La chef économiste de Bank of America devient une proche conseillère de Hollande

 |   |  900  mots
Laurence Boone devrait arriver à l'Elysée en juillet. Elle plaide pour moins de transferts sociaux et plus de formation. | REUTERS
Laurence Boone devrait arriver à l'Elysée en juillet. Elle plaide pour moins de transferts sociaux et plus de formation. | REUTERS (Crédits : DR)
Emmanuel Macron, le secrétaire général adjoint de l'Elysée quittera ses fonctions en juillet. Il sera remplacé par Laurence Boone, économiste en chef chez Bank of America, nommée au poste de conseillère économique et financière et fervente partisane des réformes structurelles.

François Hollande supporte assez bien la pression. Quelle réponse a-t-il accordé à l'appel des députés socialistes frondeurs qui réclamait une politique économique plus équilibrée ?

Il décide de remplacer Emmanuel Macron, jusqu'ici secrétaire général adjoint de l'Elysée en charge des questions macroéconomiques par l'économiste Laurence Boone, passée par l'OCDE et Barclays, avant de rejoindre Bank of America Merrill Lynch à Londres.

A moins d'une surprise, d'un changement de la matrice intellectuelle qui guide la réflexion de Laurence Boone, il faut interpréter ce changement de personnes de la façon suivante : l'Elysée a décidé d'accélérer le pas dans le domaine des "réformes structurelles".

Réformer, réformer, réformer

Accélérer ? C'est Emmanuel Macron et ses conseillers qui étaient à la manœuvre lors de l'élaboration de l'accord national interprofessionnel (ANI) qui a flexibilisé le marché du travail, du pacte de compétitivité lancé dans la foulée du rapport Gallois et du pacte de responsabilité annoncé le 31 décembre dernier par François Hollande.

Or, Laurence Boone est également partisane d'une accélération du calendrier dans le domaine des réformes structurelles, ne se privant de mettre en cause la politique menée depuis par le gouvernement. Le 15 janvier, quelques jours après la présentation de ce nouveau pacte, après avoir souligné la relative cohérence des mesures contenues dans le pacte de responsabilité, l'économiste regrettait leurs imprécisions globales. Dans un billet paru ce mardi dans l'Opinion, le quotidien ouvertement libéral dont elles est l'une des chroniqueuses régulières, Laurence Boone n'y va pas avec le dos de la cuillère :

"Les choix de politique économique sont quasiment inexistants. La déclaration de politique générale de Manuel Valls l'annonçait : c'est un programme qui ne vise ni à soutenir la demande à court terme, ni à élever le potentiel de croissance de long terme. (...) Quant aux choix pour le long terme : ils sont absents du discours de politique économique, comme le reflète le plan d'économies du gouvernement. Les réductions de dépenses sont un nième coup de rabot synonyme de non choix : coup de rabot sur les dépenses, gel des points d'indice des fonctionnaires et gel des prestations. Jusqu'à quand ? (...) Sans changement de politique économique, sans présentation d'une stratégie économique crédible, parce que détaillée, argumentée, avec des objectifs chiffrés réalistes, la France dans trois ans, c'est 3 millions de chômeurs, 3-4% de déficit, une dette à 100% du PIB, des jeunes très diplômés qui continuent de s'installer à l'étranger..."

En juillet 2013, commentant la politique économique mise en place par le Premier ministre japonais Shinzo Abe, mixant relance monétaire et relance budgétaire, Laurence Boone a également rappelé l'importance de ces réformes. " On peut faire redémarrer une économie avec des politique monétaires et budgétaires mais le redémarrage ne fait pas long feu si on ne fait pas de réformes structurelles ", citant notamment l'assouplissement du marché du travail et l'allongement du temps de travail…

Moins de transferts sociaux et plus de formation

Toujours dans l'Opinion, Laurence Boone s'est notamment prononcée en faveur d'un changement de paradigme pour lutter contre le chômage des jeunes et des moins qualifiés, plaidant pour moins de transferts sociaux et plus de formation.

Sur le rôle et le poids de l'Etat, l'économiste a également un point de vue très tranché. " La France reste ancrée sur ses solutions conservatrices avec un État économiquement imposant : l'État se substitue de plus en plus aux investisseurs privés. La stratégie de croissance est la même qu'au sortir de la seconde guerre mondiale : l'État doit investir massivement dans des secteurs industriels pour faire des champions nationaux. Mais si l'État n'a plus les moyens de ce types de stratégies qui reposent sur un endettement public important, non seulement la croissance mais aussi la redistribution seront en péril ", a-t-elle écrit dans une contribution pour le Cercle des économistes.

Favorable à la taxe à 75%

Peut-on néanmoins la qualifier d'ultra-libérale ? Ce serait trop simple. Commentant la mise en place de la taxe à 75% sur les plus hauts revenus contenue dans le projet de loi de finances 2014, Laurence Boone n'a pas eu de mots assez durs pour les candidats à l'exil. " Taxer à 75% les revenus supérieurs à 1 million d'euros est un acte symbolique de solidarité et ne cherche en rien l'efficacité économique. Je regrette qu'un lobby qui défie ouvertement les hommes politiques en quittant la France fasse reculer les élus, au point de créer une nouvelle niche fiscale pour échapper à cette solidarité ", avait-elle déclaré dans une autre contribution pour le Cercle des économistes.

Une solidarité à laquelle l'Europe doit payer son écot selon elle, à condition, - toujours - que soient des réformes structurelles soient lancées. " La réconciliation des États européens avec une Europe de la croissance passe par une solution commune d'ajustement budgétaire social. Cette stratégie d'ajustement passe par le choix de préserver les politiques sociales qui sont porteuses de croissance. Elle est une troisième voie moderne au delà de la vision libérale d'un ajustement purement punitif et de la vision conservatrice européenne d'un État investisseur industriel ", explique-t-elle.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/06/2014 à 17:22 :
Une Sherpa au ordre et imposée par Brussels,voilà le camouflet qui nous est infligé.
espérons qu'Elle soit obéi,écoutée,et que la discipline régne
a écrit le 11/06/2014 à 13:48 :
mata hari ?
a écrit le 11/06/2014 à 12:27 :
Et bien il lui en faudra, du courage! Parce qu'avec les syndicats et organismes soi-disant sociaux, des hommes politiques en place aussi sclérosés, il n'y a plus de place pour la négociation. Seule possibilité, faire approuver les choix par le peuple, via des référendums, dont les questions devront être claires, nettes et précises, pour lever toute ambiguïté, et obtenir des réponses claires, nettes et précises, permettant de renvoyer dans leur but tous ces corporatismes, car le choix du peuple sera prédominant et incontestable.

Alors Laurence Boone, je vous souhaite Good Luck!
a écrit le 11/06/2014 à 11:37 :
Que l'on donne la direction économique du pays à cette femme , on ne risque pas grand chose vu ce qui se passe depuis 3 ans de dérapage et de chômage chronique .
a écrit le 11/06/2014 à 11:21 :
article interressant , donc ce qui a echoué est clair c'est la politique des dix dernières années ? , bon reformer le marché du travail en france cela s'appelle mission impossible tellement les conservatismes et corporatismes sont puissants autant rêver on est pas aux US ni en allemagne .. enfin comparer avec le japon là j'ai bien rit , la BOJ est quand meme aux ordres de l'état , en france on a plus de politique monétaire depuis l'euro .. donc tout cela semble indiquer une certaine panique de reformes impossibles et tenir jusqu'en 2017 pour passer le bébé a quelqu'un d'autre ..
a écrit le 11/06/2014 à 11:18 :
Ce ne sont pas des conseillers mais des tuteurs imposés, c'est la mise sous tutelle du "président"!
a écrit le 11/06/2014 à 10:46 :
MELANCHON va etre content
a écrit le 11/06/2014 à 10:30 :
Mon ennemi, c'est la finance, disait-il!!!!!
a écrit le 11/06/2014 à 9:49 :
Bank of America, c'est la banque qui vient de recevoir 12 milliards de dollars d'amende pour les subprimes, non ?
a écrit le 11/06/2014 à 9:39 :
il a raison notre françois.
Avec 13% d'électeurs il est certain de ne pas être au deuxième tour des présidentielles.
Il faut mettre la barre à droite toute et tenter l'impossible quitte à faire casser la baraque pour un retournement des électeurs.
a écrit le 11/06/2014 à 9:09 :
L Boon et Jouyer ont travaille ensemble chez Barclays en France il y a quelques annees
a écrit le 11/06/2014 à 9:01 :
Cela ne choque personne qu'en France, on nomme un conseiller de la bank of AMERICA pour gérer la vie du peuple français ? Qu-est-ce que cela signifie ?

A l'époque on appelait ça "colonisation".
Réponse de le 11/06/2014 à 9:07 :
pff!!!
Réponse de le 11/06/2014 à 10:34 :
Moi ce qui me choque, c'est plus "BANK", que "AMERICA".
Pas mal pour un président qui a pour ennemi le monde de la finance.
a écrit le 11/06/2014 à 8:35 :
Quelqun peut il m'expliquer ce qui motive des économistes de haut vol ou des capitaines d'industrie à transitionner vers des postes clefs de l'Etat pour gagner 10 fois moins? L'inverse, c'est plus courant et ça s'explique. Merci d'avance chers lecteurs de La Tribune.
Réponse de le 11/06/2014 à 10:05 :
Le Pouvoir n'a pas de prix!!!! des economistes, il y en a plethore mais elle est la Seule au monde a etre le Conseiller Economique a la presidence de la republique francaise!!! Berlusconi etait deja l'homme le plus riche d'Italie et pourtant il a voulu devenir President du Conseil....l'argent beaucoup en possede mais le pouvoir.....tres peu le detienne!!!
a écrit le 11/06/2014 à 8:34 :
La gauche de la gauche ne réussit pas à accepter qu'avant de redistribuer des richesses, il faut les produire. La droite n'a que deux obsessions : faire oublier qu'elle n'a pas été meilleure que la gauche actuellement au pouvoir et reprendre ce pouvoir.
Il est loin le temps où les grands partis étaient capable d'une union nationale. Aujourd'hui, même la politique internationale n'est plus sacralisée et des hommes politiques d'opposition n'hésite pas à aller critiquer leur propre pays à l'étranger.
C'est vrai qu'il semble nécessaire, pour pouvoir réformer la France, de n'écouter rien ni personne. C'est dommage car le débat, quand il est constructif, est toujours utile.
a écrit le 11/06/2014 à 7:31 :
"Mon ennemi n'a pas de visage..."
Réponse de le 11/06/2014 à 9:05 :
Droite, Gauche, nous sommes maintenant clairement fixé et savons pour qui travaillent vraiment nos élites.
Réponse de le 11/06/2014 à 11:07 :
Parce que vous ne le saviez pas déjà?
M'enfin réveillez vous mon vieux....
a écrit le 11/06/2014 à 7:05 :
Nos presidents se prennent et ont le meme role que la Queen....Com mais questions lignes politiques.... aucune..nul On ferait mieux de definir une ligne politique par les urnes et la confier à un gestionnaire....et virer tous ces poli tiques (sucent le sang) non seulement incapables mais à 90% corrompus
a écrit le 11/06/2014 à 6:16 :
Mon ennemi, c est la finance, ah bon!!!!
a écrit le 11/06/2014 à 5:13 :
En quelques semaines, ça en fait du monde qui bouge... Une belle monté en puissance des atlantistes dans les appareils, y compris dans l'opposition avec Juppé et Chatel par exemple. Sur le plan des entreprises aussi il s'en passe des choses. Entre les rachats, les menaces judiciaires, les partenariats qui flanchent... Il n'y a que dans les médias que la reprise en main avait été faite plus tôt. En prévision?
a écrit le 10/06/2014 à 23:29 :
alors, là, on est sauvé...pauvre président, aucune envergure, aucune promesse tenue, aucune directive, fermeté, vision, aucun tempérament...pas d'énergie, bref...rien de rien..
a écrit le 10/06/2014 à 23:27 :
La Tribune censure systématiquement les posts qui mettent en évidence les incompétences notoires de Valls.
C'est risible mais avant tout un aveu de fébrilité d'un Valls égocentrique à souhait, d'un Valls en situation de grand échec, pire que Roccard l'incompréhensible embrouillé dans ses idées chancelantes.
Réponse de le 11/06/2014 à 6:17 :
A priori non puisque le votre y est .....
Réponse de le 11/06/2014 à 8:23 :
C'est très exact, La Tribune est encadrée par les équipes de communicants de Valls qui contrôlent et censure beaucoup,
nous sommes nombreux à vérifier régulièrement des posts supprimés, ou qui ne sont jamais publiés.
Mais
dans la France profonde, hors du microcosme financier propre à Valls, les français sont lucides et subissent chaque jour un peu plus les dégâts de son incompétence et de sa détestation réelle des français ; normal Valls est né espagnol de famille vivant en Suisse.
Réponse de le 11/06/2014 à 9:12 :
Je tente la chance. Manolo est un mangeur de paella.
Réponse de le 11/06/2014 à 9:33 :
Moi pas de chance j ai dit que la tribune était de gooche ils m ont accroché dans leur radar et pfuiiit pas grave. ils ont honte maintenant,comme s 'ils avaient une maladie honteuse
Réponse de le 11/06/2014 à 10:24 :
pas de censure, c'est robotisé, ça passe pour tant de commentaires, certains passent à la trappe, d'autres passeront plus tard.....sinon comment expliquer certains titres ou commentaires "just just" ?.....
a écrit le 10/06/2014 à 23:00 :
Des rapports, des conseillers (e), des promesses aux uns, des engagements aux autres, des débats, des concertations, blabla blabla, quand donc Moi Président aurai-je une politique, une conviction, une volonté de prendre et d'appliquer Mes décisions, bref de faire le job pour lequel j'ai été élu?

a écrit le 10/06/2014 à 22:45 :
Barak Obama, non content de taper sur l'épaule de notre Prasident il lui refile une secrétaire, encore une qui va pleurer et faire de la casse à l'Elysée. A quoi sert pôle emploi ?
Réponse de le 11/06/2014 à 12:22 :
elle va peut-être remplacer Julie ?
a écrit le 10/06/2014 à 22:14 :
C'est dingue d'aller chercher une étrangère si loin avec le nombre de personnes valables qu'on a en France mais qu'ils ne mettent pas au pouvoir de peur qu'ils prennent leur places !
Réponse de le 11/06/2014 à 10:25 :
oui! car tout" est étudié, il ne faut surtout pas "d'ombres" qui pourraient ensuite se fixer...
a écrit le 10/06/2014 à 21:35 :
Mon ami et mon meilleur ennemi.
a écrit le 10/06/2014 à 21:35 :
C'est beau le socialisme 2.0... ou 0.2 plutôt
a écrit le 10/06/2014 à 21:32 :
Il peut mettre qui il veut,il n 'aura jamais la main c 'est un looseur !
a écrit le 10/06/2014 à 21:06 :
Mon ennemi, c'est la finance... Mon ennemi, je suis tout contre !
a écrit le 10/06/2014 à 20:53 :
Après le changement, le remaniement, le retournement voilà Hollande qui cherche des idées dans la finance internationale...j'en connais certains qui vont tousser!!!
a écrit le 10/06/2014 à 20:27 :
On a bien nommé un Banquier à la tête de la Grèce... A voir le résultat on sait à quoi se préparer...
a écrit le 10/06/2014 à 19:27 :
"citant notamment l'assouplissement du marché du travail et l'allongement du temps de travail…". Stop, je ne lirai rien de plus. Une économiste banquière chez Bank of America à l'Elysée! Les américains n'ont même plus besoin de la NSA. Ah! j'oubliais : US GO HOME.
a écrit le 10/06/2014 à 19:15 :
Un(e) banquier(e) en conseiller(e) en économie ?
Pauvre France, l'économie se résume à comment restructurer ta dette ???
Allez la messe est dite, je sens venir le temps de la veuve !
a écrit le 10/06/2014 à 18:49 :
...je combattrai la finance !!! A ceux qui ont voté Hollande.....comptez-vous les cocus !!! tout cela n'était que rhétorique et mensonges d'état. He oui la finance est incontournable !!!
a écrit le 10/06/2014 à 18:47 :
oh ben dis donc ça ne va pas s arranger avec la gauche du parti. une personne de la banque américaine . lui qui nous crie mon ennemi c'est la finance sous entendu les banques .
ça va pas s arranger avec sa majorité
a écrit le 10/06/2014 à 18:41 :
Pauvre Laurence. Vous ne saviez pas dans quelle galère vous etes embarquée!!! Sauvez vous quand c'est encore possible ;-) Sauve qui peut Ha ha
Réponse de le 10/06/2014 à 20:46 :
Au bout de six mois elle va ressembler à segolene
Réponse de le 10/06/2014 à 23:31 :
ne vous en faites pas, elle s'en tirera toujours...comme les autres , d'ailleurs!
a écrit le 10/06/2014 à 18:32 :
Il ne manque plus que Charles Gave à l'Elysée et la boucle est bouclée comme on dit dans les milieux autorisés.
Réponse de le 10/06/2014 à 19:51 :
Qu'est ce que Gave a à voir avec l'oligarchie des oints du seigneur et les banksters ?
a écrit le 10/06/2014 à 18:15 :
On l'a prévenue que personne ne va l'écouter et que nos élites n'écoutent que l'opinion de cercles de réflexion économiques baba-cools ?
a écrit le 10/06/2014 à 18:11 :
Les conseilleurs ne sont pas les payeurs !!!
a écrit le 10/06/2014 à 18:03 :
Mon ennemi c'est la finance... bien sûr...
a écrit le 10/06/2014 à 17:54 :
C'est la lutte finale...
a écrit le 10/06/2014 à 17:42 :
wouahhh ! j'ai rien compris à ce qu'est censée dire la donzelle de Bank of América. Des journalistes ont-ils compris ?
a écrit le 10/06/2014 à 17:24 :
On est sûr d'une chose, une nouvelle équipe de nuls va être mise en place à l'image de leur chef.
Réponse de le 10/06/2014 à 17:53 :
quel brassage - on change comme on le désire c'est du jamais vu.
Réponse de le 10/06/2014 à 18:19 :
de femmes comme Kadafi l'avait fait.
Réponse de le 10/06/2014 à 18:22 :
tristesse ! partons vite dans les iles , quittons la France vite..........

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :