Les métiers du numérique explosent, les candidatures ne suivent pas

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A gauche la progression des offres d'emploi, à droite l'attractivité des métiers du numérique
A gauche la progression des offres d'emploi, à droite l'attractivité des métiers du numérique (Crédits : Cap Digital)
Les métiers du numérique ne sont pas assez attractifs. Cela apparait dans le premier baromètre des métiers du numérique de Cap Digital : les offres d’emploi explosent, mais les candidatures ne suivent pas forcément

« On a de la peine à vendre nos métiers, de la difficulté à attirer les jeunes. En fait comme nous n'avons pas vrais référentiels de métiers personne ne comprend vraiment ce que l'on propose». Stéphane Distinguin, patron de Fabernovel et président de Cap Digital, révèle une situation totalement paradoxale : la demande de développeurs informatique a progressé de 19% en 2014, ce sont des métiers bien payés dans un secteur en croissance ou dans la plupart des cas on est contacté 4 mois avant même la sortie de sa formation. Et dans pratiquement tous les cas c'est un CDI. Et pourtant on manque de candidats. On en manque également d'administrateurs alors que les offres ont progressé de 28% en un an. Seuls dans les métiers d'analyse de l'information, ceux des megadonnées (30% de demandes en plus) arrivent à trouver suffisamment de candidats.

 Ne pas laisser s'échapper les talents

C'est l'un des constats du premier « Baromètre des métiers du numérique » élaboré par le pôle de compétitivité Cap Digital avec la société de recrutement Multiposting. Ce baromètre trimestriel doit saisir le plus rapidement possible les tendances de l'emploi  numérique pour, explique Stéphane Distinguin, «permettre à nos entreprises membres de recruter mieux et d'être en avance. L'essentiel dans le numérique c'est la recherche de talents : plus les entreprises sont dématérialisées plus elles ont besoin de talents. Et dans certains métiers il faut aller très très vite : un développeur qui aujourd'hui ne trouve pas un travail immédiatement en Ile de France s'envole vers la Silicon Valley.  Là bas les stages de pré-embauche sont au maximum de trois mois et ils sont rémunérés 10 000 $ ! Si les entreprises françaises ne vont pas très vite elles perdent les talents et nous ne pouvons plus nous le permettre ».

 Le numérique ne sait pas se vendre

Le numérique est dans une situation totalement atypique dans un marché de l'emploi français sinistré. Simon Bouchez, le patron de Multiposting qui a diffusé plus d'un million d'offres d'emploi dans le numérique sur la seule année 2014, montre vace le baromètre que toutes les grandes familles de métiers du numérique sont en très forte croissance : la plus faible étant celle des chez de projets avec quand même 15% d'un an sur l'autre. « Mais, ajoute-il, il y a un réel décalage, un fort décalage entre l'offre et la demande ». Stéphane Natkin, titulaire de la chaire des systèmes multimedias au CNAM et qui connait parfaitement tous les problèmes de formation connait parfaitement le problème : « pour amener des jeunes à ce métier, il faut s'y prendre  autrement, il faut sortir de la logique disciplinaire et expliquer aux ados qu'en choisissant cette voie ils vont participer à la création de la ville intelligente, de la santé connectée, de la silver économie ... le numérique offre aujourd'hui les métiers où l'on peut participer le ^plus fortement à la transformation de la société, c'est cela qu'il faut vendre aux jeunes, pas les spécialisations dans des langages informatiques. Il faut repenser le problème : on à des jeunes qui cherchent et des métiers en très grande tension et on n'arrive pas à concilier les deux faces du problème ». Etrangement le numérique ne sait pas se vendre.

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Commentaires
a écrit le 25/02/2015 à 11:06 :
tr
a écrit le 07/02/2015 à 12:32 :
bien payé, bien payé... la bonne blague :) , une bonne majorité de talents sont très mal payés et peinent à économiser en travaillant dans les boites proposant "de belles rémunérations". Evidemment qu'ils n'ont pas envie de sacrifier leur énergie pour manger des pâtes à la fin du mois ;) tout en faisant 10 fois mieux le boulot leurs collègues surpayés
a écrit le 05/02/2015 à 18:32 :
Pourquoi ne pas attirer les talents en créant des pages d'offres d'emplois ET surtout en offrant des rémunérations pour de petits travaillent? Offrir des paiements à ceux qui vous fabrique des lignes de programmes par exemple? Ça vous permettrait de les détecté et de leur offrir une offre d'emploi. Bien évidement il faudra aussi empêcher la concurrence. Si vous me proposez de fabriquer un programme je ne suis pas contre, mais je ne peux le faire qu'après le bouleau et je suis pas encore très doué dans la programmation.
Réponse de le 08/02/2015 à 19:39 :
Vous n'êtes pas un "Professionnel" de l'orthographe, en tout cas ........
a écrit le 05/02/2015 à 8:40 :
Peut-être est ce plus simplement que le monde du travail avec ces règles de fonctionnement hiérarchique pyramidal et son management souvent toujours bien féodal qui n'attire pas plus que ça les acteurs compétents dans le domaines du numérique. Compétences qui justement font appels à beaucoup plus de partage matriciel, à l'intelligence collective, etc...
La compétition, la productivité, le stress, le mépris des autres métiers qui ne comprennent rien à ce que l'on peut faire, sans compter de mauvais managers parfois.
Et combien de poste en télétravail ?
bref...
La révolution numérique ce n'est pas juste mettre un pion spécialisé sur un poste, c'est un changement de philosophie globale dans l'entreprise et tout ses métiers.
a écrit le 05/02/2015 à 0:50 :
C'est le même débat que pour les postes d'Ingénieurs vs le reste.
On rémunère plus le management et la finance, on méprise la technique, et après on pleure parce qu'on arrive pas à recruter. Sans parler de la nouvelle génération Z qui n'en a rien à faire du Top - Bottom (à juste titre)...
a écrit le 04/02/2015 à 15:50 :
Le numérique a des délais courts avec des pressions importantes. Les technologies changent entiérement tous les 7 ans (donc il faut avoir apprid l'equivalent de ce qui avait été appris pour le poste en 5-8 ans, et cela malgrés la formation continue inexistante). Les salaires sont bons et il y a du travail, mais ce n'est pas non plus exceptionnel.
Le bruit des open space, la lumière artificielle, les ecrans d'ordinnateurs qui bousillent les yeux (les écrans ne sont jamais mats) et les problèmes anx poignets sont beaucoup de points ignorés par les employeurs.
Mais c'est un metier qui donne du sens à ce que l'on fait, et qui est intellectuellement stimulant, en général.
Si ils ne trouvent pas de travailleurs, il faut payer plus : on est dans un monde avec un marché de l'offre et de la dmeande, les entrepreneurs devraient comprendre cela (ils le comprennent uniquement lorsque cela les arrange).
a écrit le 03/02/2015 à 22:48 :
Quelques coquilles dans cet article intéressant
a écrit le 03/02/2015 à 9:47 :
Je vous propose de relire les résultats du baromètre. Comment pouvez vous écrire "Multiposting qui a diffusé plus d'un million d'offres d'emploi dans le numérique sur la seule année 2014"?
1 million d'offres: ce sont l'ensemble des offres diffusées par cette entreprise, et non les offres sur les métiers du numériques.
Donner les vrais chiffres s'il vous plait. Et vérifiez vos informations: il n'est à aucun moment fait mention dans ce baromètre de CDD, de CDI ou autre..
a écrit le 02/02/2015 à 18:26 :
travail très difficile, pas du tout valorisé !! mépris de la hiérarchie, salaire de m...aucune motivation ni intellctuelle ni matérielle !! pourtant un métier très dur et très intellectuel et méprisé!! vaut mieux aller aux usa où ils reconnaissent la valeur de l'intelligence !! en france, vaut mieux faire commercial qui sert à rien !!pays nul de chez nul.
a écrit le 01/02/2015 à 15:34 :
Merci pour vos commentaires à tous les 2 (hum et a), je les partage totalement.
Je rajouterai qu'aujourd'hui les demandes de développeurs se concentrent dans les SSII ou les agences où la la qualité de vie au travail pour un développeur est très médiocre (en plus d'être sous payé).
Tout ça montre simplement la difficulté de la société et des entreprises françaises à évoluer.
a écrit le 31/01/2015 à 15:56 :
"pour amener des jeunes à ce métier, il faut s'y prendre autrement, il faut sortir de la logique disciplinaire et expliquer aux ados qu'en choisissant cette voie ils vont participer à la création de la ville intelligente, de la santé connectée, de la silver économie ..." : Oui, des villes où avec 2500 euros par mois ils pourront au mieux un deux pièces à 30 minutes du boulot...
Les jeunes ne sont pas stupides. Quand ils en ont les capacités, ils vont là où ils vivent correctement. Il n'y a pas de magie à ce que des profils scientifiques se tournent en masse vers la finance, le commerce ou encore le management.
Le moindre cadrounet encadrant 15 personnes sur des tâches basiques à le même salaire qu'un chef de projet IT encadrant 4 développeurs.
Dans ce pays, pour être bien payé, il faut être proche des flux de pognon car les décideurs sont incapables de voir les économies à faire.
a écrit le 31/01/2015 à 12:20 :
Arrêtons tout ce baratin , le numérique est l'un des secteurs les moins rémunérateurs pour les ingénieurs français après 10 ans d'expérience (cf enquête de la cnisf) . Cette problématique a été maintes fois abordée. En france , le "tech" est considéré comme une "ressource" souvent méprisée par sa hiérarchie (qui ne comprends pas bien ce qu'il fait ) mais le plus souvent ignorée par elle .
Aux usa , c'est un apporteur d'idées, faiseur de startup , aussi valorisé que le commercial . Ajouter à cela des investisseurs (anciens tech eux-mêmes) déversant des milliards de dollars sur des idées semblant parfois loufoques et vous avez une bonne partie de la croissance des USA de ces 30 dernières années .
C'est donc une révolution qu'il va falloir opérer dans les têtes avant de pouvoir prétendre faire quelque chose dans ce secteur.

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