Le Medef met la pression sur le gouvernement avant la rentrée

A quelques jours de la rentrée, Pierre Gattaz, le nouveau patron des patrons, a montré les muscles en mettant la pression sur le gouvernement. Selon lui, il n'y a pas de reprise en France et il reste opposé à toute augmentation de la pression fiscale, notamment pour financer la réforme des retraites.
Pour Pierre Gattaz, le patron du Medef, il n'y a pas de reprise en France. (c) Reuters
Pour Pierre Gattaz, le patron du Medef, il n'y a pas de reprise en France. (c) Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

A quelques jours du lancement de l'Université d'été du Medef, Pierre Gattaz, le nouveau patron des patrons fraîchement élu a décidé d'imposer sa marque en faisant pression sur le gouvernement.

Scepticisme sur la reprise

Vendredi, il a en effet déclaré ne ressentir "aucun frémissement particulier" de l'activité économique en France, malgré un rebond de la croissance au deuxième trimestre.

"Je suis ravi qu'il y ait eu 0,5% de croissance au deuxième trimestre, j'espère que ça va continuer", mais "pour créer de l'emploi en France, il faut 1,5% de croissance", a expliqué Pierre Gattaz.

Ce chiffre avait faire dire au ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici que le pays avait pris le chemin d'une reprise "durable."

Bataille sur les hausses d'impôts

En affichant ainsi sa prudence sur l'activité économique française, le Medef espère dissuader le gouvernement d'augmenter la pression fiscale sur les entreprises, alors que les discussions sur la réforme des retraites sont dans leur dernière ligne droite, tout comme les arbitrages pour le prochain budget.

Sur ce point, de nombreuses voix s'élèvent à gauche pour appeler l'exécutif à ne pas s'adonner à de nouvelles hausses d'impôts. Mais la hausse programmée de la TVA en 2014 et surtout, l'annonce de la création d'une taxe carbone ont remis de l'huile sur le feu, à gauche comme à droite.

"Taxer n'est pas réformer"

Sur le plan de la fiscalité, d'ailleurs, le patron du Medef a rappelé qu'il était opposé par principe à une hausse des cotisations ou de la CSG pour financer la réforme des retraites à quelques jours d'une ultime réunion à Matignon sur le sujet.

Le message des patrons à Jean-Marc Ayrault est clair: "taxer n'est pas réformer". "Il faut faire des réformes structurelles profondes en France, y compris pour la retraite", a résumé Pierre Gattaz sur France Info, estimant que "les deux rendez-vous de la rentrée", les retraites et le budget, doivent être "réglés sans augmenter du tout les impôts".

"Ce serait une très mauvaise idée d'utiliser les impôts, la CSG, d'augmenter les cotisations sociales ou patronales car on réduirait la compétitivité de nos entreprises", a déclaré le patron du Medef.

Recul de l'âge de départ à la retraite et allongement de la durée de cotisation

Il préconise d'augmenter "un peu la durée des cotisations de 41 à 43 annuités" et d'"augmenter l'âge légal de 62 à 63 à l'horizon 2020".

En juillet, lMedef avait indiqué dans un document remis au gouvernement qu'il accepterait une hausse de 0,1 point des cotisations vieillesse pour les plus hauts salaires, à condition que les cotisations famille des entreprises soient transférées sur la TVA ou la CSG.

Quant à la question de la pénibilité, que certains syndicats veulent voir intégrée à la réforme des retraites, Pierre Gattaz a exclu qu'elle puisse faire partie de la réforme.

"On ne peut pas régler le problème de la pénibilité par les retraites, c'est un problème de prévention, pas un problème curatif", estime-t-il.