Dépenses publiques de protection sociale : la France et le Danemark en tête en Europe

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En Europe, les dépenses publiques consacrées à la protection sociale atteignaient 28,7% du PIB en 2014. C'est en France qu'elles sont les plus élevées (34,3% du PIB) mais ceci s'explique par la structure du système de protection sociale qui laisse moins de place au privé que dans d'autres pays.
En Europe, les dépenses publiques consacrées à la protection sociale atteignaient 28,7% du PIB en 2014. C'est en France qu'elles sont les plus élevées (34,3% du PIB) mais ceci s'explique par la structure du système de protection sociale qui laisse moins de place au privé que dans d'autres pays. (Crédits : © Eric Gaillard / Reuters)
Les dépenses de protection sociale représentent 34,3% du PIB en France et 33,5% au Danemark. Mais les comparaisons européennes doivent tenir compte des différents systèmes nationaux de protection sociale ainsi que des structures démographiques.

Voilà des données européennes qui ne vont pas manquer de faire réagir à quelques mois de l'élection présidentielle française. De fait, la question du niveau des dépenses publiques est au centre du programme de François Fillon qui veut les réduire de 100 milliards d'euros sur cinq ans. Et parmi ces dépenses, bien sûr, figurent en bonne place celles allouées à la protection sociale. Là aussi, François Fillon a avancé des solutions drastiques en matière d'assurance maladie avant d'amorcer un repli stratégique.

Les dernières statistiques européennes en matière de dépenses de protection sociale, publiées par Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, vont certainement venir alimenter le débat.

Selon ces données, globalement, depuis 2011, les dépenses de protection sociale ont légèrement augmenté dans l'Union européenne (UE), passant de 28,3% du PIB en 2011 à 28,7% en 2014. En 2014, les deux principales sources de financement de la protection sociale au niveau de l'UE étaient les contributions publiques provenant des impôts, comptant pour 40% des recettes totales, et les cotisations sociales pour 54%.

Des dépenses publiques supérieures en France et au Danemark

La moyenne de l'UE continue cependant de masquer de fortes disparités d'un État membre à l'autre. En 2014, les dépenses de protection sociale représentaient au moins 30% du PIB en France (34,3%), au Danemark (33,5%), en Finlande (31,9%), aux Pays-Bas (30,9%), en Belgique (30,3%), en Autriche ainsi qu'en Italie (30,0% chacun). En revanche, à l'autre bout de l'échelle, les dépenses de protection sociale étaient inférieures à 20% du PIB en Lettonie (14,5%), en Lituanie (14,7%), en Roumanie (14,8%), en Estonie (15,1%), en Bulgarie et en Slovaquie (18,5% chacune), à Malte et en Pologne (19,0% chacun), en République tchèque (19,7%) et en Hongrie (19,9%).

Mais attention à la lecture de ces statistiques, ces écarts reflètent des différences de niveaux de vie, bien entendu, mais illustrent également la diversité des systèmes nationaux de protection sociale ainsi que des structures démographiques, économiques, sociales et institutionnelles propres à chaque État membre, comme le souligne fort justement Eurostat. Par exemple, dans certains pays, des complémentaires retraites individuelles et privées ne seront pas prise en compte, par définition, dans les dépenses publiques allouées à la protection sociale. En France, à l'inverse, les régimes complémentaires Arrco et Agirc, qui sont obligatoires, sont pris en compte dans ces dépenses. Le même raisonnement prévaut en matière de dépenses santé. En d'autres termes, la place laissée au privé en France pour la prise en charge de la protection sociale est moindre que dans d'autres pays.

Luxembourg et Danemark en tête pour les dépenses par habitant

D'ailleurs, en 2014, les dépenses de protection sociale par habitant, exprimées en "SPA" (standard de pouvoir d'achat), qui permet d'éliminer les différences de niveaux de prix entre les pays, révélaient de grandes différences entre États membres de l'UE. Après le Luxembourg, les dépenses les plus élevées par habitant étaient enregistrées au Danemark, aux Pays-Bas et en Autriche aux alentours de 35% à 40% au-dessus de la moyenne de l'UE, suivis de l'Allemagne et de la France (à environ 30% au-dessus de la moyenne) ainsi que de la Belgique, de la Finlande et de la Suède à environ 20% au-dessus de la moyenne. La dépense par habitant la plus faible a quant à elle été relevée en Roumanie, à plus de 70% en-dessous de la moyenne de l'UE, suivie de la Bulgarie et de la Lettonie (avec des niveaux entre 65% et 70% inférieurs à la moyenne de l'UE).

La place des pensions de vieillesse prépondérante en Grèce

En moyenne dans l'UE, les pensions de vieillesse et de survie représentaient 45.9% des prestations sociales totales en 2014 et constituaient la principale dépense de protection sociale dans quasiment tous les États membres. La part des pensions de vieillesse et de survie dans le total des prestations sociales était la plus élevée en Grèce (65,0%) - d'où l'importance du niveau des pensions dans ce pays dans la polémique qui l'oppose à ses créanciers -, en Pologne (60,4%), en Italie (58,6%), au Portugal (57,5%), à Chypre (55,5%) ainsi qu'en Roumanie (55,1%), tandis qu'elle était la plus faible en Irlande (29,8%), au Luxembourg (37,7%), en Allemagne (39,2%) et en Belgique (40,3%).

Les prestations de maladie, de soins de santé et d'invalidité comptaient en 2014 pour 36,5% des prestations sociales totales dans l'UE. Elles représentaient la plus grande part de dépense de protection sociale en Irlande, en Allemagne  et en Croatie. Parmi les États membres, la part de ces dépenses variait de 23,3% à Chypre et 26,1% en Grèce à 42,3% aux Pays-Bas, 42,8% en Allemagne et 45,8% en Croatie.

Enfin, en moyenne dans l'UE en 2014, les prestations familiales représentaient 8,5% des prestations sociales totales, les prestations de chômage 5,1% et les prestations liées au logement et à l'exclusion sociale 4,0%. La part des prestations familiales s'échelonnait de 3,1% aux Pays-Bas à 15,6% au Luxembourg. La part des prestations de chômage variait de 1,0% du total en Roumanie à 13,8% en Irlande, et celle des prestations liées au logement et à l'exclusion sociale entre 0,2% en Grèce et 7,7% au Royaume-Uni.

Mais, une fois encore, ces données sont à prendre avec précautions, tant les régimes différent d'un pays à un autre. Sans oublier les critères démographiques et de niveau de vie.

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Commentaires
a écrit le 29/12/2016 à 19:35 :
Au lieu de tous critiquer des dépenses qu'on a tous droit ou eu droit un jour et qui nous ont à tous été/seront utiles, pourquoi ne pas critiquer plutôt les gouffres financier comme les factures des campagnes présidentielles qui sont largement inutiles et couteuses? Et y en a beaucoup d'autres comme ça, les avantages à vie des ex président ( leur salaires à vies car ils dépenses quoi vu tous leurs avantages qu'ils conservent?), cumules (voir même souvent fictifs vu les sièges vides des assemblées / sénats)... Y a du ménage à faire mais pas sur NOTRE dos... Commencez à réfléchir plutôt que de toujours les écouter bêtement en nous montant toujours les uns contre les autres pour qu'on ignore leur train de vie à eux !!!!
a écrit le 24/12/2016 à 15:46 :
le partage des richesses et bon pour l economie,, celui qui ne comprend pas cela qu il retourne a l ecole, l argent et un moyen d echange d achat et de ventes il faut qu il circule; un peut comme l eau dans la nature qui fais un cycle , pluie ruiseau riviere mers evoparation ext,,
a écrit le 23/12/2016 à 9:11 :
On est content d'être classé avec les pays nordiques où habitent des gens heureux plutôt qu'avec les ex pays communistes qui ont encore du chemin à parcourir avant de faire vivre décemment leur population. Mais ceci dit (et comme souvent) ces chiffres ne permettent pas de savoir si les services (retraite, santé) sont meilleurs chez nous qu'ailleurs quelque soit le statut de l'opérateur qui les fournit (public, privé) en terme de rapport qualité/prix. Après qu'on soit avec les nordiques dans une société plus solidaire où on prend de l'argent aux riches pour le donner aux pauvres, cela ne me dérange pas (car entre autres, cela ne pénalise pas l'économie du pays comme on le constate avec les bons indicateurs des pays du nord) et c'est une autre question. Séparons donc clairement la production des services (avec des redevances ou du contributif) et la redistribution (avec l'impôt) et on y verra plus clair dans les analyses.
a écrit le 22/12/2016 à 16:15 :
Les grands patrons ont massivement délocalisé leur production parceque l'ouvrier français était trop cher, ils ont voulu une France sans usine et ils l'ont eu.
Résultats: le chomage a explosé, les aides sociales ont augmenté, les charges sur les entreprises ont augmentées, la qualité des produits de marque française s'est effondré ainsi que leur réputation.

Quant à la politique familiale française, je persiste à penser qu'il s'agit d'un investissement pour l'avenir et que nos voisins europeens qui n'ont pas fait cet effort budgétaire ne vont pas tarder à comprendre leur erreur.
a écrit le 22/12/2016 à 16:01 :
Très drôle ce titre, en fait nous sommes devant le Danemark donc numéro 1 en Europe pour nos dépenses très sociales, d'assistanat surtout. Pourvu que ça dure, disait Mme Mamie Bonaparte, mais 1815 est arrivé, bientôt le Waterloo des dépenses sociales d'une France en faillite pour bientôt ?
Réponse de le 23/12/2016 à 14:21 :
assistanat ? Donc il faut laisser les pauvres crever de faims et de maladies dans la rue selon toi ??? ...
Les plus grands assistés de la terre, ce sont les riches, car les riches sont de plus en plus riches, et 1% de la population mondiale possède 50% des richesses mondiales.
a écrit le 22/12/2016 à 15:41 :
Voilà une bonne nouvelle, oui car dans 3 semaines je n'aurais plus jamais a payer ces avantages sociaux. Vive l'expatriation...
Réponse de le 23/12/2016 à 9:14 :
J'espère que vous ne comptez pas non plus sur la retraite par répartition
Réponse de le 23/12/2016 à 15:19 :
Réponse à Patoche, félicitations encore un de plus expatrié qui ne paiera plus rien en CSG, CRDS, CASA et peut être I.R.
Mais l'expatriation vous fera tout de même cotiser pour l'assurance maladie
Quant à la retraite par répartition de Théophile, sachez que tous les français ont été encartés dans ce régime stupide de retraite, sans aucune possibilité d'en choisir un autre système. Alors avec 1,3 salarié pour un retraité il n'en n'a plus pour longtemps à perdurer. ID° pour l'assurance maladie et l'ensemble des cotisations ponctionnées sur la fiche de paie.
a écrit le 22/12/2016 à 15:03 :
Peu importe le niveau absolu de dépense sociele, le seul vrai problème est que ces 3% à peu près de dépense sociale en plus par rapport à des pays comparables sont payés à crédit par du déficit et de la dette, et c'est ça qui rend notre modèle social intenable dans la durée. Il va être temps de faire des choix entre les différentes interventions : le petit risque médical OU la politique familiale OU les retraites OU l'aide au logement.
Réponse de le 23/12/2016 à 9:24 :
Il n'y a aucune miscibilité entre les différentes dépenses que vous indiquez. La santé et la retraite sont des services qui doivent de toute façon être financés dans tous les pays que les opérateurs soient privés ou publics. La production de ces services doit être bien gérée c'est tout. Tout le reste (remboursement de l'abonnement à l'assurance santé, famille, aide au logement) est une affaire de solidarité c'est à dire de jeu à somme nulle entre personnes physiques. Il faut que ce jeu à somme nulle soit facile à comprendre et simple à exécuter c'est tout. Après être français signifie en particulier qu'on accepte qu'il y ait ce jeu à somme nulle. La planète est vaste, cette règle concerne la France et ceux qui y résident légalement.
a écrit le 22/12/2016 à 13:50 :
C'est trés bien, car avec internet le monde entier est informé et les divers peuples peuvent ainsi venir en France et bénéficier de ces avantages sociaux.C'est leur droit.

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