Les PME voleront au secours de l'économie française

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Elles bénéficieraient notamment d'un taux d'impôt sur les sociétés allégé... qui existe déjà.

Sans surprise, les petites et moyennes entreprises de 0 à 249 salariés sont au centre des préoccupations du candidat Hollande. Bien que dynamiques - ce sont elles qui créent l'essentiel des emplois et qui tirent les exportations - elles n'en sont pas moins celles qui souffrent le plus lorsque l'activité se dégrade. Ainsi, en 2009, année record en termes de défaillances, ces entreprises, TPE de moins de 10 salariés et PME confondues, ont constitué la quasi-intégralité des redressements, liquidations et procédures de sauvegarde.

Pour relancer la croissance, le candidat socialiste compte donc sur elles, les opposant, là non plus sans surprise, aux grandes entreprises à qui l'opposition reproche les délocalisations peu justifiées et les « licenciements boursiers ». Sur le plan fiscal, il propose la création de trois taux d'imposition des sociétés (IS) : 35 % pour les grandes entreprises, 30 % pour les petites et moyennes et 15 % pour les très petites. Il s'agirait de supprimer les déséquilibres révélés par une récente étude du Trésor selon laquelle les grandes entreprises payent en moyenne 2,3 fois moins d'impôts sur leurs bénéfices que les PME, malgré l'existence du taux réduit d'IS pour les TPE et les PME.

Le lancement d'une banque publique d'investissement est aussi suggéré. Le chantier ne paraît pas compliqué. À moins que cette proposition diffère de celle du programme socialiste, il s'agirait simplement d'ajouter une nouvelle structure hiérarchique à celles déjà existantes (CDC, Oséo, Fonds stratégique d'investissement). Au regard des difficultés de ces entités à coopérer pleinement, cette initiative est-elle judicieuse ? La question se pose.

Enfin, François Hollande suggère de passer de 6.000 à 12.000 euros le plafond du livret développement durable (LDD) au profit du financement des PME, cette mesure étant combinée avec la création d'un nouveau livret d'épargne industrie dont le produit sera entièrement dédié au financement des PME. Cette idée serait originale si elle n'avait pas déjà été proposée lors des états généraux de l'industrie et reprise le 18 janvier par Nicolas Sarkozy. Ces deux mesures ne peuvent être que bien accueillies. Toutefois, ce n'est pas réellement d'un problème de collecte d'argent frais dont souffre l'économie française mais plutôt d'un fléchage défaillant des capitaux vers les PME. Et pour l'instant, aucun candidat à l'Élysée n'a de réponse sur le sujet.

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Commentaires
a écrit le 06/02/2012 à 21:05 :
Avant d'alléger l'IS pensons à aider les PME à en faire des bénéfices. Alléger le coût du travail, l'effet de seuil à 50 salariés, le droit du travail à alléger aussi (çà fait la fortune des avocats en tout cas), le bulletin de salaire qui ne tien même pas sur une feuille A4 et j'en passe des meilleures.
a écrit le 27/01/2012 à 13:04 :
Dès l'ouverture de la campagne les candidats devront déclarer leur patrimoine. On saura alors ce qu'ils ont fait des 15 à 20 milliers d'euros engrangés tous les mois.
Y en aura-t-il un qui aura pris le risque d'investir dans l'économie française?
a écrit le 27/01/2012 à 12:11 :
Aucun consensus n'est à attendre de nos politiques... La question fondamentale qui consiste à rendre les choses lisibles par ceux qui essayent de créer de la valeur n'a pas été abordée. Cela imposerait de simplifier, réduire le nombre d'interlocuteurs, prélever sur la valeur ajoutée réelle, etc... Bref, saupoudrer un peu de bon sens dans ce vaste bordel. Même question pour le mille feuille obèse, que nous sommes contraints de nourrir grassement - a crédit- et que personne ne propose de réformer en profondeur... C'est désepérant ! je ne sais pas ou on va comme cela, mais il va faloir "faire avec"...
a écrit le 27/01/2012 à 10:26 :
OK avec Louis, les charges sur les PME ce sont les charges de travail induites par des réglementations sans cesse alourdies. Bientôt il faudra une ramette de papier pour éditer un bulletin de salaire...
a écrit le 27/01/2012 à 7:45 :
Rien sur la compétitivité des entreprises, sur les réglementations qui pèsent sur les PME: un programme fait par un énarque qui n'a jamais travaillé en entreprise et ne comprends rien à leurs besoins
a écrit le 27/01/2012 à 6:42 :
On sait pour qui vous roulez vous .

Mot pour mot avec le discours d'Alain Juppé .

Hallucinant !
Réponse de le 27/01/2012 à 9:59 :
bon, ils ont le droit de s'entendre sur des sujets... ca devrait meme etre plus souvent que les partis s'engagent vers des solutions ensemble plutot que, dès q'un sort une idee, l'autre , systematiquement, affirme le contraire, meme si c'est uen bonne idee....

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