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Crise grecque - 29/01/2012 | 11:15 - 572 mots

L'inquiétante descente aux enfers des médias d'information grecs

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Fermeture de journaux, licenciements, baisses drastiques des salaires: le secteur des médias en Grèce, déréglementé depuis plusieurs années et frappé de plein fouet par la crise financière, se transforme en une bulle menaçante pour l'économie du pays et sa démocratie.

Depuis le début de la crise de la dette, en 2010, deux quotidiens grecs ont fermé, Apogevmatini et To Vima, tandis qu'Elefthérotypia, journal historique de gauche et la chaîne de télévision privée Alter sont en quasi-faillite.
Le syndicat de journalistes Poesy compte "4.000 licenciements" dans le secteur et dénonce les "pressions" individuelles exercées sur les salariés pour rénegocier les contrats de travail imposant des réductions de salaires allant jusqu'à 30%.
Dans les médias publics, le personnel des trois chaînes de télévision Net, ainsi que celui de l'agence de presse Ana (semi officielle), qui s'est vu privée de subventions en 2011, a subi des coupes salariales de plus de 25%, comme tout le secteur public, et une réduction de personnel.
Caractérisés par leur nombre pléthorique --une dizaine de télés, plus de 15 quotidiens généralistes et des dizaines de mensuels pour une population d'à peine 11 millions de personnes--, les médias grecs ont connu un "boom" depuis 1990, surtout dans l'audiovisuel, favorisé par le soutien des partis politiques, l'abondant crédit bancaire et l'absence de toute réglementation.
"Avec l'entrée des capitaux privés, l'audiovisuel a été déréglementé, comme en Espagne ou au Portugal", relève Manolis Hairetakis, enseignant sur les médias à l'Université d'Athènes.
"Le système politique n'a pas voulu le réglementer, les licences dans l'audiovisuel continuent d'être temporaires et les critères pour la distribution publicitaire étatique sont opaques", rappelle-t-il.
Pour Dimitris Trimis, président du syndicat des journalistes d'Athènes "la crise des médias date d'avant la crise de la dette; c'était l'époque où leur croissance ne visait pas seulement des bénéfices, mais servait aussi des intérêts de l'élite économique et politique".
"Les employeurs n'investissent plus, les crédits bancaires dont certains avaient bénéficié ont été détournés sur des comptes personnels et le système politique ou bancaire ne peut plus financer les médias; d'où cette asphyxie qui conduit au massacre de la profession et porte atteinte au droit à l'information", ajoute M. Trimis, ancien journaliste d'Elefthérotypia.
Le porte-parole du gouvernement, Pantélis Kapsis, lui-même ex-directeur de l'information du premier groupe de presse Lambrakis, reconnaît pudiquement que "le secteur devra traverser de grands changements".
En 2011, les pertes des principaux groupes de médias ont atteint 107,7 millions d'euros tandis que les ventes des journaux ont baissé entre 9% et 20% après une chute de 25 à 30% en 2010, première année de la crise.
M. Hairetakis ne mâche pas ses mots: "Les médias sont directement contrôlés par le pouvoir, ils constituaient leur petit magasin, mais après l'écroulement de l'économie, la baisse de la demande de 10% en 2011 et la réduction de la publicité, la bulle est patente".
Les salariés du secteur ont observé de nombreuses grèves depuis deux ans. La dernière en date, les 17 et 18 janvier a privé le pays d'information, alors que le gouvernement menait des négociations cruciales sur l'effacement de la dette du pays avec ses banquiers.
Les locaux de la chaîne Alter à Athènes restent occupés par les employés, impayés depuis dix mois, tandis que les journalistes d'Elefthérotypia se réunissent chaque semaine pour réclamer des arriérés de cinq mois.
Toutefois, la mobilisation ne prend pas, compte tenu des bas salaires du secteur, de nombreux journalistes étant contraints d'avoir un deuxième emploi, ou de monnayer leur talent d'écriture dans des services de presse.
"Le peuple et l'économie du pays ne sont plus en mesure de conserver des dizaines de médias déficitaires, entretenus par la publicité étatique ou autres moyens", souligne M. Kapsis.
Empruntant au jargon informatique, M. Hairetakis estime que "la solution ne peut arriver qu'après un 'restart'+ du système politique".

latribune.fr avec AFP - 29/01/2012, 11:15  | 
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  • Bernier a écrit le 30/01/2012 à 17:22 :

    • Merci VGE. Platon va jouer en CFA maintenant ...

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  • jak2pad a écrit le 30/01/2012 à 16:00 :

    • décidément, chaque jour apporte une info de plus sur ce fonctionnement grec. à croire qu'aucun secteur ne fonctionne normalement, même pas l'Eglise ou l'Armée. c'est pourri et escroc du début à la fin . comment peut-on encore déversr de l'argent en pure perte dans ce Tonneau des Danaîdes ( invention grecque, soit dit en passant)

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  • Osheridan a écrit le 30/01/2012 à 10:36 :

    • Trop de médias tuent les médias. Puis entre l'information sur le net qui est gratuite, entre les quotidiens d'informations gratuit financés sur la publicité et le budget de l'Etat grec terriblement déficitaire, les journaux qui vivaient de l'argent public auraient du anticiper la crise, la fin. Surtout que depuis les années 2000, les crises économiques se succèdent. Alors je comprend que ce n'est pas parce qu'à un moment donné les robinets seront certainement coupés, qu'il faut éviter d'entrer dans ce marché. Comme on dit, là où il y a de l'argent il faut y aller. Mais ce que je comprends pas c'est que quand la source se tarie, les gens pleurent et ne comprennent pas. C'était évident que c'etait temporaire. Tous ces journaux grecs savaient pertinement qu'ils vivaient à crédit, qu'ils vivaient sur les financement européen et que leur gouvernement avait choisi depuis des decennies la fuite en avant. Dépenser l'argent sans pouvoir un jour etre capable de le rembourser. Sauf que l'Europe a fini par diminuer les subventions qu'elle accordait à la grèce et toute la machine à cash grecque s'est grippée. J'espere que cet exemple grec servira de leçons aux nouveaux entrants. Avant de dépenser l'argent, il faut créer des modèles économiques pour récuperer cet argent en créant de nouveaux secteurs economiques rentables (rentables en majuscule).

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  • la presse? a écrit le 30/01/2012 à 08:23 :

    • Quand on voit nos journalistes interrogés le président de la république on ne craint rien pour la descente de la presse, c'est déjà fait. Ils se sont tués tous seuls.

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  • Les Colonels a écrit le 29/01/2012 à 18:22 :

    • Pas grave. A l'allure où vont les choses, on va bientôt apprendre le renversement de Papadémos par l'armée. Au moins, elle maitrisera les médias .....

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    • Merci VGE. Platon va jouer en CFA maintenant ...

      par Bernier le 30/01/2012 à 17:22

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