Economie sociale et solidaire : Benoît Hamon promet un «vrai choc coopératif»

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Devant 1.200 coopérateurs, le ministre de l'Economie sociale et solidaire a promis d'ouvrir sept chantiers pour doubler le nombre de scop en cinq ans  ©REUTERS/Stephane Mahe
Devant 1.200 coopérateurs, le ministre de l'Economie sociale et solidaire a promis d'ouvrir sept chantiers pour doubler le nombre de scop en cinq ans ©REUTERS/Stephane Mahe (Crédits : ©REUTERS/Stephane Mahe)
À l'occasion du 35ème congrès national des SCOP, les sociétés coopératives et participatives, qui s'est tenu au Parc des expositions de Marseille ce jeudi et vendredi 15 et 16 novembre, le ministre a dévoilé les principales mesures contenues dans le futur projet de loi sur l'Économie sociale et solidaire, qui sera présenté courant du premier semestre 2013.

Devant un parterre de quelque 1 200 personnes, représentant 400 sociétés coopératives et participatives réunies en congrès national, Benoît Hamon, ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire (ESS), a littéralement conquis le public quand il a promis « un vrai choc coopératif ».
Patrick Lenancker, le président de la confédération générale des SCOP, réélu pour un mandat de quatre ans à l'occasion de ce congrès, espérait bien que le ministre retienne au moins deux des propositions qu'il a faites remonter pour peser sur la structure d'un projet de loi qui prévoit notamment la modernisation des dispositions législatives régissant le statut des coopératives. Sa première priorité portait, notamment, sur la création d'un nouveau statut de transition autorisant un actionnariat salarié minoritaire, lors d'une reprise de société, « de consacrer la totalité des bénéfices pendant les 5 à 10 premières années au rachat progressif de l'entreprise en vue d'en devenir propriétaire". La deuxième priorité, c'était de créer "un droit préférentiel » de reprise d'une entreprise par ses salariés.

Sept chantiers pour doubler le nombre de scop en cinq ans

Or le ministre de l'Economie sociale et solidaire a non seulement fait sienne cette dernière proposition, mais il a promis bien davantage en identifiant sept chantiers pour soutenir ce modèle de développement économique qu'il a présenté comme "tempérant et durable". Benoît Hamon s'est ainsi donné comme feuille de route pour les cinq ans à venir "de doubler le nombre de scop". Aujourd'hui, 1.910 scop composent le paysage économique français et emploient 40.734 personnes (hors filiales), leur nombre a augmenté de 3,1 % depuis le début de la crise. Et le ministre a également retenu l'idée de "la création d'un statut de transition pour les scop naissantes afin de réduire la prise de risques".
Par ailleurs, Benoît Hamon a réitéré l'engagement d'allouer 500 millions d'euros aux entreprises de l'ESS dans le cadre des capacités d'investissement mobilisées par la future Banque publique d'investissement (BPI), voire "de flécher certains crédits de l'épargne réglementée vers cette forme d'économie". Il s'est engagé en outre à soutenir la "constitution des groupements coopératifs pour les aider à accéder à la taille critique", et évoquer davantage de moyens pour l'export.

Ovation sans précédent

Enfin, inespéré pour les coopérateurs, Benoît Hamon a promis d'allouer 1 million d'euros aux unions régionales des scop pour les accompagner dans leur mission d'ingénierie technique auprès de leurs adhérents, estimant qu'aujourd'hui les contributions étaient "faméliques". L'ensemble de ces mesures ont été saluées par une ovation sans précédent, la moitié de la salle debout. Un moment très rare et probablement jubilatoire pour un représentant du gouvernement par les temps qui courent.

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Commentaires
a écrit le 18/11/2012 à 13:06 :
Hamon justifie son emploi fictif.
Réponse de le 19/11/2012 à 13:19 :
Allez dire ça à tous les employés qui auraient pu racheter leurs entreprises plutot que de la voir saucissonnée, revendue, délocalisée tout cela pour faire du profit... Pechiney serait encore debout s'il y avait eu cette loi avant. Le tissu industriel français est mort de ne pas avoir ce type de mécanisme avant...
a écrit le 17/11/2012 à 11:35 :
Qu'est-ce qu'ils ont tous avec leur "choc" ? Le vrai choc, c'est Naomi Klein qui l'a expliquée : la stratégie du choc !
a écrit le 17/11/2012 à 11:17 :
il faut reconnaitre une cohérence entre la reception du prix nobel d'economie avec son micro credit et la mise en place de ces coop....beaucoup plus de coherence que les discours....
a écrit le 17/11/2012 à 10:03 :
A écouter tous ces oiseaux de malheur, la France devrait être la première de classe partout, mais hélas, il n'en n'est rien, la France rétrograde partout et dans tous les domaines, et plus on avance pire il en sera, les causes sont connues : assistanat social, générosité malvenue pour les vieux qui pompe une grande partie de la redistribution, trop de fonctionnaires, trop de millefeuille d'état, multiplication des hôpitaux, inefficience de l'état et de toutes ces structrures, mental émaculé d'un peuple inconstant, imbu de lui-même, ingrat et infantile, il est vrai que dans ces conditions même Dieu ne pourrait rien !
La solution c'est de réaprendre l'humilité et la pauvreté, cela arrive.
Réponse de le 19/11/2012 à 13:15 :
le rapport avec les scop ????
a écrit le 17/11/2012 à 8:50 :
Le français offre une palette de mots qui donne tous aux politiques les mots nécessaires pour exprimer un choc, vous avez remarqué : choc, explosion, je dirais plutôt carambolage et accident avec une conséquence un embrouillaminis sans pareil, une confusion, du brouillard, de la grisaille, du crashin, on n'y voit rien on n'y comprend rien, plus ils parlent moins on y comprend, c'est vrai que les bipèdes sont aussi nombreux : pigeons, dindons, canards oies, bécassines, c'est vrai que les fêtes de fin d'année arrivent, le pays s'enfoncent dans les marées du déclin dans le monde, l'Europe s'enfonce, mais les pigeons seront rôtis, les canards gavées pour leur extirper leur foie grais, les dindons coupés en tranches et mangés avidement par les fainéants et les politiques.
Réponse de le 28/11/2012 à 16:28 :
..tu fais quoi dans la vie?? moi je suis retraité après 43 ans de cotisations!!! t'en est ou toi????
a écrit le 17/11/2012 à 8:41 :
mais je vois rien dans le sens de la simplification, par exemple, simplification administrative. y'a d'autres contraintes que je n'ai plus en tête, je pense plutot me tourner vers une SAS
Réponse de le 17/11/2012 à 11:43 :
la SCOP, c?est plus un statut fiscal qu'autre chose, la société ayant une forma sociale classique (Sa, Sarl....). Mr hamon semble ne pas avoir comprit 1 ) qu?une entreprise pouvait ne pas forcement faire de bénéfices 5 ou 10 ans d?affilé...comment on paye ? 2) prélever 100% du résultat, pendant 5 ans pour payer une acquisition, c?est juste le rêve le plus fou de tout fond LBO. sauf que dans les fonds, on sait bien que si on fait ça, on détruit la totalité de l'autofinancement de l'entreprise, donc sa capacité à investir , ou juste à renouveler ses actifs ...ils seront donc, au bout de 10 ans les heureux propriétaires d'un boite n?ayant rien investi depuis 10 ans,...le pire , c?est que l'ancien régime du RES permettait justement déjà d?articuler une reprise en utilisant un société "de salariés" , associée à des investisseurs qui organisaient un levier limité et qui sortaient progressivement : c?était même la seule forme le LBO "global" faisant l'objet d?un traitement spécifique en droit français.il faudrait rénover cette approche, plutôt que réinventer l?eau chaude, pour n?arriver qu'a du tiède..A un moment, le financement et la reprise d?entreprise , c?est un métier, être ministre plein de bonne volonté ne suffit pas à compenser l?ignorance.
Réponse de le 17/11/2012 à 13:08 :
Oui, trouver une "révolution" dans le fait de refiler une entreprise sous forme de sociétés coopératives, c'est un peu moyen ... Pour moi, tout les statuts (EI,AE,SARL,SAS,EURL, libérales,...) devraient se ramener à une forme de type SAS avec la facilité d'une AE. Voila une vraie révolution.... En fait, ce qui me bloque, c'est d'être sans cesse sur de l'actif immobilisé ... Immobilisé pour quoi ? Il faut bien trouver une utilité et des débouches à ce blocage de 25% d'actifs quand même ? Voila une des incohérences que nos technocrates "disconnected" ne connaissent pas, c'est ... hors sujet. Je passe aussi sur le fait que pour "valider un statut de scop, on soit obligé de payer un pseudo "expert" et passer par un pseudo-organisme validateur. Bref, j'oublie et je vais voir du côté d'une SAS qui m?apparaît plus lisible.
Réponse de le 17/11/2012 à 13:15 :
Bon, j'ai fais plein de fautes. Tu m?excuses, hein. ;) Bon W.E.
Réponse de le 17/11/2012 à 13:25 :
J'ai faiT. Décidément ! Bon, je cours profiter de ce W.E. ...
Réponse de le 17/11/2012 à 14:01 :
excusé ;)attention, le débat SCOP/SAS n?est pas à priori pertinent : la SAS permet de d?organiser les rapports entre les actionnaires. La SCOP organise plus largement la gouvernance ( organes de décision, répartition des profits ) : on ne s?adresse pas tout à fait aux même problématiques..notamment financière, puisque la SCOP organise par exemple l?affectation des résultats..même si des salaries peuvent décider de créer une SAS, et de choisir de recréer un fonctionnement "ouvert". Mais ils ne peuvent pas statutairement décider de l?intéressement par exemple (mais peuvent designer des dirigeants qui le mettront en place comme dans une autre entreprise..). Mais là, il faut voir notamment avec le statut fiscal, à priori plus intéressant en SCOP...et tout ça ne résout pas le problème de fond de tout ça : comment, pour les salariés, lever le financement d?acquisition, plus éventuellement celui de redressement...
Réponse de le 18/11/2012 à 16:07 :
Plutôt que de vous poser des questions sans réponse, allez donc consulter ce que vous qualifier de pseudo experts
a écrit le 17/11/2012 à 0:47 :
Il n' y a plus de sous dans la caisse et ce gouvernement continue à dépenser comme si de rien n'était. Le bateau coule et la moitié de la salle applaudit. Surréaliste. Est-ce que la participation des salariés dans uns scoop sera soumise aux cotisations sociales, comme les entreprises privés ?
Réponse de le 17/11/2012 à 1:46 :
Arrête de pleurer.
Réponse de le 19/11/2012 à 13:13 :
c'est déjà le cas... les cotisations sociales sur la participation des salariés... Renseignez vous avant de cracher...
a écrit le 16/11/2012 à 23:32 :
..qu'il a fait remonter.....
a écrit le 16/11/2012 à 22:57 :
"qu'il a faites remonter",
Où avez-vous appris l'accord du participe passé ?
a écrit le 16/11/2012 à 22:12 :
C'est clair, l'avenir est au partage et les coopératives sont les sociétés du futur face à l'effondrement du capitalisme cupide...
Les salariés veulent être propriétaires et non plus locataires
Réponse de le 17/11/2012 à 0:38 :
Lorsque le capitalisme se sera effondré, les chômeurs, les retraités, les fonctionnaires ne vivront plus de ce qu'ils perçoivent. Ils devront travailler pour survivre. Votre propos est de partager la misère, point de vue . Par ailleurs, parler de la scoop comme une société du futur démontre votre perception étriquée de l'économie. Je vous souhaite de devenir propriétaire et de participer aux dépenses de rénovation. Une entreprise ne fait pas que des bénéfices, elle fait aussi des pertes ! Mais ça, vous ne devez pas le savoir, ni le suffisant hamon.
Réponse de le 19/11/2012 à 13:28 :
A ma connaissance, les investissements dans un bilan comptable ne rentrent pas dans le calcul des pertes/bénéfices. On les met plutôt dans le passif de l'entreprise et cela n'affecte pas le compte de résultat...
Mais ça vous ne pouviez pas le savoir...ou alors il vous faut un comptable pour votre entreprise...
Réponse de le 20/11/2012 à 11:05 :
@magic du 56 : il est amusant de voir quelqu'un qui considère que les fonctionnaires ne travaillent pas et vivent de la richesse des autres reprocher à autrui une conception étriquée de l'économie. Pour votre information : les fonctionnaires travaillent et produisent de la richesse, même si ils ne sont pas rémunérés par la vente de cette richesse sur un marché. D'ailleurs, si l'on présente souvent les économies européennes comme des économies mixtes, c'est parce qu'y coexistent l'économie de marché et l'économie publique. Et de la même façon que nous payons, dans le cadre de l'économie de marché, le prix d'un bien pour l'acquérir, nous payons, par l'impôt, le prix d'un package de services que nous avons choisi démocratiquement (en théorie, tout du moins) de faire faire réaliser par l'économie publique (santé, éducation, infrastructures, défense, police, justice, recherche, etc.).
Quant à votre argument sur les bénéfices et les pertes, il est grotesque : si les pertes excèdaient régulièrement les bénéfices, personne ne serait assez bête pour investir. Et il suffit de voir avec quelle régularité les entreprises du CAC40 versent des dividendes pour comprendre que la propriété d'une entreprise, ou d'une part d'entreprise est très juteuse. Ces profits doivent être partagés entre les travailleurs, les SCOP peuvent être un des moyens de le faire.

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