La surcapacité industrielle chinoise inquiète de plus en plus

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Les surcapacités de la Chine inquiètent la chambre de commerce de l'Union européenne, à titre d'exemple, en deux ans, la Chine a produit plus de ciment que les Etats-Unis en un siècle.
Les surcapacités de la Chine inquiètent la chambre de commerce de l'Union européenne, à titre d'exemple, en deux ans, la Chine a produit plus de ciment que les Etats-Unis en un siècle. (Crédits : China Daily China Daily Information Corp - CDIC/Reuters)
Les colossales surcapacités de production industrielles chinoises, notamment dans l'acier, continuent de gonfler face à une demande toujours terne, pénalisant la croissance du pays et menaçant l'économie mondiale, avertit ce lundi la Chambre de commerce de l'Union européenne (UE) à Pékin.

Article publié le 22/02/2016 à 08h48, mis à jour à 10h28.

De la sidérurgie au ciment, en passant par l'aluminium, de nombreux secteurs de l'industrie lourde sont plombés par des excédents de capacités en Chine. Résultat d'une multiplication des investissements - souvent à crédit - alors même que la demande fléchissait, doublée d'un violent refroidissement du marché immobilier et de la construction dans le pays. La Chambre de commerce de l'Union européenne à Pékin, a détaillé ses craintes pour l'économie mondiale dans un épais rapport publié ce lundi.

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"Les surcapacités sont depuis de longues années une plaie de l'industrie chinoise, plombant des dizaines de secteurs, avec de profondes répercussions sur l'économie mondiale et sur la croissance de la Chine en particulier", prévient la Chambre de commerce de l'UE.

En deux ans, la Chine a produit plus de ciment que les États-Unis en un siècle

L'ampleur du problème donne le vertige: les aciéristes chinois produisent désormais davantage que les quatre autres principaux pays producteurs réunis (Japon, Inde, États-Unis, Russie), mais la moitié d'entre eux sont déficitaires. Et en deux ans, la Chine a produit davantage de ciment que les États-Unis pendant tout le XXe siècle.

Pékin, conscient du problème et désireux d'engager une transition économique au profit des services et des industries technologiques, vante ses efforts pour réduire ces surcapacités industrielles, en durcissant ses régulations, en encourageant les fusions et restructurations, et en restreignant les prêts et subventions publiques aux firmes "zombies" incapables de redevenir rentables.

Des secteurs largement subventionnés

"Mais le pouvoir central rencontre une farouche résistance de la part des gouvernements locaux (provinces et municipalités), inquiets des conséquences sur l'emploi" et sur leurs recettes fiscales, souvent en l'absence d'un autre secteur économique alternatif capable de prendre le relais localement, a indiqué à quelques journalistes Joerg Wuttke, président de la Chambre.

"Ces secteurs en surcapacités sont déconnectés des forces de marchés et reposent largement sur le soutien des administrations locales" qui investissent des fonds et facilitent l'obtention de crédits, relève-t-il.

Avec la récente envolée des prêts bancaires en Chine, dopée par une politique monétaire ultra-accommodante, les risques de créances douteuses et de défauts de paiement grimpent fortement... concernant essentiellement ces mêmes secteurs industriels.

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"Et l'impact à l'étranger se fait déjà sentir", insiste le président de la Chambre: car la situation aggrave le ralentissement de la deuxième économie mondiale, affecte certaines firmes européennes fournisseurs d'équipements industriels, mais surtout parce que Pékin tente d'écouler ses surplus de production à travers le monde.

Le déferlement de l'acier chinois, à des prix défiant toute concurrence, alimente la dégringolade des cours et compromet la fragile reprise des sidérurgistes européens et américains. Patrons et salariés du secteur sidérurgique européen, appuyés par plusieurs gouvernements, ont défilé la semaine dernière à Bruxelles pour protester contre cette concurrence chinoise, demandant à l'UE de durcir ses mesures antidumping pour sanctionner les pratiques "anticoncurrentielles" chinoises.

Un millier de mines de charbon bientôt fermées

Comme pour montrer sa bonne volonté, l'administration nationale de l'énergie chinoise a annoncé dans la foulée, ce lundi, la fermeture prochaine de plus d'un millier de mines de charbon en 2016. Ces mines ont une capacité de production cumulée de 60 millions de tonnes. Leur fermeture s'inscrit dans un vaste plan, dévoilé le 5 février, visant à supprimer quelque 500 millions de tonnes de capacités de production de charbon dans les trois à cinq ans à venir.

(Avec AFP, Reuters)

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Commentaires
a écrit le 22/02/2016 à 11:54 :
C'est bizarre une fois on lit "La surcapacité industrielle chinoise inquiète de plus en plus", une autre fois on lit "La surcapacité industrielle, de production .........se régulera d'elle même, c'est la mondialisation!". Dixit les "experts économistes". En fait ce qui doit inquiéter c’est que tout se régule de lui même, mais plus au niveau d'un pays, d'un continent, mais au niveau de la planète. Alors évidemment on a les même phénomènes tectoniques mais au niveau économique. Ça va encore secouer un bon moment!!!!
a écrit le 22/02/2016 à 11:44 :
Et oui , il y a quelques années le monde voyez un gros marché en Chine et maintenant tout ce beau monde voit les problèmes que cela comporte et ce n'est pas fini.
a écrit le 22/02/2016 à 11:12 :
Au lieu d'inonder le monde de produits de piètre qualité ,la Chine pourrait faire chez elle ce que nous avons fait en France et ailleurs en Europe.C'est à dire équiper le pays entier( des campagnes les plus reculées aux montagnes les plus éloignées)de réseaux électriques,d'eau potable,d'eaux usées etc. Avec bien sûr,les stations de traitement d'eau potable et usées, comme ici .
Mais cela a un cout et n'apporte pas de profit immédiat.Par contre des dizaines de millions de personnes seraient occupées pendant des décennies.
Et je ne parle pas de la lutte contre la pollution.......
a écrit le 22/02/2016 à 9:36 :
Ben oui, à force de délocaliser dans les pays à main-d'œuvre pas chère et de tuer par la-même nos propres industries, on se réveille un matin en se disant que si les Chinois inondent les marchés de leurs produits, on finit de couler parce qu'on a plus d'alternatives chez nous. Nous "avons travaillé avec peine à notre propre suicide", mais nous y sommes parvenus :-)

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