France : la consommation chute, du mieux pour le climat dans l'industrie et les ventes de logement

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En avril, la consommation des ménages français en produits manufacturés est retombée de 1,2% contre 0,5% attendu sous l'effet d'une baisse des ventes de voitures, a annoncé l'Insee ce mercredi. En revanche, le climat dans l'industrie s'améliore encore un peu. De leur côté, les chiffres du logement neuf en France en avril présentent trois indicateurs dans le vert.

La consommation des ménages français en produits manufacturés est retombée de 1,2% en avril après son rebond du mois précédent, sous le coup d'une baisse des ventes de voitures, a annoncé l'Insee mercredi. Vingt économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une diminution de 0,5%.

La hausse de mars, qui faisait suite à deux mois de net recul, a été révisée à +1,6% après avoir été initialement annoncée à 1,2%.

Les dépenses en produits manufacturés représentent environ le quart de la consommation totale des ménages en biens et en services qui, elle, n'est connue qu'avec les chiffres trimestriels des comptes nationaux.

En avril, les achats d'automobiles ont chuté de 9,5%, après déjà une baisse de 11,2% au premier trimestre, indique l'Insee. Les dépenses en équipement-logement ont également reculé, de 0,3%, tout comme les achats de textile-cuir qui ont baissé de 1,2% après une hausse de 4,4% en mars.

En revanche, le climat des affaires dans l'industrie manufacturière française a continué de s'améliorer légèrement en mai, selon l'enquête de conjoncture également publiée ce mercredi par l'Insee. L'indicateur synthétique du climat des affaires a progressé d'un point à 97, conforme à l'estimation moyenne de vingt
économistes interrogés par Reuters.

Mais le chiffre d'avril a été révisé en baisse d'un point après avoir été annoncé initialement à 97, ce qui marquait un gain de quatre points.

L'indicateur du climat des affaires dans son ensemble, en ajoutant les services, le bâtiment, le commerce de gros et le commerce de détail, est quant à lui resté stable à 96 en mai, avec un indicateur de retournement qui est resté en zone favorable.

"Les entrepreneurs de l'industrie manufacturière, qui inclut désormais le secteur 'cokéfaction-raffinage', estiment que leur activité passée est restée dynamique, toujours à un niveau supérieur à sa moyenne de longue période", précise l'Insee dans un communiqué. Les stocks de produits finis sont remontés sensiblement mais restent jugés légers.

Les carnets de commandes globaux s'étoffent, mais ils restent peu fournis. Les carnets de commandes continuent de se regarnir mais demeurent peu fournis,
ajoute l'Insee. Avec un solde à +4 contre +6 en avril, les perspectives personnelles de production restent autour de leur niveau moyen de longue période alors que les perspectives générales, qui représentent l'opinion des industriels sur l'activité de l'industrie dans son ensemble, se sont nettement dégradées d'un mois sur l'autre.

De leur côté, les ventes de logements neufs montrent une amélioration. D'ailleurs, c'est une première depuis deux ans et demi les trois indicateurs français du logement en France (ventes des promoteurs, mises en chantier, permis de construire) sont repassés dans le positif. Cependant, des craintes persistent en raison de la flambée des prix dans le secteur.

Les mises en chantier ont progressé de 0,6% sur un an (à 75.411 logements) au cours de la période allant de février à avril selon le ministère de l'Ecologie. De son côté, le nombre de permis de construire a crû de 24,7% à 95.447 unités sur la même période. Les ventes de logements neufs par les promoteurs ont pour leur part progressé de 5,3% au premier trimestre 2010 par rapport au trimestre correspondant de 2009.

Cependant, pour la période d'avril 2009 à mars 2010, le nombre de mises en chantier est toutefois en repli de 14% à 300.045 unités et le nombre de permis a baissé de 12,1% à 357.936 unités.

Le prix moyen au mètre carré des appartements neufs au premier trimestre 2010 (3.492 euros) a progressé de 6,8% par rapport au trimestre correspondant de 2009. La hausse est particulièrement marquée pour les quatre pièces ou plus (+8,9%) et les studios (+8,5%).  Du côté des maisons individuelles, le prix de vente moyen (238.900 euros) a progressé seulement  de 1,8%, mais cette progression est de 4% pour les maisons de moins de 4 pièces.

Les entrepreneurs du bâtiment affichent en tout cas une extrême prudence dans l'enquête Insee qui leur est consacrée. Ils reconnaissent certes que le secteur a bénéficié en mai "d'une légère embellie du climat conjoncturel". D'après cette enquête, "les entrepreneurs sont moins nombreux qu'en avril à indiquer une contraction de l'activité sur la période récente". L'indicateur synthétique du climat des affaires dans le bâtiment gagne ainsi de nouveau un point pour atteindre 93, pour une moyenne de longue période de 100, indique l'Insee.

IIs estiment toutefois que  la baisse de l'activité devrait "se prolonger dans les prochains mois". D'après eux, "les effectifs ont moins baissé au cours des trois derniers mois", mais leur diminution devrait se poursuivre "à un rythme identique au cours des trois prochains mois".

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a écrit le 27/05/2010 à 16:27 :
Tout ceci est lié. Les prix immobiliers montent, donc la population doit se serrer la ceinture d'avantage pour pouvoir espérer se loger. Si on veut améliorer la consommation, qu'on commence par lutter contre la bulle immobilière, et alors les gens auront enfin les moyens et le moral pour consommer.
a écrit le 26/05/2010 à 19:38 :
A Le gall, encore. Oui, en effet. Malheureusement, je ne sais pas s'il y a une "bonne réponse" aux crises de type 1929 ou "subprimes/Lehman". Il me semble qu'il s'agit avant tout d'une crise de surendettement généralisé, d'abus d'effet de levier. Que cet excès de dette a augmenté de façon totalement déraisonnable la valorisation de certains actifs (immobilier, actions, crédits pourris etc). Et que ces valorisations ne sont pas viables, et qu'il est nécessaire de les faire retomber, ce qui engendre nécessairement de grosses pertes. En 1929 la crise a été brutale; cette fois-ci les mesures gouvernementales semblent avoir voulu espacer la chute douloureuse des valorisations dans le temps en savant les banques en faillite et en injectant de la monnaie. Mais on risque alors de tomber dans un scénario à la Japonaise, peut-être en pire, et l'excès de liquidités actuel risque d'engendrer de nouvelles bulles encore plus grosses. Je me demande si, dans quelques années, on ne dira pas autant de mal des dirigeants actuels que de ceux de 1929.
a écrit le 26/05/2010 à 16:45 :
A reponse: votre démonstration est que les gouvernements ont voulu ne pas refaire les erreurs des années 30, et vous avez raison. Seulement n'ayant pas de résultats rapides, désormais ils changent leur fusil d'épaule et font de l'augmentation d'impôts et de la restriction budgétaire. l'Allemagne qui a la meilleure signature, n'a même pas réussi hier à placer sur le marché la totalité de sa demande. La crise sera a effet domino sur tout l'occident. Si vous avez des liquidités, vendez tout et achetez de l'or! Mais vous avez le droit d'être moins pessimiste.
a écrit le 26/05/2010 à 11:33 :
tout cela ne peut que continuer, la crise la vraie ne fait que commencer. Nous allons souffrir plus qu'on ne l'imagine. Les français sont conscients de ce qui se passe mais refuse de voir la vérité en face : tous leurs petits plaisirs vont partir en fumée et nous allons revenir à un niveau de vie de 10 à 15 ans en arrière.
Réveillons nous, il est peut être trop tard
Ecoutez donc la chanson de Damien Saez : j'accuse et vous comprendrez peut être qu'il est trop tard
a écrit le 26/05/2010 à 10:33 :
A Legall : oui pour la crise de type années 30, liée à un excès de spéculations, de dettes et d'effet de levier. Mais non pour la suite. La réponse des gouvernements et des banques centrales a été de sauver, d'une faillite inévitable autrement, les banques responsables de cette crise, en leur attribuant encore plus de liquidités (plusieurs milliers de milliards) pour leur permettre de continuer leur "business as usual", sans rien changer. Le risque est plutôt que rien n'est réglé, que l'on n'a soigné que les symptômes de cette crise et non ses causes, et donc que tout risque de recommencer, pire qu'avant. Il aurait mieux valu avoir le courage de liquider de façon ordonnée les banques en faillite, et de faire des régulations fortes, de type Glass Steagall Act, comme en 1933.
a écrit le 26/05/2010 à 9:20 :
Nous sommes dans une crise économique occidentale semblable aux années 30. Les gouvernements choisissent désormais la hausse massive des impôts, cela se traduira par une baisse massive de la consommation et accentuera les dépôts de bilan et donc le chômage, tout en favorisant les importation à bas coûts. Les prochaines années seront très dures.
a écrit le 26/05/2010 à 8:27 :
Les prix immobiliers remontent dangereusement... Il serait grand temps d'arrêter toutes ces subventions au logement (Scellier, prèts à taux zéro, déductibilité des emprunts immobiliers etc etc) qui nourrissent cette dangereuse bulle immobilière et plombent notre déficit.
a écrit le 26/05/2010 à 8:17 :
la consommation ne peut que chuter car l'ambiance générale est morose ! rigueur, augmentation des cotisations sociales ou autres impôts au menu ne peuvent améliorer la situation et donner aux français le goût de consommer !
plutôt épargner - voire aider ses enfants ! nous avons déjà supprimé "les dépenses non-indispensables, sauf les vacances- réduit les achats de textiles,
produits de beauté, un seul véhicule : marche à pied au menu quotidien....

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