EXCLUSIF : les Français pour la fin des niches fiscales

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Selon un sondage BVA-Avanquest pour « La Tribune » et BFM, 53 % des Français approuvent la politique d'économies sur les niches fiscales. 61 % demandent la suppression de la TVA réduite dans la restauration.

Bonne nouvelle pour le gouvernement : les Français approuvent largement la perspective annoncée par François Fillon d'une économie de 5 milliards d'euros sur les niches fiscales, dénoncées dès 2008 dans un rapport de Bercy. Selon un sondage BVA-Avanquest pour « La Tribune » et BFM, 53 % d'entre eux sont favorables à la décision de supprimer ou réduire certaines niches - ces procédés au nombre de plus de 400 représentant quelque 75 milliards d'euros de déductions fiscales - dans le but de faire rentrer 5 milliards d'euros dans les caisses publiques, contre seulement 41 % qui s'y opposent. Moins bonne nouvelle pour l'exécutif : la niche que les sondés voudraient voir avant tout disparaître n'est autre que la TVA à 5,5 % dans la restauration, que le gouvernement a exclu de remettre en cause.

Paradoxalement, ce sont les Français relevant des catégories dites CSP+ (cadres et professions intermédiaires) qui applaudissent le plus fortement à cette politique (à hauteur de 65 %), alors même qu'ils sont les premiers bénéficiaires des niches, concernant l'impôt sur le revenu, notamment. Il en découle, logiquement, que les sympathisants de droite sont donc, aussi, favorables aux annonces du Premier ministre (pour 64 %), contre seulement 49 % pour les électeurs penchant vers la gauche.

L'institut BVA a interrogé les sondés sur les niches qu'ils souhaiteraient voir disparaître ou non. Sur les huit niches testées auprès d'eux, sept devraient disparaître, à les entendre. Il en resssort donc que la plus impopulaire d'entre elles n'est autre que la TVA réduite dans la restauration, que les employés et ouvriers sont les plus nombreux à contester. Ceux-ci ont sans doute très mal perçu la faible répercussion dans les prix de la baisse de TVA accordée à ce secteur.

Consensus

Plus surprenant, 57 % des Français se disent favorables à la suppression de la TVA à 5,5 % pour les travaux à domicile, avantage que tous les gouvernements jugeaient largement plébiscité. De même, le crédit d'impôt sur les intérêts immobiliers, réintroduit en 2007 par le gouvernement actuel, est contesté par une majorité de sondés. Comme le souligne Gaël Sliman, directuer de BVA-Opinion, « le consensus règne le plus souvent » sur cette politique de révision de niches, « les sympathisants de gauche étant presque aussi nombreux que ceux de droite à soutenir les diverses suppressions » suggérées. Toutefois, « il existe quelques clivages liés à la CSP, incitant les classes moyennes et supérieures [qui en profitent le plus] à vouloir sauver les réductions d'impôts pour les travaux à domicile ou l'emploi de personnel à domicile », poursuit Gaël Sliman. 47 % des sondés relevant des CSP + sont tout de même favorables à la suppression de ce dernier avantage...

Le seul avantage qu'une majorité de sondés voudraient voir conservé, parmi les huit évoqués, serait l'abattement de 10 % sur le revenu imposable, au titre des frais, dont bénéficient aussi les retraités. En tout cas, la stratégie fiscale annoncée par François Fillon, à savoir raboter la plupart des niches de 10 % et en supprimer certaines, semble clairement validée par une majorité de la population.

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