"On peut entrer dans une spirale qui entraîne la fin de l'euro"

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Freddy van den Spiegel est professeur d'économie financière à l'Université Libre de Bruxelles-Vrije Universiteit Brussel (ULB-VUB), conseiller auprès de la direction de BNP Paribas Fortis, ancien chef économiste de BNP Paribas Fortis. Il analyse les risques et les pistes de solutions à la crise de la dette souveraine en Europe à la veille du Conseil européen.

Quelle option parmi celles envisagées pour financer un deuxième plan grec : roulement des dettes, allongement des maturités, buy-backs, taxe, etc., est la meilleure ?
On s'oriente vers un ensemble de solutions où il y aura un peu de tout. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose car chaque option comporte des risques. Il faut tenter de les minimiser tout en avançant vers l'objectif final qui est de convaincre les marchés que la Grèce sera capable de se rétablir après ces interventions. Certaines mesures aident à court terme, comme l'allongement des maturités qui réduit le risque de liquidité. Pour traiter le risque de solvabilité, rien ne remplace les réformes macroéconomiques. Si la Grèce reste un pays non compétitif, peu importe ce que l'on fait par ailleurs.

Est-ce si crucial d'éviter un défaut partiel?
C'est extrêmement important d'un point de vue technique pas tellement à cause de la dette elle-même mais en raison des produits dérivés qui lui sont liés. S'il ne s'agissait que de faire participer les créanciers directs de la Grèce, ce serait simple. En revanche, du côté des dérivés de crédit, ce n'est pas gérable, car on ne sait pas qui les détient. Laisser un défaut survenir, ce serait tenter une expérience comparable à la faillite de Lehman Brothers.

L'un des objectifs est de réduire la charge totale de la dette grecque. Comment y parvenir ?
L'instrument qui permet le mieux d'y parvenir et en prenant en compte la demande de la chancelière Angela Merkel de faire participer le secteur privé, ce sont les «buy backs», autrement dit les rachats de dette grecque, au prix du marché, par une institution européenne ou la Grèce elle-même. C'est un outil conforme au marché, qui ne provoque pas de défaut et permet de faire participer le secteur privé

Pourquoi l'Allemagne rejette cette solution ?
L'Allemagne et d'autres pays tels que la Finlande ou les Pays-Bas subissent une forte pression populaire pour justement ne pas alourdir la mise. Or il faudrait augmenter le Fonds de stabilité européen (EFSF) de 440 milliards d'euros à 1.000 milliards , voire 2.000 milliards avancent certains. Mais quand on regarde la taille de l'économie européenne, soit un PIB d'environ 12.000 milliards d'euros, un matelas de sécurité de 2.000 milliards n'est pas disproportionné. Mais les politiciens craignent de payer deux fois : en aidant les pays en détresse et en subissant eux même une pression sur leurs taux, voire sur leur notation.
 

N'est-ce pas le prix à payer pour sortir de l'impasse ?
C'est un test, en effet, qui permettra de savoir si les politiciens européens sont encore convaincus que l'euro est une bonne idée. Si c'est le cas, il faut accepter de perdre une partie de sa souveraineté budgétaire et d'avoir un mécanisme de solidarité un peu comparable à ce qui existe aux Etats-Unis.

Les banques sont-elles une partie du problème ou de la solution ?
Elles peuvent être une partie de la solution si on ne leur demande pas de porter un trop lourd fardeau qui exigerait de les secourir à leur tour. Elles pourraient par exemple allonger les maturités des titres détenus dans leurs portefueilles à condition que cela soit à un taux et dans des proportions acceptables.

Mais dans la situation où se trouve la Grèce, cela ne reste-t-il pas un acte de foi ?
Si la classe politique est claire sur une solution et une solidarité à long terme, c'est raisonnable. Je dirais donc plutôt que c'est un acte de foi des banques dans leurs propres politiciens.

Quel risque court-on si les marchés jugent insuffisante la solution proposée ce jeudi ?
De voir comme la semaine dernière les investisseurs commencer à se poser des questions sur les pays plus faibles que l'Allemagne, c'est-à-dire tous. On peut entrer dans une spirale qui entraîne la fin de l'euro.

La monétisation de la dette n'est pas une solution ?
La Banque centrale européenne est déjà allée au-delà de ce qui est dans le traité européen. Contrairement à Ben Bernanke, Jean-Claude Trichet ne peut pas faire n'importe quoi. Il peut monétiser un peu mais il y a des limites et elles ont été atteintes.

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Commentaires
a écrit le 22/07/2011 à 12:52 :
Vous ne vous êtes jamais posé la question ? Combien y a t-il de pays gouvernés par des socialistes en Europe ? Réponse 3
La grêce, l'espagne et le portugal
Bizarre, vous avez dit bizarre !
Vive Marine et le changement
a écrit le 22/07/2011 à 12:38 :
Au minimum, il faudrait des mecs qui puissent encore courir le 100 metres en moins de 4 heures pour prendre des decisions economiques.....

a écrit le 22/07/2011 à 12:32 :
l HEURE DE LA REVOLUTION A SONNE....

nous sommes dirigés par des Gros Plein de Soupe, qui ne peuvent pas même faire un salto-arrière....
a écrit le 22/07/2011 à 12:27 :
La meilleure solution est de laisser crouler tout ce qui doit crouler.....

Restera de vivace, tout ce qui est sain, et qui a eu une gestion saine....

A entretenir la Vermine, on obtient que de la VERMINE.....
a écrit le 22/07/2011 à 12:25 :
Il a une tête de BLASTOPORE.....
a écrit le 22/07/2011 à 12:23 :
Mais nous y sommes en plein dedans, la spirale.....

Encore un Belge,,,,
a écrit le 22/07/2011 à 9:05 :
La fin de l'euro serait une catastrophe pour l'Europe en général et notre pays en particulier. Il en résulterait un appauvrissement de notre pays et de ses citoyens. Le Franc (rétabli) se trouverait en preemière ligne et subirait dévaluation sur dévaluation au premier détriment des plus pauvres d'ailleurs. Il serait bon que les Français le comprennent et apportent leur appui à toute solution qui nous évitera d'entrer dans une spirale infernale.
Réponse de le 22/07/2011 à 12:24 :
@ Demosthene....

tu portes bien ton pseudo..... ton analyse est aussi antique que lui.....
Réponse de le 22/07/2011 à 16:50 :
Cher Kaluza : nous n'avons pas élevé les cochons ensemble, pas plus dans l'antiquité que maintenant. Cela me conduit donc à vous vouvoyer et à pardonner votre impolitesse.. Maintenant si vous avez une analysqe plus pertinente, il convient de l'exprimer. L'ironie mpal placée ne suffit pas.
Réponse de le 22/07/2011 à 16:52 :
En complément de ma réponse. Si vous voulez savoir l'origine de mon pseudo lisez "la Stratégie Ender" de Card.
a écrit le 21/07/2011 à 12:49 :
Les banques se possèdent les unes les autres. Elles sont exposées aux dettes souveraines directement et indirectement(créances vis-à-vis d?autres banques). Les plus solides
Sont celles qui ont le plus de fonds propres. Les stress tests sont plutôt des signaux
D?alerte que de véritables indicateurs de bonne santé des banques ; car celles-ci
Ne divulguent pas ou peu leur véritable exposition au risque de défaut. Tout cela s?apparente
Au monopoly de naguère.
a écrit le 21/07/2011 à 12:12 :
ALORS N'Y ENTREZ PAS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Tant que vous considerez ces vampires comme des ayant droits, vous ne serez bon qu'à payer sans avoir le droit de vous plaindre
Vous faites leur jeu...
Et nous on paye les pots cassés
a écrit le 21/07/2011 à 10:14 :
Quelqu'un peut-il me dire quel est le poids de BNPP par rapport au PNB de la France ?
Je pose cette question parce que je sais que le sauvetage de la première banque Irlandaise a coûté 25 % du PNB de l'Irlande. Je sais également que BNPP est très exposée en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie, pays très risqués...
Par conséquent, je voudrais savoir combien va nous coûter la faillite de BNPP.
J'estime par ailleurs qu'il est complètement aberrant de vouloir sauver une banque qui pèse 25 % du PNB d'un pays car c'est impossible que l'économie de ce pays supporte une telle charge.
Je pense également qu'il est encore temps que l'on procède au démentellememt de BNPP avant que le désastre ne se produise.
Réponse de le 21/07/2011 à 13:36 :
Réponse à la question : la BNPP pèse le même poids que le PIB de la France ! 2000 miliards chacun ! Je comprends mieux pourquoi les banques sont intouchables dans ce pays ! Il faut faire comme les islandais et exiger un référendum avant que le gouvernement ne décide de voler au secours de BNPP quand les affaires tourneront mal, c'est à dire dans pas longtemps !
a écrit le 21/07/2011 à 8:56 :
Malheureusement pour elle l?Italie possède par tradition une économie souterraine
Qui échappe à tout contrôle et mine peu ou prou les finances de l?état. Malgré ce handicap on mesure le dynamisme de ce pays dont le PIB n?est pas très loin de celui de la France.
Réponse de le 22/07/2011 à 12:30 :
OUI mais ce n est pas finalement un Handicap cette economie souterraine....

Rien de mieux que les souterrains, quand on est éreinté par les sous.....
a écrit le 21/07/2011 à 8:54 :
Il manque une précision pour apprécier la pertinence des conseils donnés : l'exposition de BNP Paribas Fortis à la dette grecque. Cette exposition est peut-être nulle, peut-être que non. Mais ce serait bien utile de le savoir.
a écrit le 21/07/2011 à 7:56 :
Tôt ou tard la RFA retrouvera son DM (ou un autre nom) entraînant quelques pays vertueux et la France pourra à nouveau dévaluer à tout avec contrôle des changes et tout l'arsenal habituel.
Réponse de le 21/07/2011 à 16:42 :
Je pense qu'aucun pays, même l'Autriche, ne suivrait l'Allemagne si celle-ci reintroduisait le DM ou un équivalent. Tous les autres pays resterait dans la zone euro ou reintroduirait leur propre monnaie. L'Allemagne n'est pas trés aimée et pour cause.
Réponse de le 22/07/2011 à 5:06 :
Pour cause ???
a écrit le 21/07/2011 à 7:04 :
Au-delà des conséquences de la crise des pays européens du sud, on peut et on doit se poser cette question : Quelle confiance peut avoir le peuple dans des politiciens aussi mauvais gestionnaires ? Comme par hazard, les pays qui ont connu la dictature il y a peu de temps sont bien plus raisonnables dans leurs budgets. Est-ce parce que les dictateurs se "gavent" moins financièrement que nos politiciens démocrates ? En tout cas, aujourd'hui, il est préférable de placer hors Europe...............
a écrit le 21/07/2011 à 6:43 :
moi je vous qlq soit le montany décidé : 1000 milliards 2000 milliards ou autre ces fonds ne profitent pas aux peuples grecs mais en grande partie aux banques ou spéculateurs . vous allez voir dans qlq mois la Grèce demande encore un autre fonds et l'italie pourra faire pareil .
a écrit le 21/07/2011 à 5:05 :
En se moment,les politiques sont en concertation,pour peaufiner leurs déclarations à chacun de leur peuple,de la fin de l'Euro avant la fin de l'été.
a écrit le 21/07/2011 à 0:01 :
Le problème de la Zone Euro c'est la suprématie de l'axe Franco-Allemande qui impose et a imposé aux autres pays un système qui avantage les pays à économie forte aux dépens des pays à économie faible. Les divergences ne cessent en effet d'augmenter. Le meilleur exemple en est l'Italie qui est en train de perdre toute son industrie lourde et toutes ses grandes entreprises. Pour l'Italie il n'y a plus aucun avantage à rester dans la Zone Euro. Elle pourrait mieux protéger son économies si elle la quittait. L'avantage des taux d'intérêts bas étant en train de disparaître.
a écrit le 20/07/2011 à 22:48 :
les propos tenu par ce monsieur sont des propos de banquier.La seule chose de juste est de mettre en place le mécanisme de solidarité.
a écrit le 20/07/2011 à 22:43 :
est-ce cet économiste distingué qui a conseillé à la BNP d'investir dans les obligations grecques ?
a écrit le 20/07/2011 à 21:09 :
A l'heure de la décentralisation dans les États et de la concentration au niveau de l'Europe, il conviendrai d'inverser le processus en passant de la monnaie "unique" vers une monnaie "commune" tout en recentrant les pouvoirs au niveau de chacun des pays pour moins de gaspillage. Faire une croix sur le fédéralisme pour aller vers la confédération européenne.
a écrit le 20/07/2011 à 21:07 :
"du côté des dérivés de crédit, ce n'est pas gérable, car on ne sait pas qui les détient. Laisser un défaut survenir, ce serait tenter une expérience comparable à la faillite de Lehman Brothers." ......Est-ce l'économiste qui parle, n'est ce pas plutôt le banquiier? Les banquiers ont réussi à terrorriser les politiques avec cette histoire, c'est un véritable chantage. En réalité si les Etats garantissent les dépôts, on peut bien laisser quleques banques faire faillite.
Réponse de le 20/07/2011 à 22:40 :
c'est un très grave erreur de laisser les banques faire faillite ,ça a été le début de la grande dépression de 1929. L'économie est comme un écheveau : quand on tire sur un fil tout vient !
Réponse de le 21/07/2011 à 20:44 :
Si les banques font faillites et que le fond de compensation ne peut faire face,l'état en dernier recours comme pour les catastrophes naturelles quand les assurances sont dépassées serra la pour compenser.La dette va augmenter qui va finir par payer????????
Réponse de le 22/07/2011 à 12:31 :
Vous ne vous êtes jamais posé la question ?
Combien y a t-il de pays gouvernés par des socialistes en Europe ?
Réponse 3
La grêce, l'espagne et le portugal
Bizarre, vous avez dit bizarre !

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