Formation professionnelle : qui en profite ?

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François Hollande souhaite que la formation professionnelle profite davantage aux précaires et aux demandeurs d'emploi. A l'issue de la conférence sociale, ce chantier va faire l'objet d'une négociation interprofessionnelle. Actuellement, de fait, la formation concerne surtout les salariés des grandes entreprises et les postes plutôt pointus.

La réforme de la formation professionnelle va être le grand sujet de négociation entre le patronat et les syndicats d'ici la fin de l'année. D'ici quelques jours, chacune des organisations va recevoir un document d'orientation, émanant du ministère du Travail , expliquant sur quels points devra porter cette négociation. L'idée générale sera de mieux orienter les flux financiers de la formation vers les plus précaires et les demandeurs d'emploi, via notamment un abondement du tout récent compte personnel de formation rattaché à chaque personne institué par l'accord sur l'emploi du 13 janvier dernier.
François Hollande souhaite en effet qu'un demandeur d'emploi sur deux inscrit à Pôle emploi bénéficie d'une proposition de formation, contre à peine 20% actuellement. Un sacré défi qui va nécessiter un virage à 180°. Car ce n'est absolument pas ce qui prévaut aujourd'hui en matière de formation professionnelle. De fait, actuellement, la formation bénéficie principalement aux salariés plutôt diplômés et, surtout, travaillant dans une grande entreprise. Etat des lieux de la formation professionnelle des salarié.


En 2010, les entreprises ont versé 13,1 milliards d'euros pour la formation professionnelle continue et l'apprentissage, dont 83 % (10,8 milliards d'euros) pour la formation des actifs occupés du secteur privé L'essentiel des autres dépenses est consacré à l'alternance (contrats de professionnalisation et  d'apprentissage).  Au sein des dépenses directes des entreprises de 10 salariés ou plus (5,6 milliards d'euros en 2010), 21 % sont des dépenses internes, 32 % des dépenses externes vers des prestataires de formation et 47 % des dépenses de rémunération des salariés formés.

L'effort en faveur de la formation représente 2,7% de la masse salariale.

L'effort global de formation réalisé par les entreprises de 10 salariés et plus représente, en moyenne en 2010, 2,7 % de leur masse salariale. Ce taux de participation financière est relativement stable depuis 2003. Il croît avec la taille de l'entreprise : de 1,3 % en
moyenne dans les entreprises de 10 à 19 salariés à près de 4 % en moyenne dans celles de 2.000 salariés et plus. La part de la masse salariale consacrée à l'effort de formation varie fortement selon les secteurs d'activité : de 1,9 % en moyenne en 2010 dans la construction à 3,8 % dans les activités financières et d'assurance.

L'accès à la formation plus facile dans les grandes entreprises

Mais surtout, plus l'entreprise est grande, plus les salariés accèdent à la formation continue : dans le secteur privé 59 % des salariés en bénéficient dans les entreprises de plus de 1.000 salariés, mais seulement 24 % dans les entreprises 10 à 19 salariés. Les salariés employés dans l'administration publique, les secteurs de l'énergie, de l'action sociale et de la santé accèdent largement à la formation continue. À l'opposé, les salariés sont moins fréquemment formés
dans la construction, le commerce, l'hôtellerie et la restauration. La taille de l'entreprise est donc un puissant déterminant de l'accès à la formation, à tel point que ce facteur tend à surpasser la catégorie socioprofessionnelle : les taux d'accès des ouvriers des entreprises de 500 salariés et plus (au-delà de 40 %) sont ainsi plus élevés que ceux des cadres et techniciens des entreprises de moins de 50 salariés (de l'ordre de 30 à 40 %).
Enfin, si pour la plupart des secteurs le taux d'accès à la formation varie entre 42 % et 46 % des salariés des entreprises de 10 salariés et plus, il est particulièrement élevé dans les branches faisant appel à des compétences pointues et spécifiques, tels que les activités financières et d'assurance (68 %), et l'information et communication (49 %).

 

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Commentaires
a écrit le 20/06/2013 à 19:43 :
Hollande va en profiter pour récupérer un nouvel impôt : je rappelle à tout le monde que les budgets formation sont financées par les cotisations des employeurs. Flamby va récupérer plusieurs % de la masse salariale pour Bercy et les salariés n'en reverront plus jamais la couleur !
a écrit le 20/06/2013 à 15:50 :
c'est comme le 1% ce, y toucher, ca va en faire hurler plus d'un!!! et comment ils vont faire, maintenant, pour payer leurs chateaux, leurs voyages bidons a l'etranger, et leurs parties fines?
a écrit le 20/06/2013 à 15:43 :
La formation continue,comme la formation initiale,n'a jamais fait l'objet d'analyse économique:rentabilité de la formation;il faut se reporter à la notion de capital humain absente des cours d'économie(élucubration des libéraux!)
a écrit le 20/06/2013 à 15:42 :
Qui en profite? Poser la question, c'est y répondre. La manne financière de la formation va ...aux formateurs, et cela sans compter les formations bidons dont certaines à la limite de l'escroquerie ou/et de la dérive sectaire.
a écrit le 20/06/2013 à 15:13 :
Qui en profite?les organismes collecteurs,non?
Réponse de le 20/06/2013 à 19:44 :
vs êtes vous retrouve dans la situation d'une reconversion professionnelle ou au chômage en recherche d'emploi ou de nouvelles compétences?
sur que les organismes vont en profiter mais c'est pour le bien des autres. alors oui certaines formations sont bidons ou alors certains "élèves" aussi mais pour connaitre la situation je souffre financièrement seulement parce que je veux me réorienter.

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