Situation alarmante des mal-logés en France

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
La France compte 10 millions de personnes touchées par la crise du logement, selon le 15e rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre. Le mal-logement a des conséquences dramatiques, notamment sur les jeunes enfants, explique le rapport, qui pointe également le fait que les Français dépensent 23% de plus qu'il y a cinq ans pour se loger.

La France compte 10 millions de personnes affectés de près ou de loin par la crise du logement, prévient la Fondation Abbé Pierre ce lundi dans son rapport 2010 sur le mal-logement. A 3,5 millions de mal-logés s'ajoutent 6,5 millions de personnes fragiles susceptibles de basculer à tout moment dans cette première catégorie en cas d'éclatement de la famille ou de perte d'emploi, par exemple.

L'organisation souligne que "l'aggravation progressive de la crise du logement aboutit à un vrai problème de société" dont les autorités ne semblent pas avoir mesuré l'ampleur. La crise du logement est bien antérieure à la crise financière puis économique qui a submergé le monde à partir de l'été 2008, alors que ni ses manifestations ni ses causes n'ont été traitées, expliquent également les auteurs du rapport.

La Fondation Abbé Pierre attire cette année l'attention sur l'impact du mal-logement sur les enfants : souffrance sociale, qui va de pair avec des difficultés scolaires, des difficultés d'insertion, et également pathologies médicales, parfois irréversibles, telles que le saturnisme (intoxication par le plomb présent dans des peintures anciennes et dégradées).

Un besoin de 900.000 logements

Premier constat : la France manque cruellement de logements, avec un déficit de plus de 900.000 environ toutes catégories confondues.

Chaque année, entre 2,5 et trois millions de personnes se mettent en recherche de logement ; les demandes de logements sociaux s'élèvent à 1,2 million et le nombre de personnes sans domicile fixe avoisine les 100.000.

Se loger coûte toujours plus cher

Autre constat : se loger coûte de plus en plus cher. Les Français consacraient à leur toit en moyenne 7.900 euros par an en 2002 contre 9.700 cinq ans plus tard, soit une hausse de 23%.

Les charges ont augmenté aussi, surtout à cause du chauffage : +20% entre 2001 et 2007, portant à 3,4 millions le nombre de ménages touchés par la précarité énergétique.

En 2006, 1,8 million de ménages disaient avoir des difficultés à payer leur loyer et 500.000 ne l'avaient pas payé depuis deux mois, au risque d'être expulsés.

Le nombre d'expulsions a d'ailleurs explosé - leur nombre a augmenté de 25% à 50% entre 2002 et 2008 selon les études citées par le rapport.

Les plus pauvres pénalisés

"Le logement est producteur d'exclusion et peut être considéré comme le creuset des inégalités", estiment les auteurs. En une quinzaine d'années (1992-2006), le poids du coût du logement s'est en effet considérablement alourdi pour les 20% de ménages les plus modestes alors qu'il est resté relativement stable pour les 20% de ménages les plus aisés.

"Tout se passe comme si à la panne d'ascenseur social se superposait une panne de l'ascenseur résidentiel", souligne le rapport.

Propositions de la Fondation

Au chapitre des propositions, la Fondation demande d'imposer dans tout programme immobilier de plus de 10 logements un quota minimum de 30% de logements à bas loyers. Elle suggère un nouveau Plan de cohésion sociale sur cinq ans permettant de mettre sur le marché 150.000 logements sociaux par an.

La Fondation propose un "grand deal" entre les pouvoirs publics et les propriétaires, qui devraient être incités à remplir les logements vacants et contraints de limiter les hausses de loyers en cas de changement de locataires.

Elle suggère pour 2010 une hausse de 12% du montant des aides personnelles au logement et l'attribution d'un "chèque énergie" aux ménages les plus modestes.

Réaction du gouvernement

Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a insisté ce lundi sur la nécessité d'une refonte des outils statistiques mesurant le phénomèn du mal-logement. Il a plaidé également pour une "refonte du système", qui passerait par la mise en place d'"un service public de l'hébergement et de l'accès au logement des personnes sans abri".

Il a affirmé que la réorientation des subventions et des objectifs de l'Etat pour le logement social vers les zones les plus tendues consistait "une priorité absolue".

Enfin, il a rappelé qu'il s'était engagé à mettre à l'étude l'extension du champ de la taxe sur les logements vacants. Il s'est en revanche opposé au principe de la réquisition de ces logements, une mesure "inefficace" et "contreproductive", selon lui.

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Commentaires
a écrit le 02/02/2010 à 13:05 :
Monsieur le Ministre, présentez une LOI de FISCALITé pour TAXER les logements et les immeubles vaccants, fiscalisez durement ces locaux vaccants, de façon progressive, 1 an de vaccance 10% de taxes fiscalité sur la valeur du prix du marché, 2 ans de vaccance 20 % de taxes, 3 ans de vaccances 30 % de taxes, 4 ans de vaccance 40 % de taxesjusqu'à 90% de taxes pour plus de 9 ans de vaccance - AINSI les prix de l'immobilier cesseront de monter et les logements seront plus faciles à affecter pour les mal logés - DE SURCROIT les municipalités pourront facilement et économiquement soit exproprier les propriétaires soit faire usage du droit de préemption à bon compte pour la collectivité. ALLEZ AU BOULOT les Parlementaires de droite comme de gauche, INNOVEZ et VOTEZ pour l'intérêt collectif
a écrit le 02/02/2010 à 8:22 :
LES PROBLEMES RENCONTRES AVEC LES LOCATAIRES DISSUADENT LES PETITS BAILLEURS POTENTIEL DE LOUER CAR LE MANQUE DE CIVISME, L ASSISTANAT,PEUVENT LES CONDUIRE A DES SITUATIONS CATASTROPHIQUES DONT TOUT LE MONDE SE MOQUE, NOTAMENT LA JUSTICE , CE N EST CERTAINEMENT PAS UN MOIS DE CAUTION QUI SERVIRA A REMETTRE UN APPARTEMENT EN ETAT.NON LES BAILLEURS NE SONT PAS TOUS DES NANTIS ...IL Y A BIEN LES ASSURANCES MAIS POUR LES OBTENIR LES LOCATAIRES DOIVENT ETRE SOLVABLE DONC ?
a écrit le 02/02/2010 à 6:06 :
Avec l'émigration massive, on manquera toujours de logement. Vive le béton !!

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