projet sur cent et des retards de remboursement de plus de six mois à cinq projets sur cent », détaille Bertrand Desportes, associé chez Mazars en charge de ce baromètre.