Paris : les prix de l'immobilier repassent au-dessus de 8.000 euros le m²

 |   |  695  mots
Les marchés les plus tendus en Île-de-France résistent à la baisse des prix.
Les marchés les plus tendus en Île-de-France résistent à la baisse des prix. (Crédits : Reuters)
La correction des prix de l'immobilier ancien à Paris engagée il y a trois ans serait-elle sur le point de s'achever ?

La correction des prix de l'immobilier ancien à Paris, aussi légère fut-elle, est peut-être sur le point de se terminer. Lors du troisième trimestre 2015, les prix des logements dans la capitale sont en effet repassés au-dessus de la barre symbolique des 8.000 euros du mètre carré à 8.020 euros, en hausse de 1,7 % par rapport au trimestre précédent, selon les derniers chiffres des notaires d'Île-de-France.

Certes, "la prise en compte de la saisonnalité explique en grande partie cette hausse qui tient au souhait des familles de concrétiser leur projet avant la rentrée", estiment les notaires. Après correction de la variation saisonnière, la hausse trimestrielle de 1,7 % des prix a ainsi été ramenée à 0,9 %. Les notaires prévoient tout de même que les prix dans l'ancien se maintiendront au-dessus de 8.000 euros lors du dernier trimestre 2015.

Correction limitée à Paris

La correction des prix de l'immobilier à Paris reste de fait très limitée, comparée à la folle hausse des prix entre 2000 et 2011. En effet, rapportés aux revenus des ménages, ils ont été multipliés par 2,5, atteignant 8.460 euros du m² en 2012. Depuis, ils baissent légèrement chaque année. Mais après être passés sous la barre des 8.000 euros en 2015, ils reprennent de la vigueur, profitant notamment des niveaux très bas des taux d'intérêt d'emprunt, qui rendent la demande plus solvable.

Et par rapport à il y a un an, l'ampleur de la baisse se réduit. "Elle est désormais inférieur à 1 % (-0,9 %)", notent les notaires d'Île-de-France.Le regain d'activité est incontestable : les ventes immobilières ont bondi dans la capitale de 22 % au troisième trimestre 2015 par rapport au troisième trimestre 2014, à 9.600 unités. "Ce volume se rapproche (-5 %) du volume observé pendant la période de haute activité 1999-2007 (10.200 ventes en moyenne par trimestre)", expliquent les notaires. Preuve que ce marché tendu par excellence ne devrait pas voir ses prix de l'immobilier s'écrouler de sitôt...

Les prix baissent plus en grande couronne

Si l'on élargit au marché francilien. On retrouve la tendance parisienne, mais de manière plus mesurée. Les prix des appartements dans la région ont aussi plus que doublé de 2000 à 2011, et ont amorcé depuis une correction. Les prix des appartements anciens en Île-de-France atteignent 5.320 euros le m² au troisième trimestre, en baisse de 1,3 % par rapport au même trimestre de l'année précédente.

En revanche, à l'inverse de Paris, ces prix devraient continuer de baisser jusqu'à 5.280 euros du mètre carré à la fin de l'année, prédisent les notaires. Car même si l'Île-de-France reste un marché tendu, il faut bien différencier la petite couronne, où la correction est, en pourcentage, proche de celle que connaît Paris (-1,1 % à 4.300 euros du m² en moyenne sur un an), de la grande couronne où la correction est de 2,5 % sur un an, à 2.940 euros du mètre carré.

Quid de l'avenir?

Ces évolutions vont-elles se poursuivre ? Oui si l'on considère les niveaux très bas des taux d'intérêt qui, s'ils le restent, devraient de fait maintenir la pression sur les prix et limiter les baisses, voire soutenir des hausses dans les zones les plus tendues de la région. En revanche, si la conjoncture économique globale venait à s'empirer, la tendance à la baisse des prix pourrait repartir. Or, les chiffres du chômage publiés ce jeudi n'annoncent rien de bon : en Île-de-France, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à pôle emploi en catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité dans le mois, a augmenté de 25.600 au mois d'octobre 2015, par rapport à octobre 2014, soit +3.9 %.

Par ailleurs, les annonces de l'exécutif pour soutenir la primo-accession dans l'ancien, en élargissant le prêt à taux zéro (PTZ), ne devraient pas avoir les effets escomptés. Comme l'expliquent les notaires, "la quotité élevée (25 % de la valeur du logement,ndlr) des travaux à engager pour le nouveau PTZ pourrait limiter l'impact en Île-de-France de cette mesure". On comprend donc la prudence des notaires qui jugent que "dans ce contexte fragile et incertain, la sagesse des prix et la confiance joueront un rôle important".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/01/2016 à 18:09 :
Pour comparer les prix sur Paris
www.prixmmo.fr
a écrit le 20/12/2015 à 19:42 :
J'ai acheté en 2004 et, à l'époque, mes amis me conseillaient déjà d'attendre que 'ça baisse'...
a écrit le 04/12/2015 à 2:41 :
Vous doutez encore de l'éclatement de la bulle immobilière?

Chacun des éléments ci dessous suffit à faire baisser les prix, alors en cumulé, on peut s'attendre à une vente panique dans les mois à venir:

Chômage. Emplois précaires. PapyBoom. Baisse des loyers. Hausse des taxes proprio. Baisse de la rentabilité locative. Fuite des investisseurs de l'immobilier qui n'est plus un investissement viable pour de longues années à venir. Engorgement supplémentaire de l'offre. Indice de tension immobilière (dit "iti") en chute libre (0,4 en France). 2,5 vendeurs par acheteur. Encadrement des loyers. Hausse annoncée des taux d'emprunt (manque à gagner pour les vendeurs qui n'auront pas vendu avant). Taux réel non intéressant pour les acheteurs (taux d'emprunt moins inflation). Fuite des retraités "aisés" à l'étranger (Portugal, Thaïlande), Fuite des jeunes actifs à l'étranger (USA, Canada, Australie). Engorgement supplémentaire de l'offre par rapport à la demande. Century21 annonce 15% de baisse "mécanique" par 1% de hausse des taux d'emprunt, tout effet de conjoncture mis à part. Courbe de dépendance de la population française en hausse. L'Etat vend en pagaille ses biens. Le comité de Bâle 3 va limiter les crédits (les solvables pourront emprunter moins qu’avant)...
Ceux qui n'auront pas vendu très bientôt verront la situation se dégrader pendant la durée du papy-boom (30ans).
Il ne fera pas bon être propriétaire...
Réponse de le 04/12/2015 à 8:38 :
Qu'il fait bon d'être propriétaire d'un bien économe en énergie et dont le crédit s'est terminé au mois de septembre! Qu'il est bon de ne plus voir les prélèvements de 1100 euros à chaque début de mois! Qu'il est bon de ne plus avoir à se battre avec sa banque, un proprio, et de pouvoir se dégager l'équivalent d'un smic en pouvoir d'achat chaque mois! Qu'il est bon de se sentir CHEZ SOI sans rien devoir à personne! Qu'il est bon d'être proprio!
Réponse de le 05/12/2015 à 1:29 :
"AuContraire" a eu la chance d'acheter au bon moment, il y a plus de 10 ans. Bravo à lui!

Par contre, je suis d'accord qu'il est suicidaire d'acheter aujourd'hui en 2015 ou les prix sont totalement ahurissants par rapport aux salaires (et le chômage qui explose à la vue de tous - malgré les tentatives de camouflage du gouvernement).
a écrit le 27/11/2015 à 10:11 :
La mer monte ... J'achète !

Que Duflot aille faire des pâtés de sable sur la plage des Sables d'Olonne. Elle comprendra (peut-être ...) qu'on n'empêche pas la marée de monter. Il y a une demande solvable qui s'est accumulée pour l'immobilier à Paris ; même Lénine n'aurait pas réussi à la bloquer ; Staline, peut-être ...
a écrit le 27/11/2015 à 6:29 :
Hein?? Ça fait 12 ans que je balance 1700 euros par mois car "demain c'est le crach à Paris" et on me dit aujourd'hui que les prix flambent"?? Les notaires n'ont donc pas écouté tous les "spécialistes" qui postent régulièrement sur ce forum depuis 10 ans: la courbe de Friggit, l'indice iti et tout et tout??? Je comprends pourquoi mon proprio me conseille d'attendre avant d'acheter "que ça baisse"... En fait les gars qui postent ce genre de bêtises sont tous des proprios bailleurs qui se marrent bien en encaissant leurs loyers exorbitants. Je vais attendre quand même encore une petite dizaines d'années car demain ça s'effondre... Ou pas!
Réponse de le 27/11/2015 à 13:21 :
@Dondiegodelavega
"Ça fait 12 ans que je balance 1700 euros par mois car "demain c'est le crach à Paris" et on me dit aujourd'hui que les prix flambent"?? Les notaires n'ont donc pas écouté tous les "spécialistes" qui postent régulièrement sur ce forum depuis 10 ans: la courbe de Friggit, l'indice iti et tout et tout??? "

Curieux alors, que "depuis 12 ans", et bien sûr alors que la hausse des prix de l'immo n'était nullement menacée, notre courageux Etat ait voté le dispositif de défiscalisation Borloo (2005), puis le dispositif de défiscalisation Scellier (2008), puis la déductibilité des intérêts d'emprunt dans le calcul de l'IR (paquet fiscal 2007, avec pour principale conséquence une hausse des prix grâce à l'argument commercial "vous en récupérez une partie en déductions d'impôts"), le "bouclier fiscal" (2007), l'extension du Prêt à Taux Zéro à l'ancien, d'autres joyeusetés entre 2007 et 2012 (dont certaines par les banques, comme la hausse des durées d'emprunt pour généraliser les crédits à 25-30 ans là où un crédit 18 ans était déjà considéré comme "long", le prêt hypothécaire, et d'autres conjoncturels comme la chute des taux), puis la loi Duflot (2013), la loi Pinel (2015), d'autres extensions récentes du PTZ, le tout avec 42 milliards d'euros annuellement versés en subventions.

Donc oui, d'ailleurs on pourra encore empêcher la chute pour faire mentir Friggit, notamment en étendant les durées d'emprunt à 35-40 ans, en augmentant encore le PTZ et les défiscalisations, en saignant encore plus les jeunes générations (quasi-totalement exclues du marché et endettées massivement pour payer les plus-values des retraités), et en creusant encore plus les déficits et en augmentant la Dette de l'Etat, mais est-ce souhaitable?
Réponse de le 28/11/2015 à 9:36 :
@alatar: voilà ce que j appelle desinformation ! Oui 42 milliards de subventions dont 22 milliards (dont plus de la moitié APL aux résidents hlm )..ok. Mais n omettez pas de dire 60 milliards de recettes sur l immobilier ( 33 taxes diverses) . Vous n avez toujours pas compris que l état pragmatique ( droite ou gauche) préfère faire par exemple un pinel qui rapporte plus d argent qu il ne coûte . N omettez pas aussi de dire qu un logement est de un à 2 emplois / an et donc rapporte aussi à l état en créant des emplois .
Réponse de le 30/11/2015 à 9:16 :
"voilà ce que j appelle desinformation ! Oui 42 milliards de subventions dont 22 milliards (dont plus de la moitié APL aux résidents hlm )..ok. Mais n omettez pas de dire 60 milliards de recettes sur l immobilier ( 33 taxes diverses)"
Un jour, vous comprendrez que l'intégralité des recettes n'est pas dûe aux subventions. Et ça n'arrange pas forcément l'Etat de verser 42 milliards en subventions pour toucher 60 en impôts. La seule explication possible, c'est que ceux qui se goinfrent avec les subventions (promoteurs, agents immo, rentiers, multipropriétaires) ne soient pas les mêmes que ceux qui payent les impôts.

" N omettez pas aussi de dire qu un logement est de un à 2 emplois / an et donc rapporte aussi à l état en créant des emplois"
Vous n'avez pas dû aller souvent sur un chantier dernièrement. Le seul Français dans l'affaire, c'est le patron de BTP qui se goinfre. Les "emplois créés" que vous citez sont des travailleurs détachés Portugais, Roumains, Slovènes, Tchèques et autres, payés au lance-pierre (il faut bien maximiser les bénéfices), une sorte de quasi-esclavage. On les importe, on les paye le moins possible et on les renvoie, c'est de la main d'oeuvre kleenex. Je n'ai pas vu de chantiers dernièrement où on parlait français. En revanche, les Français (qu'ils soient natifs ou immigrés) vous le diront, curieusement, pas d' "emplois créés" pour eux.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :