Climat : l'ONU appelle à investir davantage dans la technologie

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L'institution estime notamment qu'investir dans six secteurs clés tels que l'agriculture, la construction, l'énergie, la foresterie, l'industrie et les transports moins de 100 dollars par tonne de CO2 évitée permettrait d'atteindre les objectif de l'Accord de Paris.
L'institution estime notamment qu'investir dans six secteurs clés tels que l'agriculture, la construction, l'énergie, la foresterie, l'industrie et les transports moins de 100 dollars par tonne de CO2 évitée permettrait d'atteindre les objectif de l'Accord de Paris. (Crédits : Reuters)
Si tous les Etats parties de l'Accord de Paris tenaient leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'augmentation de la température sur la planète atteindrait probablement 3-3,2°C avant 2100, et l'objectif de 2°C voire de 1,5°C ne serait donc pas respecté, calculent les Nations unies dans leur 8e rapport annuel "Emissions Gap". Mais investir dans les bonnes technologies pourrait sauver la mise.

Nouvel avertissement de l'Onu. Un an après l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris, dans la 8e édition de leur rapport annuel "Emissions Gap", les Nations unies mettent encore une fois en garde: les engagements pris par les Etats parties pour la mise en oeuvre du traité adopté à la COP21 en décembre 2015 sont largement insuffisants par rapport à l'objectif fixé, à savoir de limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport aux températures de l'époque préindustrielle -voire, si possible, à 1,5°C. Ces "contributions déterminées au niveau national" ("nationally determined contributions", NDC)  n'assurent en effet qu'un tiers de la réduction des émissions qui serait nécessaire à l'horizon 2030, et ne sont pas suffisamment compensées par les actions des collectivités territoriales ou du privé, calcule l'institution.

Même si toutes les NDC étaient tenues, en 2030 les émissions de CO2 dépasseraient de 11-13.5 gigatonnes (GtCO2e) par an, celles requises pour rester dans la trajectoire des 2°C, et de 16-19 GtCO2e la limite imposée par l'objectif de 1,5°C. Le plafond des émissions compatibles avec ces scénarios serait d'ailleurs déjà atteint à cette date. L'augmentation de la température sur la planète atteindrait donc probablement 3-3,2°C avant 2100, calcule l'Onu. Et l'horizon pourrait bien être encore plus sombre si les Etats-Unis quittaient, comme Donald Trump l'a promis, l'Accord de Paris en 2020.

Six secteurs clés

Des solutions existent toutefois déjà pour rattraper le retard, rappelle l'Onu qui, parmi celles-ci, met notamment l'accent sur l'innovation. "Si nous investissons dans les bonnes technologies, en nous assurant de la participation du secteur privé, nous pouvons encore tenir la promesse que nous avons faite à nos enfants de protéger leur avenir. Mais nous devons agir maintenant", souligne, dans le communiqué de presse de présentation du rapport, Erik Solheim, chef d'Onu Environnement.

L'institution estime notamment qu'investir dans six secteurs clés tels que l'agriculture, la construction, l'énergie, la foresterie, l'industrie et les transports moins de 100 dollars par tonne de CO2 évitée permettrait d'émettre 36 GtCO2e de moins chaque année d'ici à 2030, et ainsi d'atteindre les objectif de l'Accord de Paris. "L'élimination biologique du CO2 peut jouer un rôle immédiat, et peut également contribuer de manière significative à la réalisation de plusieurs autres objectifs de développement durable (ODD). Des options technologiques comme la capture directe de l'air et la minéralisation sont encore au stade pilote", souligne le rapport.

En mettant l'accent seulement sur les actions à plus haut potentiel, concernant l'énergie solaire et éolienne, l'efficacité énergétique, les voitures économes en carburant ainsi que le reboisement, l'on pourrait atteindre une baisse des émissions de 22 GtCO2e en 2030, avec des coûts "modestes" voire "négatifs". Une gigatonne correspond plus ou moins aux émissions annuelles liées aux transports -en incluant l'aviation- de l'ensemble de l'Union européenne, rappelle l'Onu.

Les centrales à charbon dans le collimateur

Le rapport met également l'accent sur la nécessité d'accélérer la fermeture des centrales à charbon existantes -tout en gérant de manière "prudente" les questions liées aux emplois ainsi supprimés, aux intérêts des investisseurs et à la stabilité des réseaux d'électricité. Si toutes les 6.683 centrales en activité au monde (avec une capacité totale de 1.964 GW) continuent de fonctionner comme aujourd'hui jusqu'à la fin de leur durée de vie, elles émettront en effet dans leur ensemble 190 Gt de CO2, auxquelles s'ajouteraient les 150 Gt produites par les centrales en construction ou pré-construction en 2017 (respectivement 273 et 570 GW de capacité additionnelle), calcule le rapport.

Autre levier d'action: la réduction d'autres gaz à effet de serre tels que le méthane dont les émissions (contrairement à celles de CO2, qui stagnent depuis 2014) continuent d'augmenter. L'amendement de Kigali au Protocole de Montréal concernant les hydrofluorocarbures pourrait notamment contribuer significativement à la la réduction du réchauffement sur le long terme -même si sa mise en oeuvre serait trop tardive pour un impact à l'horizon 2020.

L'action des villes et du privé fondamentale

A la veille du début de la COP23, l'Onu invite donc tout d'abord les Etats à rehausser leurs ambitions et à revoir leurs politiques, en leur rappelant les prochaines "dernières opportunités": le "dialogue de facilitation" entre les parties de la COP prévu pour 2018 et la révision des NDC en 2020. Mais il souligne également l'importance de l'action des collectivités locales et du privé, dont dans l'ensemble on compte déjà quelque 12.000 engagements -plus ou moins crédibles et transparents.

"Les 100 sociétés principales cotées en Bourse du monde, par exemple, sont responsables d'environ un quart des émissions globales de gaz à effet de serre, ce qui montre qu'il y a encore bien de place pour davantage d'ambition", souligne le rapport.

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Commentaires
a écrit le 31/10/2017 à 19:36 :
3° d'ici 2100... plus 1° au XXè siècle = 4° en 200 ans.
4°, ça fait quoi ?
Heu... c'est ce qui a fait reculer l'âge glaciaire. Le permafrost qui recouvrait la France jusqu'à Valence a, heureusement pour nous, disparu. Et le niveau des mers s'est élevé de 130 m !
Donc, dans moins d'un siècle la terre sera complètement transformée. +4° degré en moyenne, cela implique des plus 10 ou 15° localement. Bon courage.
a écrit le 31/10/2017 à 18:14 :
Les courbes du CO2 et équivalents, suivent celle de la démographie mondiale. C'est pas compliqué à comprendre. Plus de population, plus de consommation, plus de production, plus de pollution.

Trump et ses semblables hors USA ont un slogan dont ils sont fiers : "A terme, nous allons tous mourir ! "

En clair "Après nous, le déluge !" - A quand un Tribunal Pénal international pour crime contre l'humanité ?
a écrit le 31/10/2017 à 14:12 :
ET c'est exactement l'inverse que les oligarchies mondiales font, ils misent sur le pétrole, le chimique et le nucléaire à fond trois puissants vieux lobbys qui ne sont pas prêt de disparaitre, l'humanité aura disparu avant.

Tant que les actionnaires milliardaires gagneront 20% de revenus par an en investissant sur la destruction de la planète ils continueront d'investir sur la destruction de la planète nous le savons tous mais comme il ne faut surtout pas embêter les principaux corrupteurs de nos politiciens la planète continue de dépérir sous le poids de leurs investissements obscurantistes.

"Pesticides 
et faux 
"experts"
 http://www.sudouest.fr/2017/10/26/la-chronique-de-jean-claude-guillebaud-pesticides-et-faux-experts-3901942-10178.php

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