La Tribune

Pourquoi le succès de l'offre d'échange grec ne sonne pas la fin de la crise

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Romaric Godin  |   -  820  mots
L'offre d'échange a été un succès mais les raisons de s'inquiéter ne disparaissent pas pour autant. L'agence de notation Fitch a d'ailleurs annoncé, ce vendredi, l'abaissement de la note grecque et le placement temporaire du pays en "défaut partiel"

Athènes est-elle tirée d'affaire ? On en est encore loin. Certes, le montant du stock de dette grecque est considérablement réduit et l'épée de Damoclès des remboursements des échéances disparaît. D'autant que le Fonds européen de stabilité financière versera 54,5 milliards d'euros au budget grec. Pour un temps, donc, on devrait en finir avec les coups de chaud trimestriels qui émaillent l'actualité européenne depuis deux ans. Mais pour un temps seulement. Car le déficit public grec, lui, ne va pas se résorber comme par magie.

Le scénario du FMI

Selon le scénario du FMI, le déficit primaire d'Athènes, en dehors du paiement des intérêts de la dette, devrait se situer à 1 % du PIB cette année. Dès 2013, le pays pourrait être en mesure de dégager un excédent primaire qui devra se situer à 4,5 % du PIB de 2015 à 2020. A partir de 2014, le ratio de la dette nette sur le PIB devrait commencer à reculer pour avoisiner les 129 % en 2020. Mais ce scénario, déjà considéré comme inquiétant par les dirigeants européens, apparaît cependant très optimiste. Il est basé en effet sur une baisse des dépenses publiques de 7 milliards d'euros d'ici à 2014, soit 17 % du total, sur une stabilité des recettes et sur un produit des privatisations de 50 milliards d'euros au total.

Le risque croissance

Mais plusieurs économistes doutent de la crédibilité de ce scénario qui repose sur une croissance moyenne du PIB à partir de 2015 de 4 % par an. Déjà pour 2011, la prévision d'une croissance de 1,1 % de la Troïka relève du fantasme. Le PIB grec devrait se contracter de 5 %. En supposant que la dépense publique soit réduite aussi brusquement que le prévoit le plan européen, on voit mal comment la croissance pourrait revenir rapidement en Grèce. Or, sans croissance, tous les efforts de consolidation budgétaire seront vains : les recettes continuant à reculer, on voit mal comment le déficit primaire pourrait se transformer rapidement en excédent. Encore moins comment il pourrait atteindre 4,5 % du PIB. Les experts de RBS, qui tablent ainsi plutôt sur une croissance annuelle de 2,5 % à partir de 2015, prévoient ainsi que le ratio dette sur PIB en 2020 serait alors de 160 %, soit... son niveau actuel. L'Europe n'aurait alors, selon eux, pas d'autre choix que de lancer un troisième plan de soutien. Mais les Etats membres de la zone euro accepteront-ils alors de mettre à nouveau la main à la poche ? Le risque de faillite grec n'aura donc pas disparu à long terme.

Le risque politique

A plus court terme, la question politique sera cruciale. Les Européens souhaiteraient ajourner les élections législatives anticipées prévues en avril prochain. Les derniers sondages ne sont en effet pas sans les effrayer : les trois partis à la gauche du PASOK social-démocrate totaliseraient en effet 39 % des intentions de vote, soit autant que les deux grands partis, la Nouvelle Démocratie et le PASOK. Avec une extrême gauche si forte, le risque d'une remise en cause du plan de route est élevé. On les voit mal accepter le maintien d'un tel excédent primaire sans souhaiter augmenter la dépense publique. Le pari des dirigeants européens est que si l'on attend l'échéance normale de 2015, la situation du pays sera suffisamment redressée pour affaiblir les partis contestataires. Mais la rue grecque acceptera-t-elle d'attendre jusque là alors que le gouvernement Papademos devait être provisoire et que les élections anticipées ont déjà été repoussées de février à avril ? Le risque d'une explosion sociale incontrôlée n'est pas moins grand que celui de la faillite désordonnée.

Le risque MES

Reste enfin le problème du pare-feu. En juillet, le Mécanisme européen de stabilité (MES) prendra le relais du FESF. Que lui restera-t-il en caisse ? Selon les calculs de RBS, l'aide à Athènes coûtera entre 124 et 141 milliards d'euros au FESF. Si on table sur une participation du FMI de 13 milliards d'euros, ce qui n'est pas acquis, il restera alors au FESF une capacité d'endettement de 219,9 milliards d'euros. Un chiffre absolument insuffisant pour contrer une attaque sur l'Espagne ou l'Italie. Autrement dit, la confiance dans la zone euro ne sera pas rétablie auprès des investisseurs. La solution pourrait être de combiner les forces du FESF et du MES. La balle est dans le camp de l'Allemagne. Le gouvernement Merkel l'a évoqué, mais sa majorité parlementaire fait preuve d'une forte résistance. Or, la politique européenne se fait aujourd'hui en grande partie au Bundestag. Ce facteur d'incertitude va continuer à empoisonner la zone euro, malgré le succès de l'offre d'échange grecque.

En conclusion, si les marchés se focalisent sur cette offre d'échange à court terme, son succès n'est donc nullement une amorce de la fin de la crise européenne.


 

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Commentaires

lucifer  a écrit le 09/03/2012 à 17:04 :

Au plein moment de la crise, selon la presse, nous ne pouvions pas nous en sortir, toutefois, nous pouvions nous en sortir bien que nous ne pouvions pas nous en sortir tout en pouvant peut-être nous en sortir. Lors de l'intervention de la BCE, nous pouvions peut-être nous en sortir b ien que ce sera difficile de nous en sortir tout en pouvant espérer nous en sortir. Aujourd'hui avec la Grèce, on peut s'en sortir toutefois ce n'est pas certain de s'en sortir mais on peut espérer s'en sortir, attendons l'avenir pour savoir si nous pouvons nous en sortir. L'information fait plaisir à lire.

letroll  a répondu le 09/03/2012 à 22:17:

eh ben, on est pas sorti de l'auberge :-))

Surandetté  a écrit le 09/03/2012 à 16:13 :

pour moi aussi c'est un grand succès ; mon dossier vient de passer au comité ! champagne ! lol

Bastien  a écrit le 09/03/2012 à 16:07 :

Je suis vraiment heureux de lire la plupart des commentaires à ce sujet. Il est bon nombre de lecteurs qui s'intéressent désormais au fond et non plus au vernis que l'on nous sert dans les médias de masse. Ce pays a encore un avenir.

Claire Voyant  a écrit le 09/03/2012 à 16:03 :

Les Grecs sont les plus malins..Ce qui est pris est pris, personne ne peut leur reprendre..Ils ont vécu aux frais de la princesse et des rentiers des fonds souverains, qui de toutes façons depuis que çà dure ont pris assez d'argent avec le système pour en vivre pendant 3 siècles! Les rentiers des fonds souverains vont également s'assoir sur l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la France. Profitons encore de leur générosité le plus longtemps possible avant qu'ils ne s'aperçoivent qu'ils vont être marron!

La Grèce ne pourra pas etre sauvée !  a écrit le 09/03/2012 à 15:42 :

L'ancien ministre de l'Economie argentin, Roberto LAVAGNA, a sorti son pays de la crise en 2002, en se passant des services du FMI. Il préconise la même solution pour la Grèce.

Recueilli par GÉRARD THOMAS, à Buenos Aires.

L'ancien ministre de l'Economie argentin Roberto Lavagna, 69 ans, est le principal artisan du redressement de l'Argentine engluée dans une terrible crise économique il y a dix ans. Lorsqu'il prend ses fonctions, en avril 2002, le peso vient d'être dévalué de 70%, le pays est en cessation de paiement, la dette privée s'élève à plus de 72 milliards d'euros, l'inflation annuelle flirte avec les 125% par an, le chômage explose, les petits épargnants sont ruinés et les troubles sociaux ont déjà fait plus de 30 morts dans le pays. Cet ancien ambassadeur auprès de l'Union européenne décide immédiatement de se passer de « l'aide » du Fonds monétaire international (FMI) et des marchés financiers. Quelques pistes à suivre pour la Grèce.

Quelles sont les grandes similitudes entre la crise argentine de 2001-2002 et la crise grecque ?

Au plan économique, tout est semblable. L'Argentine avait établi une parité fixe entre le peso et le dollar, la Grèce est ficelée à l'euro, perdant ainsi le contrôle de sa monnaie. Un taux de change fixe associant des pays à forte productivité et d'autres dont la compétitivité est beaucoup plus faible ne peut qu'engendrer une crise. La Grèce est déjà dans sa quatrième année de récession, l'Argentine l'était également. Le déficit fiscal, le déficit des comptes courants, la chute vertigineuse du PIB, l'endettement, l'explosion du chômage... toutes les grandes données macro-économiques sont similaires. En revanche, la situation sociale de la Grèce est bien meilleure que celle de l'Argentine à l'époque.

Au plan institutionnel, l'Argentine était par ailleurs un pays isolé alors que la Grèce fait partie de l'ensemble économique le plus puissant du monde. Comment avez-vous tiré l'Argentine du chaos ? Dès mon entrée en fonction, en avril 2002, j'ai décidé de changer radicalement notre manière de penser la sortie de crise.. Le mois suivant, j'étais à Washington pour rencontrer les dirigeants du Fonds monétaire international et leur expliquer que nos rapports allaient s'en ressentir. Depuis le début du marasme économique, en 1998, nous avions déjà eu deux programmes du Fonds pour un total de 51 milliards d'euros. Les deux ont été des échecs retentissants et certaines voix s'élevaient pour demander une troisième tournée de quelque 17 milliards supplémentaires. Je n'ai pas voulu suivre cette voie et j'ai expliqué au Fonds que nous ne voulions plus de prêt et que nous sortirions seuls de la crise. La seule chose que j'ai demandé était un roll over partiel de toutes les échéances. Je me suis également engagé à payer les intérêts de la dette et une partie du capital. Mais pas tout et pas tout de suite. Cette position était tout simplement impensable pour le FMI car nous affichions notre volonté de fixer nous même notre propre politique économique. J'ai du leur expliquer trois fois de suite ma position avant qu'ils finissent par comprendre. A partir delà nous avons arrêté de soutenir financièrement les banques alors que le FMI nous l'imposait, exigeant même que nous privatisions la Banque de la Nation. Mais comme nous étions sorti du jeu, le Fonds n'avait plus de moyen de pression sur l'Argentine!

Vous avez donc oeuvré contre le FMI et vos principaux créanciers ?

Les sorties de crise se font en dehors des chemins tracés par le FMI. Cette institution propose toujours le même type de contrat d'ajustement fiscal qui consiste à diminuer l'argent qu'on donne aux gens - les salaires, les pensions, les aides publiques, mais également les grands travaux publics qui génèrent de l'emploi - pour consacrer l'argent économisé à payer les créanciers. C'est absurde. Après 4 ans de crise on ne peut pas continuer à prélever l'argent aux mêmes. Or c'est exactement ce qu'on veut imposer à la Grèce! Tout diminuer pour donner aux banques. Le FMI s'est transformé en une institution chargée de protéger les seuls intérêts financiers. Quand on est dans une situation désespérée, comme l'était l'Argentine en 2001, il faut savoir changer la donne.

Selon vous les plans d'austérité et de rigueur ne sont pas nécessaires mais c'est pourtant ce qu'on impose à la Grèce...

A tort car l'argent prêté risque de ne jamais être remboursé et le déficit fiscal grec est plus élevé aujourd'hui qu'avant la première injection d'argent frais. Ce sont les mêmes éternelles erreurs. C'est le secteur financier qui impose sa manière de voir les choses au monde entier. On préfère sauver les banques plutôt que les gens qui ont des crédits immobiliers à rembourser. La première chose qu'on a faite nous, c'est de rallonger les échéances pour les propriétaires endettés. Les fonctionnaires du FMI nous ont alors dit que nous violions les règles essentielles du capitalisme! Ils oubliaient simplement que des gens ruinés ne consomment plus, ce qui obère une relance par la croissance. Au lieu de payer les banques, la Grèce devrait investir dans l'éducation, les sciences et la technologie, financer des infrastructures et récupérer ainsi une certaine productivité, ne serait-ce que dans les secteurs des services ou du tourisme. Vous devez avoir beaucoup d'ennemis chez les banquiers...Ils me détestent! Ce qui ne les a pas empêché de frapper à notre porte pour nous prêter de l'argent 48 heures exactement après que nous avons terminé la restructuration de notre dette en 2005!

Or j'ai refusé ces offres intéressées en leur répondant que nous ne reviendrons pas sur le marché financier avant 2014 car nous n'en avons plus besoin. Pourquoi 2014, simplement parce qu'a cette époque la dette sera seulement de 30% du PIB, la moitié des critères européens de Maastricht! Je pense qu'un pays comme l'Argentine ne doit pas être tout le temps présent sur le marché financier. C'est un risque beaucoup trop grand d'augmenter à nouveau la dette. Le problème c'est que ce sont les banquiers eux-mêmes qui estiment qu'il est positif pour l'image d'un pays d'emprunter à l'international. Il est clair que si je vendais des tomates, je trouverai très bien qu'on en mange! Eux ils vendent de l'argent.

yvan  a répondu le 09/03/2012 à 15:54:

Oui, mais non. L'Argentine s'est faite privatiser au profit de sociétés américaines et l'Argentain n'en est pas devenu plus riche. De plus, ce n'était pas à une époque de crise économique mondiale. Donc, non significatif car hors contexte. Comme le Japon et l'attaque économique de la zone asiatique dans les années 90. Ils se sont bien vengé, d'ailleurs ... :-)

Chich  a répondu le 09/03/2012 à 16:49:

De plus si le pesos était bien indéxé sur le dollar, pour la Grèce c'est complétement différent puisque sa monnaie n'est pas indéxée sur l'Euro mais EST l'Euro et n'est donc pas tributaire d'un gouvernement complétement indépendant du sien. Et si les données macro-économique semblent effectivement semblable, au niveau micro-économique les différences sont de tailles.
@yvan : par contre oui l'argentin est devenu globalement plus riche et une vraie classe moyenne a emmergé. Bien sur si on regarde à la loupe ce ne sont pas les plus pauvres qui ont bénéficié de se rebond.

Perso  a écrit le 09/03/2012 à 15:23 :

Adieu les petits milliards, on s'en tape de toutes manières ça commence à devenir lourd tout ce cirque, on est plus dans de l'économie on est dans la franche rigolade. Les Grecs restent en Europe et dans l'Euro ils n'ont qu'une seule chose à faire "ne surtout pas respecter les engagements et ne surtout pas rembourser 1 Euro", qu'ils continuent à recevoir les milliards peinard, ce n'est pas avec la plage qu'ils vont s'en sortir.

yvan  a répondu le 09/03/2012 à 15:56:

Vu ce qui se passe dans le pays, oui, tout ce qu'il leur reste est la plage. Bientôt payante...

videomagfilm  a écrit le 09/03/2012 à 13:10 :

Je suis un contribuable français, européen par contrainte, donc selon le principe d'égalité , je demande qu'on applique à la France la même décote de la dette de mon pays, sans cela le résultat actuel des aides grecques pourrait s'analyser comme une subvention et distordre la cocurrence au sein de l'union.
Ne faut-il pas appliquer à tous le monde les mêmes réglements ?

Zinzin  a répondu le 09/03/2012 à 13:52:

Il y a toujours deux poids, deux mesures. regardez chez nous avec l'affaire Tapie. Essayer d'obtenir un arrangement arbitral, vous pouvez toujours courir. Et 45 millions au seul préjudice moral c'est astronomique. C'est en France et nulle part ailleurs !

MAD146  a écrit le 09/03/2012 à 12:55 :

Seulement Deux questions!!!
1/ Qui a dit ou a cru que la crise est terminée?
2/ Les années de crédit sur lequels tous les Européens ont vécus depuis + de 30 ans n'ont ils pas profité aussi aux peuples européens?

Generation Post 80  a répondu le 09/03/2012 à 13:42:

Non, ils n'ont profité qu'à une partie des peuples européens, celle qui n'a pas à les rembourser.

Les générations les moins anciennes des pays européens endettés vont avoir le plaisir de découvrir la dette sans la "croissance" qui allait avec........

Eric  a écrit le 09/03/2012 à 12:19 :

Il est étonnant tout de même notre capitalisme et toutes les leçons qu'on nous assénées sur le libéralisme. Depuis 30 ans, l'Europe réduit plus ou moins selon les pays le niveau de vie de ses concitoyens. Et en France plus qu'ailleurs. Et là pour sauver le système qui a nourri ce fameux capitalisme, les financiers jettent par la fenêtre des centaines de milliards d'euros. En fait tout ce dont ils ont privé les peuples depuis 30 ans. Quelqu'un a parlé d'indignation, mais là, il s'agirait plutôt de se révolter.

Libre  a répondu le 09/03/2012 à 15:01:

Vous faites erruer, le libéralisme ce n'est pas le capitalisme financier. Relisez Bastiat, penseur français du 19 eme, et vous découvrirez enfin ce qu'est le libéralisme humaniste. De plus ce sont les différents gouvernements collectivistes et conservateurs qui sont responsables de la gabegie de l'état, et de ses déficits, jamais des libéraux n'ont été au pouvoir les 30 ans dernieres années en France, d'aileurs il n'y a aucun grand parti libéral en France, contrairement au reste du monde libre.

Badaboumpaf  a répondu le 09/03/2012 à 15:28:

Le niveau de vie en France aurait donc chuté ces trente dernières années? Voilà une information originale.

michel  a répondu le 09/03/2012 à 15:32:

rien absolument rien ne prouve la réduction du niveau de vie des européens depuis trente ans. Analysez bien les statistiques avant d'écrire quoique que ce soit d'inexact qui alimente le fantasme de décadence.

PB83  a écrit le 09/03/2012 à 11:28 :

Arrêter de parler de faillite pour un pays, faillite implique une saisie alors vous voyez les créanciers allez saisir des îles, des monuments, les slips des grecs etc. Pour un pays seul le défaut de paiement est légitime.

le troll  a répondu le 09/03/2012 à 12:01:

c'est l'avantage d'un pays par rapport à un ménage .. on peut arrêter de payer. La France a déjà "fait faillite" plusieurs fois dans son histoire . Et alors ? elle est toujours là, les créanciers sont morts depuis longtemps.

Toujours plus d'efforts Monsieur le journaliste  a répondu le 09/03/2012 à 13:42:

PB83, vous avez tort. Un état en faillite peut se faire saisir des actifs situés en dehors de son territoire. Les cas sont multiples, le cas du Pérou alors en faillite est célèbre par la saisie de l'avion du président péruvien alors en visite officielle à Londres, par un hedge fund bien dans son droit.

letroll  a répondu le 09/03/2012 à 21:17:

le contexte est très différent. Le Pérou était tout seul à faire faillite dans son coin, alors que nous sommes en faillite dans un monde en faillite ... le premier qui dégaine et c'est la tuerie :-))

Pascual  a écrit le 09/03/2012 à 11:00 :

Quand on pense que les "saigneurs" qui n'ont pas participé à l'édification de la Grèce avant son entrée dans la zone Euro, se sont coalisés avec les autres cosmopolites pour s'engraisser d'avantages! On peut douter de leur patriotisme! Mais pas celui du peuple grec qui va se révéler sous nos yeux avec violences!

Toujours plus d'efforts Monsieur le journaliste  a écrit le 09/03/2012 à 10:25 :

Non, l'échange n'est pas un succès. Raison: une émission d'Hellenic Railways pour EUR 412.5 millions échéance 2013, garantie par le gouvernement grec, qui inclue une clause autorisant les porteurs à constater un défaut en cas de restructuration ou modification des termes de la dette du gouvernement grec. Cette émission, soumise à la loi anglaise, n'est pas dans le périmètre des Collective Action Clauses. Du fait de ce défaut, les porteurs, s?ils représentent au moins 25% du montant total (c?est le cas de plusieurs Hedge Funds), sont en droit d?accélérer le remboursement immédiat pour la totalité de leur montant. Par voie de cross-default, les autres émissions d?Hellenic Railways peuvent techniquement être accélérées ainsi que l?ensemble des emprunts obligataires sous loi anglaise. Au total, le montant potentiel concerné représente EUR 8 à 9 milliards. On est loin d?un succès.

Tahi  a répondu le 09/03/2012 à 12:55:

c'est le problème créé par la diversité des instruments financiers : la notion de communauté des créanciers devient confuse, ceux ci ayant des intérêts divergents...

Toujours plus d'efforts Monsieur le journaliste  a répondu le 09/03/2012 à 13:38:

c'est toujours le cas pour les emprunteurs corporate ou publics. Le cas et la notion de prêteur unique n'existent pas.

Tahi  a écrit le 09/03/2012 à 10:11 :

Reprenons le cours des évènements : les créanciers privés n'ont plus confiance en la Grèce, résultat les états et institutions publiques interviennent et prêtent à la place. Bien sur cela ne règle pas le problème (la dette était devenue trop haute). On met donc les créanciers privés restant à contribution (c'est fait maintenant) : en revanche, les états et institution publiques ne consentent pas d'abandon, mais ont imposés entre temps une cure d'austérité drastique qui aggrave la situation (l'austérité était nécessaire bien sur). Pourquoi? Parce que ce serait reconnaître que l'on a substitué un risque public à un risque privé : autrement dit que le modeste contribuable européen a sauvé une partie des prêts des riches banquiers. Ce faisant l'effort consenti par les créanciers est insuffisant au regard d'une économie qui est en déroute, résultat tout sera à refaire. Les Etats perdront eux aussi une partie des fonds, mais les banques auront sauvé l'essentiel. La BCE n'ayant prêté que 1000 Md? aux banques (un tiers du PIB européen) en quelques mois et sur de simples jeux d'écritures, mais rien aux populations, elle devrait bien sur faire un effort aux copains banquiers d'ici là!

yvan  a écrit le 09/03/2012 à 9:59 :

Bizarrement, notre déficit a explosé sans avoir de gouvernement de gauche. Notre pays n'a rien compris... Et moi, encore moins.

Libre  a répondu le 09/03/2012 à 10:44:

Sachez que les conservateurs (UMP) et les collectivistes (PS) sont tous les deux des partis anti libéraux, donc c'est idem, vous n'avez pas eu le choix de l'alternative à ce jour en France.

letroll  a répondu le 09/03/2012 à 11:49:

Haaaa !! si on avait la chance d'avoir un vrai gouvernement libéral comme l'Irlande ... on serait déjà en faillite totale, alors que là ça traine en longueur :-)))

yvan  a répondu le 09/03/2012 à 12:35:

Excellent, Letroll. Je n'aurais su faire mieux ;-)))

Christophe D.  a répondu le 09/03/2012 à 13:16:

Si on avait la chance d'être un vrai pays libéral comme les États-Unis on pourrait faire marcher la planche à billet pour combler les déficits .....

yvan  a répondu le 09/03/2012 à 13:28:

Sauf, Christophe, que le Dollar recule lentement mais surement dans les échanges internationaux. On se demande bien pourquoi, tiens..? Ne pas confondre billets et salut ;-)

Libre  a répondu le 09/03/2012 à 15:15:

Un vrai pays libéral c'est comme la Suisse, première démocratie en Europe, la Canada, ou l'économie se porte bien, ainsi que l'Australie, Singapour ou bien certains pays scandinaves. Croire qu'il faut encore plus de collectivismes d'état et d?interventionnisme dans l'économie quitte à encore l'affaiblir est une ineptie keynésienne qui a conduit le monde la ou il en est. Vive le libéralisme humaniste seule protection efficace contre les dérives politiques et leurs magouilles.

cliquet  a écrit le 09/03/2012 à 9:23 :

"Les Européens souhaiteraient ajourner les élections législatives anticipées prévues en avril prochain."
Je propose, comme Berthol Brecht, de changer de peuple.
On peut aussi rapprocher cela des propos de S Huntington:
« La démocratie va-t-elle devenir trop?démocratique »
Ou encore, comme la question posée en débat lors de la réunion de la Commission Trilaterale a Kyoto en 1975:
« Le système démocratique des Etats est-il compatible avec le développement de la mondialisation ? »

Libre  a écrit le 09/03/2012 à 9:16 :

En conséquence la probable disparition de l'euro ou une forte dévaluation au minimum. En conclusion achetez de l'or vite !!! Et protégez vos économies avant de vous retrouver ruinés.

Encore un effeor Messiers Dames les journalistes  a écrit le 09/03/2012 à 8:30 :

Faites svp des tableaux chiffrés avec les principaux indicateurs car cela permettreait de ne rien oublier et de savoir de quoi on parle. Ex dans cet article concernant les moyens du FESF vous oubliez apparemment ce qui a été versé au Portugal et à l'Irlande, en tout cas c'est pas clair. Et puis vous êtes passés complètement à côté d'un montant très important 35 milliards de garantie émise hier ou avant hier en faveur de la BCE pour qu celle ci en fasse quoi? Eh bien pardi pour garantir les pertes sur les obligations souveraines grecques qu'elle détient mal achetées à 85/87.5% du nominal pour une valeur de 25% aujourd'hui (et sans doute les banques centrales de l'Eurosystème peut être mais pas sûr), puisque sans cette garantie, la BCE aurait du provisionner des pertes par rapport à la valeur de marché des obligations grecques.

pmxr  a écrit le 09/03/2012 à 8:22 :

Pourquoi le succès de l'offre d'échange grec ne sonne pas la fin de la crise... parce que c'est tout simplement un puits sans fond !

QUICK  a répondu le 09/03/2012 à 13:57:

Gagner du temps pour trouver d'autres combines les banquiers serrant les fesses; Perdre 60% aujourd'hui un succès, un moindre mal. Demain 100% ce sera la crise et non les grecs. Malheureusement le reste suivra.

les pieds dans la M.....  a écrit le 09/03/2012 à 8:14 :

Un monde s'écroule sous nos yeux. Un jour ça va le lendemain c'est la catastrophe. Le FMI et la BCE sont bien les seuls à croire à leurs fadaises.