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Romain Renier | 09/08/2012, 18:22 - 595 mots
« Il y a deux ans, j'ai fixé l'objectif d'un doublement des exportations en cinq ans » avait rappelé Barack Obama lors de l'un de ses traditionnels discours hebdomadaires en février. Les dernières statistiques publiées par Washington jeudi pourrait à première vue laisser penser qu'il est en passe de gagner son pari. Sur un an, le déficit commercial américain s'est réduit de 7,4 milliards de dollars. Et en juin, il a enregistré son plus fort recul à -10,6% sur un mois, mais plus sous l'effet d'une baisse des importations que d'une hausse significative des exportations.
Des statistiques en trompe l'oeil
En juin, les exportations n'ont progressé que de 0,9% pour s'établir à 185 milliards de dollars contre 183,3 milliards de dollars en mai. Et c'est surtout la baisse des importations de -1,5%, à 231,4 milliards de dollars, qui a permis au déficit commercial américain de reculer. Cette baisse est le signe d'une diminution peu encourageante de la demande intérieure en raison du ralentissement économique. Et ici, ce sont moins les consommateurs qui font grise mine que le secteur industriel.Les importations de fournitures industrielles et de biens d'équipement sont responsables de 64% de la baisse totale, alors que les achats de biens de consommation se maintiennent.
Les importations en provenance de l'UE reculent
Donnée surprenante, le déficit commercial avec l'Union européenne est passé de 10,5 milliards de dollars en mai à 8,4 milliards de dollars en juin. Les exportations, en faible hausse, montrent que les Etats-Unis ne sont pas encore trop impacté par la crise européenne. Mais elle est toutefois à relativiser. Les Etats-Unis n'ont en effet exporté que pour 400 millions de dollars supplémentaires vers le Vieux Continent. Dans le même temps, la baisse des importations en provenance d'Europe allège le déficit commercial des Etats-Unis avec l'UE de 1,7 milliard de dollars et est responsable à 80% de sa résorption. Ce recul des importations, malgré la baisse de l'euro, montre à nouveau que l'UE souffre d'un problème de compétitivité. Au passage, ceci laisse songeur quant à l'effet positif du recul de la monnaie unique sur l'économie européenne.
La Chine est toujours la bête noire des États-Unis
Sur le front chinois, Barack Obama a encore fort à faire pour enrayer un déficit commercial toujours croissant. Pour l'heure, ses injonctions à Pékin de cesser de maintenir des barrières douanières rédhibitoires et un yuan sous évalué n'ont pas été entendues. Si bien que le déficit commercial avec la Chine est passé de 26 milliards de dollars en mai à 27,4 milliards de dollars en juin. Et la baisse des exportations vers la Chine pour 400 millions de dollars est venue compenser la faible hausse des exportations vers l'UE. Dans le même temps, les importations en provenance de l'empire du milieu ont continué leur progression soutenue de près de 3% en juin.
Un espoir en Amérique latine ?
L'espoir pour le président américain pourrait venir de l'Amérique latine. Les flux totaux de biens et de services entre l'Amérique latine et les Etats-Unis sont en effet passés de près de 400 milliards de dollars à près de 900 milliards de dollars entre 2000 et 2011 et devraient continuer de progresser selon une étude d'Aurel BGC publiée jeudi. Selon cette étude, le Mexique a enregistré un excédent commercial de quelque 71 milliards de dollars avec les Etats-Unis en 2010 et 2011. Mais la première économie mondiale a par exemple vu son excédent commercial avec le Brésil passer de 18 milliards de dollars en 2010 à près de 21 milliards de dollars en 2011. Signe que Washington a un coup à jouer dans les économies émergentes du sous-continent américain.
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Yves a écrit le 11/08/2012 à 16:54 :
Le déficit public américain de 1500 milliards $ est une menace pour le niveau de vie. Cet argent est-il efficacement dépensé? Ce qui est néfaste c'est la dette car on arrive à des niveaux dangereux pour les investisseurs extérieurs. La spoliation de la population a toujours été la conséquence de l'endettement d'un pays. Mais alors, quelle conséquence sur la croissance du pays? En prenant la moitié du salaire du premier centile américain, on comble aisément ce déficit. Alors qui paye?
Tony Meuter a écrit le 10/08/2012 à 04:11 :
Signe que Washington se ré-industrialise à grands pas et réduit sa dépendance et sa facture extérieure. Contrairement à l'Europe qui ouvre de plus en plus son marché, perd ses centres de décision et se désindustrialise. Les Européens quittent l'Amérique latine et sont substitués progressivement: Auchan par Wall Mart, PSA par GM, SocGen par des banques US, Suez par GE, etc, la liste est longue.
Viking a répondu le 10/08/2012 à 13:14:
Pas de reindustrialisation aux USA. Le consommation americaine réelle est en baisse. Donc juste moins de consommation de produits chinois et autres niaiseries marketing importees. Les foyers concentrent leur consommation sur leurs depenses vitales (nourriture, logement, frais de commuting pour aller travailler), les depenses essentielles. Et les bibelots chinois n'en font pas partie
Greg le Prolétaire a écrit le 09/08/2012 à 22:21 :
Baisse des importations aux USA, en Italie et logiquement l'Allemagne commence à voir ses exportations baisser : comme prévu.... Je me demande ce que vont nous sortir les imb... pardon, les libéraux après le modèle allemand... Quoique malgré la crise dû à leur modèle, ils sont toujours là avec leurs réformes du marché du travail...
Albatros a répondu le 10/08/2012 à 09:37:
Les libéraux (dont je ne partage pas l'idéologie) vont venir vous expliquer que vous vous trompez, on est pas dans le vrai libéralisme etc...Même si ce ne sont pas des "imb." comme vous dites, une autre société est à inventer où services publics, entreprises à capitaux publics seraient en cohabitation avec entreprises privés (exemple: opticiens mutualistes).
hades a répondu le 10/08/2012 à 10:23:
il faut egalement prendre en compte , que si on compte en dollard, avec mla baisse de l'euro , le cout global diminue effectivement.