Retraites : Jean-Marc Ayrault évoque un "compte temps" prenant en compte la pénibilité du travail

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Depuis plusieurs semaines, les annonces, sorties et tests auprès de l'opinion se multiplient avant le lancement du prochain grand chantier pour la majorité : la réforme des retraites. Dernière idée du gouvernement en date, reprise cette nuit par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en visite nocturne sur un chantier des Yvelines, la création d'un "compte-temps" qui permettrait aux salariés qui occupent un emploi pénible de se reconvertir ou de partir plus tôt, comme le suggère le rapport Moreau sur les retraites remis en juin.
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La ministre de la Santé Marisol Touraine avait déjà affirmé début août que ce dispositif serait mis en place, tout en précisant qu'aucune décision n'était arrêtée. De quoi faire plaisir aux syndicats qui tiennent tout particulièrement à la mise en place d'un tel "compte temps" afin que les salariés qui occupent des postes particulièrement éprouvant ne soient pas plus pénalisé que les autres par un allongement de la durée de cotisation ou un recul de l'âge légal de départ à la retraite.
Les métiers pénibles peuvent être liés à des contraintes physiques (manutention de charges, postures pénibles), à un rythme de travail fatiguant (travail de nuit, travail répétitif) ou à un environnement agressif (bruit, agents chimiques). Concrètement, les salariés bénéficieraient d'un certain nombre de points en fonction de leur temps passé en situation de pénibilité. Ces points leur permettraient ensuite soit d'obtenir des trimestres pour partir plus tôt à la retraite, soit d'effectuer une formation pour se réorienter, soit enfin de travailler à temps partiel en fin de carrière. Par exemple, 10 trimestres d'exposition à des facteurs de pénibilité déclencheraient le droit à un trimestre de congé formation. Et 30 trimestres d'exposition permettraient le rachat d'un trimestre au titre de la retraite.
Coût d'un tel dispositif: 2,1 milliards d'euros par an selon le rapport Moreau, qui suggère un financement "mutualisé". Les entreprises seront-elles mises à contribution alors que leurs représentants, à l'image du Medef, sont vent debout contre toute nouvelle charge en période de crise? Ce "compte-temps" entrerait en vigueur en même temps que la réforme et serait donc appliqué aux salariés arrivant sur le marché du travail. Pour les autres, le rapport Moreau suggère un mécanisme transitoire permettant de partir plus tôt à la retraite, dont le coût annuel est évalué à 610 millions d'euros pour le seul régime général (salariés du privé).
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D'ultimes rencontres entre les syndicats et le Premier ministre doivent se tenir les 26 et 27 août à Matignon, avant la présentation officielle du projet de loi sur les retraites.
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