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Dans votre « appel de Dakar » destiné à fournir des propositions lors du G20 agricole qui se tiendra en juin en France, vous appelez à la création d'une Organisation Mondiale de l'Agriculture (OMA). Pourquoi ?
La situation est intenable et nécessite des changements profonds. La libéralisation croissante des échanges agricoles dans un contexte de démantèlement des mécanismes de régulation, et la volatilité des prix des matières premières agricoles, jouent un grand rôle dans l'insécurité alimentaire mondiale. La crise financière de 2008-2009 a donné lieu à un regain de la coopération internationale pour sauver les banques de la faillite. Il faut faire la même chose pour l'agriculture. Cette OMA devrait être un organe de veille et de gestion de crise directement rattaché au G20, et qui viendrait se substituer à l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Cette organisation est inutile. Rendez-vous compte : 70% de ses budgets passent au paiement de la masse salariale ! Cette nouvelle institution devra être en Afrique, car ce continent doit être davantage associé aux problématiques de l'agriculture, et Dakar est bien évidemment candidate pour l'accueillir. J'ai l'intime conviction que tous les efforts dans l'agriculture n'auront des résultats que si on instaure une gouvernance mondiale. C'est pourquoi je tiens au soutien de Nicolas Sarkozy pour porter ces propositions lors du G20.
Quels sont les défis de l'agriculture sénégalaise ?
Notre agriculture, grâce notamment aux subventions que j'ai mis en place pour soutenir les agriculteurs face à la montée des prix, est de plus en plus productive et performante. Il nous faut atteindre l'autosuffisance alimentaire dans tous les domaines et développer les exportations. Un contrat sur cinq ans est sur le point d'être signé avec la Chine à partir de 2012 pour exporter de l'arachide. Nous avons également un contrat avec l'Inde pour produire dès 2011, au Sénégal, 1,1 million de tonnes de riz, soit 500 000 tonnes pour l'exportation en plus des 600 000 tonnes nécessaires à notre alimentation. Pour moderniser notre économie, nous devons développer la transformation des matières premières agricoles, telles que l'arachide ou les fruits, pour pouvoir les exporter sur le marché international. Mon rêve est que les Français mangent à l'apéritif des cacahuètes qui proviennent intégralement du Sénégal.
Comment peut s'organiser la coopération en Afrique de l'Ouest maintenant que la tension en Côte-d'Ivoire pourrait retomber ?
Malgré de grandes potentialités de développement, il n'existe pas de réelle politique économique dans la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) car les disparités sont très grandes entre les pays. Je pense qu'une intégration économique réussie passe par la mutation de la CEDEAO en Confédération des Etats de l'Afrique de l'Ouest. Ce serait un grand gouvernement fédéral chargé de mettre en place, par une politique de consensus, des orientations politiques et économiques pour l'ensemble des quinze pays de la zone. Tous les ministres de chaque Etat éliraient dans leur domaine -agriculture, industrie, environnement...- un représentant pour composer le gouvernement de la Confédération. Ce système permettrait à chaque pays d'être représenté. Je compte proposer ce projet aux autres Etats lors du prochain sommet de la CEDEAO en janvier prochain, mais j'en ai déjà parlé à mes homologues et j'ai reçu un accueil très enthousiaste.
Depuis février, le Burkina Faso est en proie à de violentes contestations. Faut-il que le pays évolue vers davantage de liberté et de démocratie ?
La situation est extrêmement préoccupante. J'apporte bien évidemment tout mon soutien à Blaise Compaoré, dont je suis proche et dont je loue les réalisations économiques. Je suis en contact avec lui, je lui ai parlé la semaine dernière lors d'une conversation à trois avec Amadou Toumani Touré, le président du Mali. Il nous a rassuré mais la situation ne s'arrange pas. Aujourd'hui, un changement institutionnel me semble indispensable et inévitable. Mais vers quel système ? Il y a au Burkina une accumulation de mécontentements qui étaient jusqu'à présent occultés, et qui éclatent les uns après les autres : les syndicats, les magistrats, les commerçants... J'ai été très surpris par la rébellion des militaires, car Compaoré est lui-même un militaire et je pensais qu'il avait dû s'occuper de l'armée. Moi par exemple, je ne suis pas militaire, mais je n'ai aucun problème avec mes soldats.
Craignez-vous un risque de contagion à d'autres pays de la région ?
Les choses bougent en Afrique, mais les revendications ne sont pas les mêmes partout. Dans les pays arabes, il est clair que ce n'est pas encore terminé. Si la Tunisie, par exemple, réussit à dépasser la situation de crise et arrive à se muer en un système démocratique stable, il y aura forcément une nouvelle vague d'aspirations à la démocratie dans d'autres pays arabes. Pour les autres pays, chacun a ses propres bombes à retardement. Tous les présidents d'Afrique de l'Ouest me disent qu'ils ont des problèmes. Mon analyse est que si les peuples se sentent opprimés, ils risquent de se révolter s'il n'y a pas de changements.
Le 19 mars, le jour du onzième anniversaire de votre élection, des manifestations se sont déroulées à Dakar. Cela vous inquiète ?
Pas le moins du monde. Il n'y aura ni coup d'Etat ni révolution au Sénégal. Il est vrai qu'il y a des manifestations, et tant mieux car je les souhaite ! Nous avons eu avec mon équipe une réunion vis-à-vis de ces manifestations et la question s'est posée de les interdire. J'étais le seul à vouloir les laisser se dérouler, le seul ! J'ai choisi de laisser faire. Ces manifestations ne sont pas représentatives de la majorité des Sénégalais. Ici, la démocratie est une réalité, et les gens me soutiennent massivement. Si un jour le peuple sort en masse pour me mettre à la porte, je ne ferais pas d'histoires. Je suis tout entier dévoué à mon pays.
Vous-même, à 84 ans, avez déjà annoncé que vous vous présenterez pour un troisième mandat en 2012...
Il y a des chefs d'Etat qui ont fait beaucoup plus que trois mandats. L'âge est une obsession en Europe, mais pas en Afrique. Mon père a vécu 105 ans, ma grand-mère 120 ans, donc j'ai encore du temps devant moi ! On a l'âge de ses artères. Tant que je conserverai mes capacités physiques et intellectuelles, je n'envisagerai pas de partir.
Ne craignez-vous pas l'usure du pouvoir ?
Je suis le seul président en état perpétuel de grâce. L'usure du pouvoir ne s'applique pas à moi. C'est un phénomène spécial lié à ma personnalité, à mon charisme, car je ne suis pas un baratineur mais un homme d'action. Je me compare à John Maynard Keynes, mon maître en économie, car son économie est fondée sur l'enrichissement pour redistribuer les richesses. Mais je pense déjà à ma succession. Je regarde autour de moi. Il est difficile de trouver chez quelqu'un les qualités d'un homme d'état. Mon successeur devra être intelligent, imaginatif, charismatique, mais surtout, populaire. On ne peut pas nier le rôle des personnalités dans l'histoire.
bancopasillico a écrit le 12/05/2011 à 17:39 :
l'autosatisfaction, c'est une caractéristique de ceux qui gouvernent on dirait, en France ou ailleurs.. si en 3 mandats il n'a rien amélioré, faut changer. si les urnes ne sont pas truquées, ça se fera. Sinon.. on continuera de perfuser un peu en cas de très grosses catastrophes.
Narricisme a écrit le 26/04/2011 à 10:31 :
Mme Rolland, pour un candidat sortant, il aurait été digne d'une bonne journaliste de faire un bilan de cette fameuse "action" dont parle Me Wade car le compte n?y est pas pour la grande majorité des sénégalais. Cinquante ans après l?indépendance elle peine terriblement à l?accéder à l?éducation, au logement, à l?emploi, à l'électricité et aux responsabilités politiques sans crainte d'être détenue ou torturée.
En2012virezle a écrit le 24/04/2011 à 07:04 :
Où est l'action lorsque DAKAR la capitale économique, est soumise quasi quotidiennement à des coupures de courant, des conditions d'hygiène (odeurs, égouts) insoutenables et les infrastructures inexistantes?. Où est l'action alors que les sénégalais n'ont pas de travail,n'ont pas de système de santé, ne mangent pas à leur faim, les enfants en errance constante dans les rues?. Cet article donne la nausée.
Le_PanAfricaniste a écrit le 23/04/2011 à 14:22 :
Il craint M. Jacques Diouf.
thiambé a écrit le 23/04/2011 à 11:52 :
Mes compatriotes sont, général, gênés par les écarts de ce monsieur Wade critique sans mesure la FAO lors même que l'agriculture sénégalaise recule fortement depuis 2000: - Baisse des cultures vivrières dans la vallée alluviale du Sénégal ou il n'ya eu aucun nouveau périmètre irrigué depuis 2000 -Difficulté structurelle de l'arachide - Faillite des exploitations familiales en zone de culture sous pluie - Création de nouveaux programmes de développement agricole servant à enrichir des courtisans donc contre ceux qu'on déclare vouloir aider (Mr l'ambassadeur Ruffin en sait) - Conséquence des milliers de jeunes Sénégalais sautent dans des pirogues pour les îles canaries sachant qu'il n'y a rien à attendre de l'état. Certes la FAO est loin d'être vertueuse mais elle donne de meilleurs résultats que Wade et ses ministres. Comme elle est dirigée par un Sénégalais cela dérange Wade qui le voit se faire candidat contre lui
Le_PanAfricaniste a écrit le 22/04/2011 à 14:50 :
Monsieur le président arrêtez de nous prendre pour des moutons. Cela fait 11 ans que vous nous racontez les mêmes salades (comme les 4 ans de Sarkozy avec le pouvoir d'achat et la sécurité): "Je veux créer ceci...", " J'ai parlé avec telle personne...", "Je veux le soutien..." " Je suis le seul à..." Ceux qui sont dotés d'un bon sens comprendront ce que je veux dire par là (vous remarquerez l'usage fréquent de la première personne du singulier)...Et c'est pour cela que l'Afrique n'avance pas. Vous n'êtes là que pour vos fantasmes et vous n'accordez aucune importance au peuple qui souffre. J'ai vécu 19 ans au Sénégal, j'ai passé toutes les grandes vacances dans les campagnes auprès des agriculteurs ( Et franchement ce que j'ai vu (conditions de vies...) là bas m'a poussé à mieux me concentrer sur mes études. D'ailleurs même j'ai voulu être "ingénieur agronome" avant de changer d'avis par la suite...Mais comme on dit ..Dieu merci...!!!)Quand je vois comment les agriculteurs sont traités au Sénégal (Ex: Un paysans qui vend ses récoltes au mois de Janvier doit attendre mi-avril pour être payé. Entre temps, comment voulez-vous qu'il survive ??? Par de minimum vital, donc la seule solution c'est de brader son bétail, ses céréales pour faire face aux besoins de première nécessité. Conséquence: Exode rural, surpeuplement des villes, problème d'insécurité, baisse des moyens de production, dépendance vis à vis de l'extérieur, fuite des cerveaux...je m'arrête là, car on pourrait en écrire un livre ), il est tout à fait logique qu'ils ne puissent pas assurer l'autosuffisance alimentaire. Comment peut-on être productive comme on utilise des ânes, des chevaux ou des b?ufs comme moyen de production ?...Nous voulons une vraie politique agricole Africaine pensée et réalisée par des gens qui connaissent le contexte économique, social et culturel de l'Afrique...Donnez la change aux jeunes, car l'avenir de l'Afrique c'est sa jeunesse !!!
guiguess a écrit le 22/04/2011 à 13:50 :
un peu présomptueux Mr le président !
jeanpierrecanot a écrit le 22/04/2011 à 13:29 :
Monsieur le Président serait mieux inspiré de mettre en place une sérieuse gouvernance nationale de l?agriculture des on pays, ce qui n?a pas été fait depuis l?indépendance. Le potentiel existe, des sommes énormes ont été englouties par l?Aide Publique au Développement inefficace, il ne reste rien, rien, rien ! La banque Mondiale vient de découvrir bêtement que l?on devrait aider les pays Africains au moyen des fonds péniblement gagnés par les émigrés en Europe notamment. On croit rêver ! Les malheureux émigrés partis souvent au risque de leur vie gagner quelque argent en Europe sont rançonnés de quelques 10 % lors du transfert de cet argent à leur famille. Drame supplémentaire ces sommes ne sont pas réinvesties dans le secteur économique, mais pour ce qui ne sert pas à nourrir les bouches affamées sont thésaurisées ou placées dans des investissements de prestige ou dans des banques commerciales qui en font n?importe quoi. La situation dramatique de ce pays, comme celle de tous les pays d?Afrique, ne tient pas à l?héritage de la colonisation où tout était mis en ?uvre pour permettre d?atteindre l?autosuffisance alimentaire, mais aux conditions dans lesquelles est appliquée l?Aide Publique au Développement : véritable calamité pour cette femme qui se bat inlassablement dans la vallée du fleuve et qui déclare : « En Afrique les projets de Lutte contre la pauvreté appauvrissent les populations ». Nous les pays dits riches avons une lourde responsabilité dans la faillite de l?aide publique au développement où nous ne faisons que rechercher notre profit. « /? Ne pas avoir peur de dire aux Africains qu?on veut les aider, mais qu?on veut aussi que cela nous rapporte? /? » . C?est l?ancien Secrétaire d?État français à la coopération qui le dit. Ultime ânerie voilà que nous allons dégager les ressources nécessaires en fabriquant de l?argent avec l?argent ce sont les inénarrables financements innovants ! L?échec de l?Aide Publique au développement n?est pas dû aux sommes mises en jeu, mais à leur très mauvaise utilisation. Il faut dans ces pays donner la priorité absolue à l?atteinte de l?autosuffisance alimentaire, par le développement du secteur agricole dont l?organisation doit impérativement passer par le modèle coopératif, le vrai, celui qui depuis cent trente ans a permis à nos agricultures de se développer jusqu?à ce que nous l?ayons hélas abandonné. Jean-Pierre CANOT Auteur de « Apprends-nous plutôt à pêcher ! » 20 avril 2011
GalsenGirl a écrit le 22/04/2011 à 11:23 :
Les manifestants du 19 mars ne représentaient pas la majorité des sénégalais? On en reparlera en février 2012, mister prési!!! En attendant, je vous décerne le Sédar de la mégalomanie
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l'autosatisfaction, c'est une caractéristique de ceux qui gouvernent on dirait, en France ou ailleurs.. si en 3 mandats il n'a rien amélioré, faut changer. si les urnes ne sont pas truquées, ça se fera. Sinon.. on continuera de perfuser un peu en...
par bancopasillico le 12/05/2011 à 17:39
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