Une semaine marquée par l'accord entre UBS et le fisc américain

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A la Une de l'actualité cette semaine, UBS qui évite une amende de plusieurs milliards de dollars en échange de 4.450 noms livrés au fisc américain. En France, la polémique des bonus ressurgit avec Christine Lagarde qui annonce une réunion avec les banquiers français pour mettre au clair les rémunérations variables. Autre temps fort de l'actualité, la révélation surprise d'une discussion entre Google et la BNF pour la numérisation des fonds de la bibliothèque, mais aussi la fin de la prime à la casse aux Etats-Unis et la TVA dans la restauration française qui n'entraîne pas de baisse d'addition pour les clients.

UBS livre 4.450 noms et échappe à l?amende du fisc américain

Ce sera finalement un accord à l?amiable conclu entre la grande banque suisse UBS et l'administration américaine. Pour éviter un procès, l'établissement financier a finalement accepté de révéler les noms de 4450 clients à l?administration fiscale américaine l'IRS (Internal revenue service). Mais à terme, ce nombre pourrait être porté à 10.000. En revanche, UBS a évité d'avoir à payer une lourde voire une très lourde amende évaluée selon certains à plusieurs milliards de dollars. L'IRS a d'ores et déjà qualifié cet accord de "sans précédent" et "d?étape capitale" contre l'évasion fiscale" et l'éradication "du secret bancaire" qui avait été défini par les plus grands pays du monde, le G20 comme un de leurs objectifs face à la crise économique et financière. Les 4450 titulaires de comptes incriminés dont les avoirs cachés auraient atteint jusqu'à 18 milliards de dollars (13 milliards d'euros) disposent encore d'une porte de sortie : ils ont jusqu'au 23 septembre pour se déclarer spontanément auprès du fisc américain, obtenant ainsi une amende minorée et évitant des poursuite pénales. Au même moment, la Suisse vend sa participation de 6 milliards de francs suisse au sein d'UBS. La transaction s'est faite à 16,5 francs suisses par titre. Le gouvernement récupère "intégralement" son investissement initial dans UBS en réalisant "un bénéfice adéquat", selon le communiqué, plus-value chiffré à 1,2 milliard. Et les premières têtes tombent. Le gouvernement américain vient d'inculper un ex banquier d'UBS et son avocat. Ils sont accusés d'avoir aidé des Américains à transférer leurs comptes de la banque suisse vers la Neue Zürcher Bank (NZB), une banque privée, afin de camoufler leurs biens au fisc.

Le débat sur le bonus des banques de retour

C?est la ministre de l'Economie Christine Lagarde qui a ramené le sujet dans l?actualité. Cette dernière accentue la pression sur les banques françaises en leur demandant de formuler des propositions pour modifier les rémunérations variables. La ministre annonce donc une réunion à Bercy le 24 août. Pour Christine Lagarde, "il faut impérativement qu'on aille plus loin et qu'on mette fin aux excès et aux abus qui ne sont pas tolérables par l'opinion publique et c'est bien légitime, et qui incitent à la prise de risque", a-t-elle expliqué sur France Inter. A l?occasion de la réunion, la ministre compte leur demander "deux choses: quelles sont les consignes qu'ils vont donner à leurs réseaux pour financer l'économie française?" et "quelles mesures elles (les banques, NDLR) proposent de prendre en matière de rémunération variable?" Selon elle, "quand on a des situations à risque, on a évidemment besoin d'avoir les meilleurs". Mais elle ajoute que "ce que nous devons éradiquer collectivement, c'est cette course à l'échalote aux bonus. Il faut que toutes les banques arrivent à trouver un chemin commun qui permette d'éviter d'être en concurrence systématique". Cette réunion, motivée par la polémique des un milliards d?euros que versera BNP Paribas a ses traders, aura lieu la veille d?une autre, entre le président Nicolas Sarkozy et les représentants du secteur financier le 25 août.

Google pourrait numériser les ?uvres de la Bibliothèque Nationale

La Tribune a révélé que la Bibliothèque nationale de France (BNF) serait en discussion avec Google pour lui confier une partie de la numérisation de son fonds. Un revirement de situation spectaculaire lorsque l?on sait qu?en 2005, la BNF avait été le fer de lance de la résistance européenne au projet de bibliothèque numérique universelle de Google. Dans les colonnes de la Tribune, Denis Bruckmann, directeur adjoint et directeur des collections de la BNF, affirme : "nos négociations avec Google pourraient aboutir d?ici à quelques mois". Le motif financier est la première raison invoquée : "Pour numériser les fonds de la IIIe République, il nous faudrait entre 50 et 80 millions d?euros". Or le Centre national du livre ne finance la numérisation qu?à hauteur de 5 millions d?euros par an quand Google le fait gracieusement, en échange de l?exclusivité de l?indexation sur le internet pour la recherche. Au total, vingt-neuf grandes bibliothèques dans le monde, telles que la Bodleian Library d'Oxford, se sont déjà laissées convaincre par le service rapide et gratuit de Google. Google affirme vouloir devenir un libraire en ligne, et vendre les ouvrages numérisés. Quitte à empiéter sur le terrain d'un autre américain, Amazon. Face à cette offensive, si les éditeurs tricolores s'unissaient dans la vente numérique, ils auraient "la plus belle offre qui puisse exister", estime Alain Kouck, le patron d'Editis, numéro deux de l'édition française. Mais, pour l'heure, ils avancent en ordre dispersé.

Fin de la prime à la casse aux Etats-Unis

C?est donc la fin de la Car Allowance Rebate System, l?équivalent américain de la prime à la casse. La mesure prendra fin lundi à 20 heures (heure de la côte Est), après avoir rencontré un vif succès, selon l'administration de Barack Obama. Ce plan, initialement doté d'un milliard de dollars, a été doté de 2 milliards supplémentaires au début du mois. D'après les calculs des analystes, cette somme sera dépensée d'ici le début de la semaine prochaine. Pour le moment, le programme a permis de doper les ventes de voitures, tout en ayant un impact écologique puisqu'il encourage les Américains à troquer leurs gourmands "trucks" (gros 4x4) pour des véhicules plus propres et plus économiques en carburant. Selon le dernier bilan de jeudi, le "cash for clunkers" a enregistré plus de 457.000 transactions chez les concessionnaires pour une valeur de 1,9 milliard de dollars. Seul hic : les concessionnaires se sont plaint de la lenteur du remboursement du gouvernement et de démarches administratives trop lourde. Cette initiative n?a en tout cas pas fait plaisirs aux investisseurs. Dès l?annonce de la fin de la mesure, La Bourse de Tokyo a terminé la semaine sur un recul de 1,4%. Le Cac 40 reculait de 0,4% à 3.491 points, entraîné par le recule de Renault de 2,48% à 32,31 euros dans le sillage de son partenaire Nissan qui a chuté de 5% à Tokyo. En France, les constructeurs appréhendent la fin du dispositif, qui devrait se faire progressivement selon Christian Estrosi, ministre de l?Industrie.

TVA dans la restauration : un restaurant sur trois baisse ses prix

Encore une fois, la nouvelle relance le débat sur la baisse de la TVA dans la restauration. D?après Bernard Boutboul, président de Gira Conseil, une étude menée sur le terrain constate que malgré la baisse de la TVA de 19,6% à 5,5% il y a un mois et demi, seul un restaurateur sur trois répercute cet avantage à ses clients. Et ce, alors que l?accord avec le gouvernement prévoyait une baisse de 11,8% sur 7 produits de la carte. Pour le moment, seules les chaînes de restauration ont répercuté la baisse mais elles ne représentent que 5% des restaurants. Un comportement qui fâche la clientèle et les organisations professionnelles alors que la mesure va coûter 2 milliards d?euros par ans à l?Etat. « Cela parait incroyable que les restaurateurs n?aient pas joué le jeu », commente Bernard Boutboul. Face à cette attitude, le secrétaire d'Etat au Tourisme Hervé Novelli menace : "Le 13 septembre, j'installerai le fonds de modernisation de la restauration française, et je le dis très clairement: seuls les restaurateurs qui ont joué le jeu pourront avoir recours à ce fonds de modernisation qui donne droit à des prêts préférentiels", a-t-il expliqué sur RTL. "Je ne suis pas dans le registre du Père Fouettard et je ne suis pas non plus dans celui du Père Noël", a souligné le secrétaire d'Etat au Tourisme, excluant toute sanction contre les restaurateurs qui n'appliqueraient la baisse, mais "ils auront plus de mal à moderniser leur fonds. C'est bien mais c'est encore suffisant: j'appelle l'ensemble des restaurateurs à jouer le jeu".

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