Brexit : Francfort pourrait accueillir jusqu'à 100.000 nouveaux emplois

 |   |  559  mots
L'horizon des grattes-ciels appartenant aux banques d'affaires, à Francfort, en Allemagne.
L'horizon des grattes-ciels appartenant aux banques d'affaires, à Francfort, en Allemagne. (Crédits : REUTERS/Kai Pfaffenbach)
Un an après le référendum en faveur du Brexit, la région de Francfort semble bien partie pour gagner la course à la relocalisation qui l'oppose aux autres places financières d'Europe. Le siège de la Banque centrale européenne constitue un atout de poids.

Francfort, la nouvelle "Mainhattan" ? La cinquième ville la plus peuplée d'Allemagne devrait profiter du Brexit et du déménagement des banques de la City vers d'autres grandes villes européennes d'ici mars 2019 - date officielle du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne. La région du Rhin-Main qui englobe la métropole pourrait gagner jusqu'à 100.000 nouveaux emplois dans les quatre prochaines années, d'après une étude commandée par Frankfurt Main Finance et publiée vendredi.

La BCE, atout décisif

Alors que les Européens installés au Royaume-Uni commencent déjà à fuir le pays, la majorité des banques ont déjà fait part de leur préférence pour "Mainhattan" - surnom donné à la ville en référence au Main, l'affluent du Rhin la traversant - qui aurait l'avantage d'être le siège de la Banque centrale européenne (BCE). Dans les trois prochaines années, le milieu financier de l'une des plus importantes places boursières d'Europe verrait arriver 10.000 emplois supplémentaires selon le rapport.

La ville jumelée à Lyon et Milan possède plusieurs cordes à son arc pour attirer les banquiers londoniens. Tout d'abord, en tant que quatrième place financière européenne -derrière la capitale britannique, Zurich et Luxembourg-, et première plate-forme aéroportuaire d'Allemagne, elle fait logiquement partie des favorites pour remporter le marché des grands déménagements des banques de la City.

Mais c'est la présence de la BCE sur ses terres qui attire majoritairement les établissements financiers. Des banques comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, ou Daiwa auraient déjà prévu de faire venir leurs employés au Royaume-Uni vers leur quartier européen sur les rives du Main, avec à la clé des centaines de créations d'emplois. Deutsche Bank, la plus importante banque d'Allemagne, pourrait rapatrier à elle seule près de 4 000 emplois vers le continent, sur les 9.000 qu'elle compte outre-Manche. Des importants mouvements de foule qui devraient, selon l'étude, rapporter entre 136 et 191 millions d'euros de rentrées fiscales supplémentaires. Et une croissance rapide qui reste un "défi" à organiser d'après Hubertus Väth, le directeur de Frankfurt Main Finance.

Des emplois pas seulement dans le secteur financier

Le secteur financier ne sera pas le seul à profiter de cet afflux d'emplois. Les analystes prévoient des "effets multiplicateurs" qui impliquerait une croissance dans d'autres secteurs d'activité. Le quartier d'affaires de la ville la plus riche d'Allemagne - le PIB par habitant y est supérieur à 85.000 euros - ne devrait ainsi pas être l'unique branche à profiter de l'embellie économique de la ville. Les chercheurs s'accordent sur des projections allant de 21.300 emplois non-financiers créées dans le pire des cas à 88 000 dans le scénario le plus optimiste.

La région entourée de la Bavière et du Bade-Wurtemberg ressentirait d'ores et déjà les conséquences de ces bonnes prévisions : le Daily Mail révélait en juillet que les prix de l'immobilier haut de gamme avaient augmenté de 11% sur un an aux alentours de Francfort, contre 6% dans les autres grandes villes du land allemand. L'étude de la Deutsche Bank citée par le journal anglais précise également que les prix "devraient continuer à augmenter rapidement au cours des prochaines années".

>> Aller plus loin Brexit : quelle ville va profiter de l'aubaine ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/08/2017 à 10:36 :
Dans le même temps la glissade de la livre par rapport à l'€ se poursuit (certes ça rend les exportations britanniques artificiellement plus cmpétitives, encore faudrait-l que le RU produise des biens exportables pour que ça ait un intérêt....). Mais ça provoque aussi une réelle inflation importée (qui atteint 2,6%) sans que les salaires puissent suivre, donc une amputation nette du pouvoir d'achat des particuliers (il ne faut pas s'étonner que la consommation et la croissance marquent le pas). Ceux qui ont cru que le brexit pourrait améliorer leur sort en sont pour leurs frais.
a écrit le 26/08/2017 à 8:55 :
C'est amusant cette propagande. Le transfert d'emplois suppose un effondrement de la place financière de Londres. Voilà, il suffit de l'écrire pour voir le ridicule de l'hypothèse...
a écrit le 25/08/2017 à 22:39 :
le brexit c'est comme le foot, c'est l'Allemagne qui gagne à la fin.
a écrit le 25/08/2017 à 21:59 :
Pour résumer un lobby financier de Francfort (et qui s'assume comme tel cf site web) commande à une école de commerce du coin un prospectus sur un sujet où les deux parties ont interêt à faire passer le même message.
C'est un peu comme si Greenpeace commandait une étude à WWF pour déterminer quelle sera la part des énergies renouvelables en 2050 . Question impartiabilité: zéro.
a écrit le 25/08/2017 à 20:09 :
Ça c'est une tactique pour renforcer l'économie Allemand-suisse, les élites de la vielle Europe, encore une politique de protectorat populiste.
a écrit le 25/08/2017 à 19:53 :
Un atout , la BCE ?
C'est surtout l'administation française qui est un repoussoir . Osez l'écrire .
Réponse de le 25/08/2017 à 22:38 :
La BCE est un vrai lieu de pouvoir.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :