Retraites : le Fonds de réserve pourrait être utilisé

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Le Fonds de réserve des retraites, doté de près de 30 milliards d'euros, pourrait être mis à contribution de manière anticipée.

Le ministre du Travail, Eric Woerth, n'a pas exclu ce mercredi, devant l'Assemblée nationale, d'utiliser à court terme le Fonds de réserve des retraites (FRR), créé en 1999 et qui devait en théorie n'être utilisé qu'après 2020.

"On a décidé qu'il fallait constituer des réserves pour essayer de limiter les déficits dans vingt ans, sauf que les déficits ont vingt ans d'avance", a-t-il dit pour répondre à une question du député socialiste Alain Vidalies, dont le parti est opposé à une utilisation anticipée du FRR.

Le FRR accumule et place des réserves financières. Il est alimenté par un prélèvement social sur les revenus du patrimoine et de placement, et ses actifs actuels ont une valeur de plus de 30 milliards d'euros. Pour Alain Vidalies, le gouvernement et la majorité "sont comme des enfants devant un pot de confiture".

Eric Woerth a par ailleurs confirmé ce mercredi que la réforme des retraites serait sur la table "entre le 15 et le 16" juin. Plusieurs éléments de la réforme ont été distillés progressivement : le relèvement du taux de cotisation des fonctionnaires, actuellement fixé à 7,85%, contre 10,55% dans le privé ; une taxe temporaire pour les Français dont les revenus d'activité et du patrimoine dépassent les 11.000 euros bruts, afin d'obéir au principe de justice sociale promis par le président de la république.

Les syndicats en ordre de bataille

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui venait ce mercredi remettre au ministre une pétition de sa confédération sur la réforme, a déclaré à l'AFP : "mon court entretien sur la réforme des retraites confirme que tout le monde va y perdre". Age de départ, durée de cotisation, prise en compte de la pénibilité sont autant de motifs de désaccord.

De son côté, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a assuré devant le congrès de son syndicat qu'il refuserait de négocier : "je vous le dis clairement, nous ne sommes pas dans cette posture de négociation de contreparties à une réforme que nous combattons", a promis le secrétaire général. "Ce que nous voulons décider aujourd'hui est un projet alternatif et non pas un complément ou une adaptation du projet gouvernemental.". La CFDT avait dû faire face à une grave crise interne après avoir approuvé la précédente réforme des retraites, en 2003.

Une journée d'action intersyndicale est prévue le 24 juin.

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