Nicole Bricq : "Le juge de paix de la compétitivité, c'est la balance commerciale"

 |   |  857  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : DR)
La ministre du commerce extérieur détaille les mesures prises dans le cadre du plan compétitivité pour renforcer le exportations. Et elle souligne que des réformes structurelles sont encore à venir

 -Aux dires des partisans d'un choc de compétitivité, le plan annoncé représente un bon début, mais des réformes structurelles seront nécessaires. Notamment en matière de concurrence. Le gouvernement va-t-il les engager ?

 Nicole Bricq -Nous avons présenté un pacte conçu comme un plan de mobilisation générale en faveur de la compétitivité, de la croissance et de l'emploi. Cela ne veut pas dire que d'autres réformes ne suivront pas. Au contraire, le Premier ministre a indiqué mardi que la France devait s'engager dans un effort national de réformes structurelles. Elles porteront sur l'action publique dans son ensemble.

 En outre, il faudra vendre à votre majorité le retour de la TVA sociale, que vous avez vous-même dénoncée pendant la campagne électorale...

- Ce n'est pas la même chose. Les hausses de TVA que nous prévoyons à partir de 2014 ne financeront qu'un tiers du crédit d'impôt accordé aux entreprises. En outre, les hausses sont modérées, et la TVA baissera au contraire sur les produits de première nécessité.

Selon quels critères pourra-t-on juger que l'action du gouvernement est efficace ?

-Le juge de paix, c'est le déficit commercial. Il mesure la plus ou moins bonne santé de notre économie.  Nous avons pour objectif de ramener la balance commerciale à l'équilibre, hors énergie, d'ici cinq ans. Cela représente un effort de 27 milliards d'euros au moins, à fournir en matière d'exportations et 1 milliard à l'export, c'est 10 000 emplois en France.

 C'est de l'industrie que peut venir le sursaut d'exportations. Le plan du gouvernement la favorise-t-il suffisamment , en disséminant le soutien aux entreprises?

-Il ne faut pas avoir une vision dépassée du fonctionnement de l'économie. Entre l'industrie et les services, il n'existe plus de segmentation stricte. L'industrie achète beaucoup de services : de la femme de ménage au designer, au bureau d'études, la contribution du tertiaire au processus industriel est très forte.

 -Quels sont les moyens d'action, pour relancer les exportations ?

L'ensemble du pacte de compétitivité y contribuera, bien sûr. Mais il y a aussi des mesures à prendre d'encouragement à l'exportation. Un problème est apparu depuis la crise de 2009, c'est celui du repli des banques s'agissant du financement de l'exportation. Elles ont divisé par quatre leur activité de financement des équipements français à l'export. Et elles font payer de plus en plus cher ces prêts. Voilà pourquoi nous allons mettre en place une garantie de refinancement des créances export, offerte aux banques. En contrepartie, celles-ci devront faire un effort sur les prix exigés des entreprises exportatrices. En faveur des grandes entreprises, nous allons créer un système de financement public direct, comme pratiqué par de nombreux pays européens (Allemagne, Italie, Suède...).

L'objectif est de permettre, pour des contrats importants, un financement à faible coût, notamment quand des concurrents étrangers disposent d'un tel soutien financier exceptionnel. Nous offrirons également la possibilité d'une extension des garanties COFACE qui pourrait passer de 95% à 100% dans l'aéronautique.

Enfin, nous allons faire en sorte que les PME et les Entreprises de taille intermédiaire (ETI) aient accès aux financements export. L'objectif est de les démocratiser, que la BPI puisse distribuer à ces entreprises l'ensemble des crédits de soutien à l'export. Ce qui sera plus facile, si ceux-ci sont rationalisés. L'Inspection des finances travaille sur le sujet, et proposera avant la fin de l'année des pistes de simplification de ces dispositifs. Le pacte de compétitivité comporte aussi un volet attractivité fondamental : 40 % des exportations sont le fait d'entreprises étrangères qui produisent en France et créent de l'emploi. Nous devons rester en tête des pays attirant des investissements étrangers.

-Mais les PME manquent souvent de surface financière, de fonds propres, pour pouvoir se développer à l'international...

-Nous nous attaquons à ce problème. Nous voulons renforcer le fonds propres des PME et ETI en plein développement, qui ont une volonté d'exporter. Ce sera le rôle de la Banque publique d'investissement, dont je souhaite qu'elle dispose d'une enveloppe spécifique de 150 millions d'euros qui servira à prendre des participations dans des fonds d'investissement ayant une composante export. Il s'agit de fonds qui investissent dans des entreprises ayant des projets de développement à l'étranger.

-Quelles sont les branches industrielles susceptibles de renforcer leurs exportations ?

Il faut prendre en compte la montée en puissance des couches moyennes dans beaucoup de pays émergents. Elles ont un appétit de consommation. Ce qu'elles veulent, avant tout, c'est se nourrir mieux, des produits de marque -il y a donc des marchés qui s'ouvrent pour notre industrie agro-alimentaire- et s'offrir tout ce qui touche au bien être. Les produits cosmétiques basés sur la nature, notamment, ont le vent en poupe. Mais il ne faut pas oublier les grands contrats liés à tout ce qui tourne autour de la « ville durable » ( transports de proximité, traitement des déchets, assainissement...) : il y a dans ce domaine une forte demande de la part des pays émergents, et donc des opportunités pour nos entreprises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/11/2012 à 10:00 :
voilà à quoi mène la parité à tous crins, des pots de fleur qui n'ont rien à dire ! il faut privilégier la compétence et le courage, et peut importe que le résultats soit 30-60 ou 60-30 Hf, l'important c'est le résultat !!!!!!!!!!!!! mais en france, on gére par les principes, les dogmes, peu importe le résultat, l'important est de participer !! résultat ou pas, pas de pb, dans le public on est payé pareil !!
a écrit le 08/11/2012 à 15:51 :
pitoyable, rien sur l'ouverture sans précaution des frontières, certains se protégent (allez vendre des voitures aux US!) mais l'europe est très vertueuse, il faut mettre des ajustements de réciprocité, et surtout mettre des contrôles sanitaires sur les importations de chine, quantité de produits, habits.. toxiques. Et la mesure trés simple et trés efficace est la diminution de la colossale dépense publique inefficace, au moins 30% de gains indolores, et donc baisse des impôts, augmentation du pouvoir d'achat des ménages, baisse des coûts de production des entreprises, et une manne financière pour aider les PME. Une pu de courage mme Bricq et M le premier sinistre (de l'économie) à force d'anti gestion
a écrit le 08/11/2012 à 14:40 :
"Le juge de paix..., la balance commerciale" Il y a quelques décennies cela aurait fait la joie d'une émission radiophonique : " Les découvertes de NanetteVitamine"...
a écrit le 08/11/2012 à 7:55 :
Pour les comptes de la France, ce qui est important est le solde de la balance des paiements
a écrit le 08/11/2012 à 2:12 :
ça fait partie des joies des populistes au pouvoir, six mois après une élection le sous ministre parle pour ne rien dire
a écrit le 07/11/2012 à 20:19 :
Pas un mot sur la parité EUR/USD, parité qui est la cause de l'effondrement de notre balance commerciale.
Réponse de le 11/11/2012 à 18:45 :
Ce n'est pas la parité EUR/USD qui est LA cause de l'effondrement de notre balance commerciale. Il suffit de regarder les chiffres et l'origine géographique de nos plus gros déficits, pour voir que l'essentiel de ces déficits est généré par les pays européens de la zone nordique, Allemagne en tout premier lieu; à cela s'ajoute le fait que cette dernière élimine progressivement tous ses concurrents européens sur les marchés tiers, car quand les pays tiers achètent européen, ils achètent de plus en plus allemand.... L'effondrement a de multiples causes, mais s'il fallait ne retenir que la partie monétaire de l'analyse, alors il faut être clair. La création de l'euro. en tant que monnaie unique et non seulement commune a été LA grosse erreur stratégique de cette dernière décennie, car elle correspondait en fait à la création d'un "euromark" et elle a permis à l'Allemagne de capitaliser sur ses forces tandis qu'elle étouffait la France et ses voisins méditerranéens qui ne pouvaient disposer d'une variable d'ajustement en toute souveraineté. Impossible désormais de pratiquer une dévaluation compétitive comme en 1958 ou en 1969, et nous persistons dans l'erreur qui consiste à maintenir l'euro(mark), en raison du "politiquement correct". Quelle que soit la parité EUR/USD, une baisse de l'euro n'avantagerait pas plus la France que ses voisins européens et au contraire cela favorisera encore plus l'Allemagne, sans espoir de redresser notre déséquilibre commercial gigantesque vis à vis de cette dernière. On continue à se voiler la face en évoquant l'arbre de l'euro qui cache la forêt des disparités de balances commerciales entre pays européens, et il est tout à fait illusoire de croire que notre situation se redressera en jouant sur une baisse de l'euro par rapport au dollar, car cela ne corrigera pas les déséquilibres profonds à caractère intra-européen. Seul un retour au franc permettrait un choc de compétitivité avec des effets immédiats ( coup de fouet à l'export, coup de frein à l'import quelle qu'en soit l'origine) à condition d'être assortie de mesures structurelles d'accompagnement qui jouent sur les grandes masses déficitaires ( gaz et pétrole de schiste, nucléaire) ou freinent l'embauche (rigidité du marché du travail).
a écrit le 07/11/2012 à 19:51 :
Formidable la vie politique : cette femme a toujours vécu dans le marivaux politique. Elle n'a jamais créé un emploi ; elle n'a jamais exporté quoique ce soit, mais elle indique aux chefs d'entreprise comment exporter plus.
Réponse de le 07/11/2012 à 21:13 :
Le marivaux ou le marigot ?
a écrit le 07/11/2012 à 18:56 :
Nicole Bricq A RAISON, mais il faudrait qu'elle sache que les pires ennemis de la France, ce sont les flémards et les faux experts à lintérieur d'Oseo qui massacrent les projts innovants porteursd'exportation, et toutes les officines parapubliques, agences blas blas, faux centres de faux experts, CIF, CRITT, etc... qui grouillent autour de du machin Oseo approximatif et très négatif pour la balnace comemrciale. ET DONC, il faut VIDER l'abcès OSEO et ses métastases ... et faire vite, le temps presse.
Réponse de le 07/11/2012 à 21:42 :
Ma société a monté plusieurs dossiers Oseo, et il est clair qu'un dossier innovant sérieux n'a aucune difficulté à être financé. Si on devait critiquer quelque chose chez eux, ce serait plutôt qu'un petit malin malhonnête et manipulateur arrivera probablement à leur faire prendre pour innovant quelque chose qui ne l'est quasiment pas (mais il n'y a pas de réponse facile à cela, durcir les critère est justement prendre le risque de rejeter des dossier réels qu'il n'arriveraient pas à comprendre).

Si vos dossiers sont rejetés, c'est soit qu'ils n'ont rien d'innovant, soit que vous êtes tellement mauvais pour les présenter, que vous n'arriverez de toute façon jamais à les faire décoller ensuite même en recevant l'argent d'Oseo.

Une agence critiquable ce serait plutôt Ubifrance, je connais des gens très sérieux qui regrettent amèrement qu'Ubifrance ne s?intéresse qu'aux très gros projets et grosse entreprise, et que les PME plus modestes ne peuvent compter que sur leur propres moyens, alors justement que c'est plus difficile pour elles. Et que si on compare avec l'Allemagne une des clés de la différence de compétitivité est la capacité des PME Allemande à exporter beaucoup plus facilement que les nôtres. Nous avons un nombre de très grands groupes parmi les meilleurs mondiaux et très présents à l?international qui n'est pas si ridicule. Mais nos PME y sont inexistantes comparé aux autres pays, et c'est leur nombre qui finit par faire la différence.
a écrit le 07/11/2012 à 18:41 :
Mme Bricq qui parle de "franche touche" (veridique, je l'ai croisee sur un salon...), une ministre du commerce exterieur qui ne parle pas anglais, only in France ! Sacres farceurs ces francais !
a écrit le 07/11/2012 à 18:37 :
La compétitivité est en berne.

Il faut dire que depuis 30 ans passés nous sommes en pleine démagogie idéologiques nous ne savons plus appeler un chat un chat. Si nous appelions : un chat un chat
Les charges sociales seraient : Les dépenses mutuelles des actifs et inactifs, pour qu?ils consomment les usages de biens et services mutualisés.
Les cotisations retraites seraient : les dépenses des inactifs après avoir été actifs, pour qu?ils consomment leurs usages de biens et de services.
Idem pour le chômeur, le vacanciers, le malade, l?handicapé et autres.
Les impôts et les taxes sur les entreprises, payés par les consommateurs et les usagers seraient: Les dépenses collectives des actifs et inactif pour qu?ils consomment leurs usages collectifs de biens et de services.
Pensez vous que ces dépenses soient un élément du coût du travail ? Certainement pas !
Mais ces dépenses que vous appelez génériquement droits acquis, vous les incluez dans le prix de nos exportations, sans le faire sur le prix de nos importations alors que d?autres nations le font très peu : rien d?étonnant que nous ne soyons pas compétitifs.
Mais pourquoi donc voulez vous que ceux qui exportent nos productions, payent :
- Les dépenses mutuelles des actifs et inactifs, pour qu?ils consomment les usages de biens et services mutualisés.
- Les dépenses des inactifs après avoir été actifs, pour qu?ils consomment leurs usages de biens et de services.
- Idem pour le chômeur, le vacanciers, le malade, l?handicapé et autres.
- Les dépenses collectives des actifs et inactif pour qu?ils consomment leurs usages collectifs de biens et de services.
Est il juste de faire payer, au africain par exemple, nos propres usages ou consommations, de biens ou services, matériels ou ludiques, qu?il soit fait individuellement, collectivement ou mutuellement ? Faisons leur payer uniquement la production de ce qu?ils auront usage.
Vous connaissez maintenant les causes de nos manques de compétitivité il ne vous reste plus qu?a appeler un chat un chat et d?échanger entre nations sans leur faire payer nos propres consommations et usages que par justice nous devons payer nous même
a écrit le 07/11/2012 à 18:12 :
oui et non ; chaque fois que la france va tres mal ( au lieu de 'mal'), sa balance s'ameliore, non pas parce qu'elle va mieux et vend plus, mais parce qu'elle sert plus les fesses en interne ( c'est un secret de polichinelle qu'a priori tt le monde ne connait pas!!)
Réponse de le 07/11/2012 à 21:58 :
C'est généralement le cas d'un peu tout le monde, en cas de crise la consommation intérieure s'écroule plus vite que les exportations. Mais voilà aujourd'hui tout le monde est en crise en même temps, ce qui limite fortement le phénomène.

Et en plus cette fois ci, l'explosion du coût des importations d'énergie plombe la balance pour tout le monde, la rendant fortement négative.

Et là Hollande est bien décidé à massacrer le seul secteur qui permet de compenser sur l'énergie, le nucléaire qui nous évite d'importer les énormes quantités d'énergie fossiles qui serait nécessaire pour générer nos 400 TWh de consommation sinon, et qui a à la place a généré l'an dernier 2 Milliard d'euro de bénéfice net d'exportations électriques (vu le bilan de 1S2012, ça pourrait bien être plus cette année. En particulier, tous les mois sauf février ont été positifs net vers l'Allemagne).
Ne parlons donc pas des renouvelables, l'Allemagne est l'exemple là dessus, mais à l'arrivée, bien qu'ayant encore des mines de charbon elle se retrouve à importer 3 fois plus que la France (elle en consomme 7 fois plus. Chiffre 2009 les ratio peuvent varier un peu, mais dans les plus récents, non la consommation de charbon de l'Allemagne n'a quasiment pas bougé et à même en partie augmenté).
a écrit le 07/11/2012 à 17:46 :
Etre exportatrice c'est avoir des frontières, une monnaie, dans la zone euro point de frontière donc point d'exportation entre elles!
Réponse de le 07/11/2012 à 18:40 :
Oui c'est vrai car la construction de l'Europe a été dénaturée par des Instances, non élues par les peuples européens, telle que la Commission Européenne (prenant des décisions à l'encontre des économies des pays européens au nom de l'ultra-libéralisme, laissons faire le marché !) et enfin l'adoption d'une Monnaie Unique l'Euro (à la quelle s'ajoute la crise américaine des subprimes).

Tout cela révèle l'impasse dans laquelle se trouve la zone Euro, qui ne nous protège pas, car elle organise une concurrence déloyale à l'intérieur et à l'exterieur de l'Europe : le plus grand bénéficiaire étant l'Allemagne, au détriment des pays du Sud (60 % de ses exportations en Europe).
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/la-tragedie-de-euro


a écrit le 07/11/2012 à 17:28 :
On compare toujours à l'Allemagne... hors concours. Peut-être faudrait-il s'inspirer plus de l'Italie dont les performances (balance commerciale, nombre des PME/EPI,...) - hors charge de la dette - sont bien supérieures aux nôtres ... malgré une démographie à la peine !
Réponse de le 07/11/2012 à 21:45 :
Il me semble que les stats sont que les PME Italienne sont sensiblement meilleures que les nôtres pour exporter.
Si on équilibre au total, c'est parce que sur les grands groupes de classe mondiale, là l'Italie est globalement assez en retrait de la France.
Réponse de le 08/11/2012 à 12:58 :
vos analyses semblent exactes(également le nombre de novelles machines/robots,achetés par les pme de ces pays).Idem pour l'automobile:la balance négative avec la corée sur ce secteur est contrebalancée et est globalement positive grace aus grandes entreprises du cac 40.La vraie fracture est la et elle ne cesse de s'accroitre.Certaines pistes "franco-françaises" sont abordées par le rapport gallois.Reste le gros tabou:les accords de branche..;peut etre,ensuite les délégations politiques daigneront amener des patrons(j'espère ne pas dire un gros mot)de pme lors de visite à l'étranger

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :