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Bruno Le Maire annonce que l'Etat est prêt à nationaliser les activités souveraines d'Atos

latribune.fr

Publié le 28 avril 2024 à 17:11 - Mis à jour le 28 avril 2024 à 17:56

Photo d'illustration

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Stephane Mahe

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

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Le gouvernement a franchi une étape supplémentaire ce week-end dans le sauvetage d'Atos, en annonçant avoir manifesté au géant informatique français en difficulté son intérêt en vue d'acquérir toutes ses activités souveraines.

C'est un dénouement qui n'est pas vraiment inattendu mais qui devrait annoncer ce lundi à l'ouverture de la bourse un signal fort aux investisseurs dans la société Atos qui traverse depuis un an de graves difficultés financières. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé dimanche sur LCI avoir envoyé au géant informatique français « une lettre d'intention en vue d'acquérir toutes les activités souveraines du groupe ». L'objectif du patron de Bercy est d'éviter que des activités stratégiques pour la France « ne passent dans les mains d'acteurs étrangers », a-t-il déclaré sur LCI.

« Je suis le dossier de très près. Pourquoi ? Parce qu'il y a chez Atos un certain nombre d'activités stratégiques pour la nation française, stratégiques pour notre souveraineté, stratégiques pour notre défense, en matière de cybersécurité, en matière de supercalculateurs, en matière de nucléaire », a expliqué Bruno Le Maire, estimant que « ces activités souveraines doivent rester sous le contrôle exclusif de la France ».

Atos, en pleine tourmente financière, possède notamment des supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire et des contrats avec l'armée française. Les activités concernées par la lettre d'intention sont logées au sein de la filiale BDS d'Atos et recouvrent notamment ces supercalculateurs, des serveurs participant à l'intelligence artificielle (IA) et à l'informatique quantique ou encore des produits de cybersécurité, a-t-on appris auprès du cabinet du ministre. Ce périmètre génère un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 900 millions d'euros, sur un total de près de 11 milliards d'euros pour l'ensemble du groupe Atos, et rassemble 4.000 salariés, essentiellement basés en France, a précisé la même source. Contacté par l'AFP, Atos n'a pas souhaité réagir dimanche soir.

Dans ce dossier éminemment politique, l'Etat s'est déjà engagé à prêter 50 millions d'euros à l'entreprise pour l'aider à stabiliser sa situation financière et a acquis une "action de préférence" qui lui permet de mettre son veto à certaines opérations au niveau de Bull, filiale d'Atos qui construit ses supercalculateurs.

Pour cette lettre d'intention, action qui n'est pas engageante, c'est l'Agence des participations de l'Etat qui mène l'opération sous l'autorité de Bruno Le Maire, a souligné ce dernier. Le ministre a cependant dit souhaiter que « l'Etat ne soit pas seul » et espère rallier d'autres acteurs français pour cette opération. Sans donner leurs noms, il a expliqué qu'il pourrait s'agir d'entreprises opérant dans les domaines de la défense ou de l'aéronautique. Selon son cabinet, « des discussions » sont ainsi en cours « depuis plusieurs semaines » avec un certain nombre d'industriels "qui feraient sens en termes de développement de ces activités".

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Concrètement, alors que les marchés doutent du plan stratégique de redressement d'Atos, cette intervention de l'Etat vise à protéger les activités les plus stratégiques du géant informatique. La lettre d'intention ouvre la possibilité d'une nationalisation complète de ces activités mais n'interdit pas de construire une solution française dans laquelle l'Etat serait minoritaire au sein de BDS, avec le soutien d'autres grands groupes notamment Thalès et Dassault dans les activités militaires.

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L'action d'Atos a chuté de près de 10% jeudi dernier après que le groupe a indiqué vouloir réajuster son plan d'affaires pour la période 2024-2027, ce qui pourrait entraîner un besoin accru en liquidités. Les revenus du groupe informatique ont baissé de 11% au premier trimestre. Cette situation a poussé Atos à décaler au 3 mai la date butoir fixée à ses créanciers pour qu'ils lui fassent des propositions de refinancement.

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