Accord entre Paris et la Commission européenne sur la réduction du déficit

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
La France envisage de ramener sous la barre de 3% son déficit dès 2013, comme le demande Bruxelles, mais seulement si la croissance le permet, a indiqué ce mardi le ministère de l'Economie. Par ailleurs, Paris a obtenu de faire baisser son déficit structurel à un rythme inférieur à celui préconisé par la Commission européenne.

La France ramènera son déficit public sous les 3% du PIB dès 2013, comme le demande Bruxelles, mais à condition qu'une croissance forte permette de respecter ce délai "très ambitieux", a déclaré de mardi le ministère de l'Economie.

Selon Bercy, il faudra une "croissance forte" pour pouvoir respecter ce délai car il s'agit un "objectif très ambitieux". "On prend acte de la recommandation de la Commission européenne et on remarque qu'elle l'a assortie d'une prise en compte de la conjoncture économique", a-t-on affirmé dans l'entourage de la ministre de l'Economie Christine Lagarde.

Jusqu'ici, Paris contestait la recommandation de Bruxelles, qu'elle ne jugeait pas réaliste, et posait comme date butoir pour atteindre cet objectif l'année 2014.

Le déficit est attendu l'an prochain au niveau record de 8,2% du produit intérieur brut. Le président Nicolas Sarkozy a annoncé la réunion prochaine d'une conférence nationale sur ce sujet.

Autre point d'accord entre Paris et Bruxelles, selon un document préparé en vue de la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne, mercredi, et communiqué par l'agence d'informations Reuters, la France est parvenue à négocier une réduction du déficit à un rythme plus lent que celui prévue par la commission européenne.

Alors que cette dernière préconise une réduction de 1,25% par an du déficit structurel (hors effet du cycle économique) de la France, Paris a obtenu de ne le réduire qu'au rythme de 1% par an, sur quatre ans. Il est question ici du déficit structurel, attendu à 7% en 2010 et à 6,5% en 2011, et non du déficit dit nominal, lui attendu à 8,2% en 2010 et à 7,7% en 2011. Une telle réduction permettrait également de ramener le déficit nominal autour des 3% de PIB.

Augmentation inévitable des impôts ?

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement mise sur une maîtrise accrue des dépenses publiques et sur des réformes structurelles pour augmenter la croissance, mais affirme qu'il n'augmentera pas les impôts. "Les mesures de soutien à l'activité devront être retirées graduellement, pas trop vite pour ne pas casser la reprise, et ensuite on engagera un effort majeur pour assainir nos finances publiques",déclarait-on à Bercy ce mardi.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia a affirmé lundi que la réduction du déficit devra passer "essentiellement" par la maîtrise des dépenses, mais pas "uniquement", laissant entendre qu'il faudrait probablement aussi augmenter les impôts.

 

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