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Le Premier ministre grec optimiste sur le retour à la croissance

Le Premier ministre Lucas Papademos (à gauche) et son ministre des Finances Evangelos Venizelos. Copyright AFP
Le Premier ministre Lucas Papademos (à gauche) et son ministre des Finances Evangelos Venizelos. Copyright AFP
latribune.fr (Source AFP)  |   -  771  mots
La Grèce renouera avec la croissance "d'ici moins de deux ans", a assuré le Premier ministre grec Lucas Papademos au Financial Times de lundi. Dans un entretien accordé à un quotidien grec, Jean-Claude Juncker, chef de file de l'eurogroupe, a de son côté jugé qu'il aurait été "plus logique de mettre dès le début l'accent sur la croissance" plutôt que de se concentrer sur l'assainissement des finances publiques.

Le Premier ministre grec Lucas Papademos s'est montré optimiste concernant un retour de la croissance dans son pays dans une interview publié dans le Financial Times de lundi. "Je suis convaincu que nous avons fait plus de la moitié du chemin de la reprise économique, même si le processus de consolidation budgétaire prendra plus de temps. Des taux de croissance positifs devraient être atteints d'ici moins de deux ans", a délaré le dirigeant grec au quotidien économique. Selon lui, "une grande majorité silencieuse" du peuple grec est prête à tout pour rester dans la zone euro, malgré les manifestations quasi quotidiennes contre la cure drastique d'austérité adoptée par Athènes sous la pression du Fonds monétaire International (FMI) et de l'Union européenne.

Le FMI a de nouveau révisé à la baisse la semaine dernière ses prévisions pour le pays méditerranéen: selon l'institution, la Grèce devrait sortir de la récession en 2013, mais sa croissance sera nulle cette année-là après une quatrième année de lourde contraction du PIB, de 4,8%, en 2012. Malgré la crise, "nous ferons tout ce qui est nécessaire pour assurer que c'était la dernière restructuration de dette souveraine grecque", a affirmé Lucas Papademos.

La Grèce a procédé le 12 mars à un échange de dette sans précédent, première étape de la restructuration de son lourd passif budgétaire, avec pour objectif un retour sur les marchés financiers en 2015. Cette restructuration, qui doit effacer au total quelque 105 milliards d'euros de dette détenue par les créanciers privés vise à ramener la dette totale du pays à 120,5% du PIB d'ici 2020, contre 160% du PIB actuellement (soit plus de 350 milliards d'euros). Mais selon un nouveau rapport de la troïka de ses créanciers (UE, Banque centrale européenne et FMI) publié la semaine dernière, la Grèce va devoir faire de nouveaux efforts d'ajustement budgétaire dans les deux prochaines années pour atteindre les objectifs fixés en échange du second plan d'aide.

Juncker : "Nous nous sommes montrés durs à l'égard de l'assainissement des finances"

Mais alors que ce nouveau rapport évalue à 12 milliards d'euros les efforts nécessaires pour que la Grèce retrouve un niveau de dette jugé soutenable, soit 120% du PIB d'ici à 2020, le chef de file de l'eurogroupe Jean-Claude Juncker a estimé dimanche que les mesures prises se concentrent trop sur l'assainissement des finances publiques et pas assez sur la relance de l'économie grecque. "Je crois qu'on n'a pas suffisamment mis l'accent sur la dimension de la croissance au problème général grec. Nous avons surtout insisté sur l'assainissement des finances publiques sans donner de solution alternative ou laisser le choix à la Grèce (...)", a t-il dit au quotidien grec Kathimérini.

"Nous nous sommes montrés durs à l'égard de l'assainissement des finances mais très faibles à l'égard de l'autre paramètre important, celui de la croissance (...)", a-t-il indiqué, en soulignant qu'il regrettait "l'aggravation des conditions de vie des Grecs". Jean-Claude Juncker a ainsi jugé qu'il aurait été "plus logique de mettre dès le début l'accent sur la dimension de la croissance (...), la Grèce traversant maintenant sa cinquième année de récession". Les coupes importantes dans les salaires et les retraites ainsi que la hausse des taxes imposées à la Grèce depuis 2010 par la zone euro et le FMI, en échange des prêts pour faire sortir le pays de la crise, ont favorisé l'aggravation de la récession, l'économie ayant accumulé un recul de 15% ces dernières années, provoquant la colère de la rue.

Pour sa part, le chef de la mission du FMI en Grèce, Poul Thomsen, reconnaît "en regardant en arrière, que certains changements auraient dû être effectués d'une façon différente". "Par exemple, je crois que le programme (d'assainissement de l'économie grecque) a été trop basé sur l'augmentation de l'imposition alors qu'il aurait fallu insister plus sur la réduction des dépenses publiques", a indiqué Poul Thomsen dans un entretien publié dimanche dans l'hebdomadaire grec To Vima. Il a toutefois insisté sur la baisse des salaires effectué car le coût salarial "doit s'adapter à la productivité basse du pays afin de favoriser la compétitivité". "Le non ajustement des salaires est la raison principale pour le taux élevé du chômage", souligne Poul Thomsen. Il a annoncé la nécessité de l'adoption prochainement de nouvelles mesures d'économie "de l'ordre de 5,5% du PIB en réduisant les dépenses publiques".

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Commentaires

Lol  a écrit le 19/03/2012 à 11:04 :

Tout ceci n'est que poudre aux yeux. Ah! Pauvre Europe !