À la veille de la réunion de la politique monétaire de la banque centrale des Etats-Unis (Fed), mardi 30 avril et mercredi 1er mai, les marchés sont en train de revoir leur scénario macroéconomique et le consensus sur le calendrier et le rythme de baisse des taux a complètement changé en un mois, ce qui suscite une certaine nervosité. Désormais, le consensus mise sur une seule baisse cette année en septembre prochain, mais les avis restent en réalité très dispersés.La petite musique est-elle en train de changer sur les marchés ? À la veille de la réunion de politique monétaire de la Fed (FMOC), demain et mercredi, les acteurs des marchés se posent de plus en plus de questions sur le calendrier et le rythme des baisses des taux directeurs américains.
Les dernières prévisions (dots) de la banque centrale américaine à la mi-mars tablaient toujours sur trois baisses en 2024, de 25 points de base chacune, avec une première baisse en juin. La seule certitude partagée sur le marché est que la Fed ne baissera pas ses taux dès juin prochain, alors que ce sera vraisemblablement le cas pour la Banque centrale européenne (BCE). Dans cette hypothèse, ce sera donc la première fois depuis sa création que la BCE prendre une initiative sur les taux directeurs avant la Fed.
Le marché a perdu ses certitudes
Pour le reste, c'est la grande inconnue. « Le consensus sur la baisse des taux de la Fed est complètement en train de changer et il est extrêmement volatil », note un gérant obligataire. « Les marchés ont perdu leurs certitudes », ajoute un autre gérant d'un fonds diversifié. « Le consensus est un très mauvais reflet des positions de marché qui sont devenues aujourd'hui de plus en plus polarisées », confirme Philippe Dauba-Pantanacce, économiste senior chez Standard Chartererd, responsable de la recherche sur la géopolitique mondiale.
De fait, certains qui anticipent un véritable freinage de l'économie américaine au second semestre, comme en témoignent certains indicateurs avancés, restent sur les prévisions des dots, ou au moins deux baisses de 25 points de base. D'autres, à l'autre bout du spectre, face à une inflation persistante, envisagent même une hausse des taux en 2024... !