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La Grèce paralysée par la grève générale et les affrontements

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Depuis quatre jours, le pays est en proie à de nombreuses émeutes. Ce mercredi, une grève générale, prévue de longue date, paralyse un peu plus le pays.

Grèce

Le pays n'avait pas connu de tels affrontements depuis le coup d'Etat militaire de 1974. La mort d'un adolescent de 15 ans, abattu samedi à Athènes par un policier, a provoqué une série d'émeutes sur tout le territoire, révélant la grave crise sociale que subit le pays.

Après quatre jours d'affrontements entre les jeunes et la police grecque, la Grèce reste complètement paralysée. Ce mercredi, une grève générale touche les transports terrestres, aériens et maritimes, les banques, les administrations et les grandes entreprises publiques du pays. Les écoles et les lycées, qui n'ont pas ouvert leurs portes en signe de deuil mardi, sont restés fermés ce matin.

La grève générale était prévue de longue date, mais le Premier ministre, Costas Caramanlis, avait appelé les syndicats à renoncer à toute grande manifestation, pour éviter de nouveaux heurts. Les deux grandes centrales syndicales du pays, qui comptent environ 800.000 membres, ont annulé un grand défilé dans le centre d'Athènes, mais elles ont appelé les travailleurs à un "rassemblement paisible", sur la place Syntagma, en face du parlement grec. De nouveaux heurts sont à nouveau intervenus après l'évènement, entre des groupes de jeunes et la police.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les affrontements entre plusieurs centaines de jeunes et les forces de polices se sont poursuivis, même s'il semble qu'ils aient été moins violents que les jours précédents. Pour beaucoup d'observateurs, cette violence révèle le profond malaise et la radicalisation de la jeunesse grecque, minée par l'insécurité économique et le chômage.

Comme dans de nombreux pays d'Europe du Sud, il n'est en effet pas rare que les jeunes restent vivre jusqu'à 30 ans passés chez leur parents, faute de situation économique stable. Pour Petros Rombolis, chercheur à l'Institut du travail de la confédération syndicale GSEE cité par l'Express, "le marché du travail n'absorbe que la moitié des quelques 80.000 diplômés qui sortent tous les ans des universités, le choix c'est le chômage, l'émigration ou la surexploitation". Le divorce entre la jeunesse grecque et l'Etat semble consommé.

Pour l'instant, le maire d'Athènes, Nikitas Kaklamanis, estime à 360 le nombre de magasins "partiellement ou totalement endommagés" depuis samedi. A Salonique, la deuxième ville du pays, plus de 80 magasins et 14 banques ont subi des dégâts. Ce mercredi, dans la capitale, de nombreux magasins n'ont pas levé leur rideau et se sont barricadés, dans la crainte de nouveaux affrontements en marge des manifestations.

Le gouvernement conservateur apparaît de plus en plus sur la sellette, alors qu'il était déjà déstabilisé par une série de scandales et par les retombées économiques de la crise internationale. La crise sociale actuelle pointe ses défaillances, notamment en matière d'éducation et d'intégration. De plus, l'équipe de Costas Caramanlis semble incapable de gérer l'explosion de violence actuelle. L'opposition socialiste a appelé à sa démission.

latribune.fr

Vos réactions

  • imhotep a écrit le 12/12/2008 à 17:16 :

    • J'aimerais bien savoir ce que cet ado a fait pour recevoir 3 balles dans la tête. En tout cas si les anarchistes grecs veulent sacager leur pays, je n'ai pas envie de payer pour eux! Crise ou pas, il ya des pays en Europe qui tournent rond et d'autres qui ne savent pas gérer leurs affaires(apparemment le cas de la Grèce dont on ne parle d'ailleurs jamais dans l'actualité économique) Ceci dit, les grecs feraient mieux d'être plus accueillants envers les touristes français, les caisses de l'état s'en trouveraient mieux!!!! Quant au Grec qui a écrit hier, je lui dirais de retourner en Grèce faire la révolution puisqu'il semble très excité, ce qui amènera de nouveau un régime de colonels!!!

  • Gnak a écrit le 12/12/2008 à 07:40 :

    • En effet, c'est loin d'être une petite révolte mais un grand coup de pied dans la fourmilière et rappelons que des étudiants et bien d'autres ont rejoint le mouvement, violent comme peuvent l'être tout cri de révolte. La révolte, y a de quoi la clamer, à cette époque d'égoïsme exacerbé. Et c'est pas grave si ça choque le "bourgeois aseptisé". On sait aussi voir plus loin que le bout de son nez ici bas, et ces terribles évènements ne sont pas sans rappeler les émeutes qui avaient frappé les US en 92, à côté nos pseudos voyous manquant de pieds au cul passent pour des enfants sages. En espérant que ce mouvement ne reste pas lettre morte et que la colère ne tourne pas à la frustration.

  • james a écrit le 11/12/2008 à 13:38 :

    • Quand ils ne mettent pas le feu à leurs forêts ils saccagent leurs villes. Et quand leur économie sera bien affaiblie, ce sera à l'Union européenne de puiser dans ses caisses pour les dédommager. La Grèce, berceau de l'Europe : un berceau qui coûte cher!

  • un grec a écrit le 11/12/2008 à 13:35 :

    • Ceci est un coup gueule d'un grec habitant en France, horrifié par la fausseté des reportages et des articles francophones relatant les événements en Grèce: Y en a marre de vos faux reportages à la française! Ce n'est pas juste des jeunes (donc pour vous des voyoux) qui s'insurgent en ce moment en grèce. Le mouvement violent dont on est témoin est actuellement soutenu par une majorité de la population, tout simplement parce que le ras-le-bol est general, et que les luttes convergent mieux qu'ici (ou chacun se plaint dans son coin au lieu de faire lutte commune). On vous montre depuis le debut des vitrines cassées et des magasins pillés, bien sur il y aura quelque gens que ça contrariera, mais au moins les gens ne sont pas aussi déshumanisés et soumis par le capitalisme qu'ici, et savent faire la part des choses entre un meurtre d'un ado de sangfroid par la police (je vous rappelle pour ceux qui croyent que le policier se défendait: TROIS BALLES DANS LA TETE! et pas de ricochet...) et quelques pacotilles de consommation abimées! Et une chose encore, avant de juger ce qui ce passe dans les autres pays, essayez de vous adapter un minimum à leur mentalités. Chez nous, une banque brûlée n'est pas un pas vers le chaos, mais un pas vers le progrès et la justice. J'espère qu'après la crise mondiale et les escroqueries massives des banques, ainsi que de la collaboration dont font preuve les dirigeants (cf les milliards de cadeaux déboursés d'un coup de baguette magique par les Sarkozy, Bush, Barrozo et autres, directement dans la poche des patrons sans contrôle!) que mes propos choqueront un peu moins, là ils ne devraient plus choquer du tout. En tout cas, sachez que ce n'est pas les propos juste d'une jeunesse grecque sans référence. Je pense qu'au contraire que les jeunes grecs se font beaucoup moins d'illusions que les jeunes français qui eux, continuent massivement à aduler la consommation de masse et l'argent, alors qu'ils sont au bord du gouffre...

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