Face à la récession européenne annoncée, l'Eurogroupe cherche une parade

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Les ministres des Finances de la zone euro posent un diagnostic commun sur la difficile conjoncture économique en Europe mais ils restent divisés sur la nature et l'étendue des plans de relance mis en œuvre. La Commission européenne envisage désormais une baisse du PIB de 1,9% en 2009, avant une légère reprise de la croissance, à hauteur de 0,4%, en 2010.

Réunis à Bruxelles ce lundi, les seize pays de la zone euro (avec la Slovaquie depuis le 1er janvier) doivent examiner ce lundi soir les différents dispositifs nationaux annoncés pour tenter de juguler une récession que la Commission européenne a annoncé prévoir à 1,9% en 2009.

"La situation économique est à la fois incertaine et difficile, dans le monde entier et en Europe aussi", a déclaré la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, précisant que la France résistait plutôt mieux que ses partenaires européens. "Il y a là un sujet de satisfaction même si on le sait la situation est difficile et nous allons devoir tous examiner nos plans de relance, soutenir nos efforts et les poursuivre pendant toute l'année 2009 (...) L'impératif absolu : la relance concertée, combative pendant toute l'année 2009, sur l'ensemble des fronts, financiers, économiques, industriels et évidemment avec pour objectifs principal la croissance", a poursuivi Christine Lagarde.

Un certain nombre de pays estiment néanmoins que les objectifs de stabilité budgétaire du Pacte européen de stabilité et de croissance ne doivent pas être complètement sacrifiés sur l'autel de la relance. "D'un point de vue allemand, tout doit être fait pour préserver la crédibilité du Pacte de stabilité et de croissance", a déclaré le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück. "Les chiffres sont en conformité avec ce que nous présenterons probablement dans nos dernières prévisions mercredi prochain. Le chiffre positif, c'est que le taux d'inflation évolue très favorablement et que nous respecterons le critère des 3% en 2009". La Commission européenne prévoit une récession de 2,3% outre-Rhin en 2009, avec un déficit de 2,9% du PIB et une inflation en fort recul à 0,8%.

De leur côté, les Pays-Bas, traditionnellement peu enclins à laisser filer leurs déficits, estiment, comme Berlin, que la discipline budgétaire doit demeurer la pierre angulaire de l'action économique, même dans une mauvaise conjoncture. "Nous de devrions pas seulement penser aux façons de stimuler l'économie mais aussi à comment régler la facture, et à comment nous ferons pour revenir sur un sentier soutenable pour nos finances. Car nous devrons revenir sur ce sentier tôt ou tard", a prévenu Wouter Bos, ministre des Finances. "Lorsque l'Allemagne éternue, nous nous enrhumons tous. Mais la grande inconnue, ce sera de savoir si nos plans de relance sont efficaces ou pas".

Les Pays-Bas ont annoncé un "plan de liquidités" de 6 milliards d'euros. "Si ces plans sont finalement efficaces (...) 2010 pourrait être une année en territoire positif. Mais le vrai danger vient quand on commence à parler de nouveaux plans alors que les premiers plans n'ont même pas eu le temps de produire leurs effets", a insisté Wouter Bos.

Dans ses prévisions publiées ce lundi matin, la Commission européenne s'attend en effet à une récession économique sévère dans la zone euro cette année, avec un recul du produit intérieur brut (PIB) de 1,9%, qui devrait s'accompagner d'un vif creusement des déficits et d'une nette augmentation du chômage, a-t-elle annoncé ce lundi.

La Commission anticipe ensuite une légère croissance en 2010, de 0,4%, selon ses prévisions économiques actualisées. Bruxelles a revu drastiquement en baisse ses précédents pronostics, publiés début novembre. Elle tablait alors encore sur une croissance de 0,1% en 2009 puis de 0,9% en 2010 dans la zone euro.

Ces prévisions sont nettement plus pessimistes aussi que celles publiées par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE), qui tablent jusqu'ici sur un recul du PIB de 0,5% cette année, et par l'Organisation pour le coopération et le développement économiques (OCDE), qui anticipe une contraction de 0,6%.

La Commission européenne s'attend par ailleurs à ce que cette récession sérieuse s'accompagne d'une hausse du taux de chômage de près de trois points dans la zone euro d'ici la fin 2010. Il devrait passer selon ses pronostics de 7,5% en 2008 à 10,2% en 2010, passant au-dessus des 10% pour la première fois depuis 1998.

Bruxelles table aussi sur un très fort creusement des déficits publics dans la zone euro, qui devraient passer de 1,7% du PIB en 2008 à 4% en 2009 et 4,4% en 2010.

Le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia a rejeté ce lundi les inquiétudes sur un possible "éclatement" de la zone euro, provoqué par l'instabilité économique qu'engendre la crise financière. Cependant, "il est normal que les marchés considèrent les risques", a-t-il reconnu à propos du fossé qui s'est creusé ces derniers mois entre les taux pour les emprunts d'Etat des différents pays de la zone euro, du fait de l'augmentation des déficits et de la dette.

La Grèce et l'Espagne, dont la notation de la dette vient d'être dégradée par Standard and Poor's, l'Irlande, le Portugal, ou l'Italie, qui pourraient subir le même sort, font ainsi face à une envolée de leur taux d'emprunt obligataire.

Interrogé dans le cadre d'un colloque organisé par l'assureur crédit Coface, à Paris, Jean-claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, a plaidé pour des "réformes ambitieuses" et une refonte des pratiques sur le secteur financier. Il a appelé à la fin de la "culture du bonus", c'est à dire la "focalisation excessive sur le rendement à court terme dans le secteur financier". Selon lui, elle conduit à "encourager la prise de risques excessive (...) et peut créer des situations perverses" à tous les niveau d'une institution financière".

Le banquier européen s'attend à une année 2009 "exceptionnellement difficile", mais table sur une reprise en 2010. Pour lui, la confiance est "l'ingrédient qui manque le plus" aux acteurs économiques en ce moment, mais il voit quatre facteurs qui incitent à la confiance: la réactivité des autorités publiques, le potentiel de croissance "considérable" des grands pays émergents, l'accélération des progrès techniques et la baisse récente des prix du brut.

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Pour ttous les pays d'Europe, ce sera la cure d'austérité forcée. Il faut donc se préparer à consommer le moins possible et se mettre dans des conditions pour avoir cette consommation minimale. ce qui veut dire : petit logment, petite voiture ou pas du tout, vélo, loisirs réduits, très petite famille avec peu de consommations en viande, surtout des légumes, peu de consommation d'articles manufacturés...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

Hilfe!

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il est intéressant de constater que
1/ de nombreux voisins de la France ne laissent pas filer le déficit budgétaire au delà des 3%
2/ certains autres commencent à avoir des difficultés à financer leur dette à bas coût

Si nous ne sommes pas dans la première liste, serons nous dans la 2éme ???

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