Chômage : l'aide à la création d'entreprises doit être réorientée

Florence Trainar

Florence Trainar
Bien, mais peut mieux faire. Pour aider les chômeurs souhaitant créer leur entreprise, l'Etat a mis en place, en 2009, le dispositif Nacre (Nouvel accompagnement à la création d'entreprise). "Un moyen efficace de réinsertion sociale", juge un récent rapport de l'Inspection générale des Finances (IGF), mais dont le processus de sélection doit être "réorienté" vers les publics "plus fragiles".
Le dispositif affiche des résultats "globalement positifs", estiment les inspecteurs: entre 2009 et 2012, il a permis l'accompagnement de 87.000 chômeurs, avec 40.000 prêts distribués pour un montant total de 222 millions d'euros.
Le taux de survie à deux ans des entreprises créées par les bénéficiaires de Nacre s'élève à 78%. Un chiffre dont se félicite l'IGF, soulignant que d'habitude "les publics éloignés de l'emploi ont, sans accompagnement, un taux de défaillance très supérieur aux moyennes nationales".
Pour rappel, le dispositif Nacre, qui s'adresse officiellement à des personnes sans emploi ou rencontrant des difficultés à s'insérer durablement dans l'emploi, prévoit un accompagnement individualisé de l'entrepreneur sur une durée d'au moins trois ans, et l'octroi d'un prêt à taux zéro.
"Officiellement" car, dans la réalité, les bénéficiaires sélectionnés par Nacre ne répondent pas toujours aux critères mis en avant. Ainsi, dans son rapport, l'IGF pointe que le dispositif s'adresse "trop majoritairement" à une population "dont les difficultés d'insertion sociale et d'accès au financement bancaire ne sont pas toujours démontrées".
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En effet, près de 43% des bénéficiaires de Nacre sont inscrits à Pôle Emploi depuis moins de 6 mois, et nombreux sont ceux qui cumulent cette aide avec l'Arce (aide à la reprise et à la création d'entreprise versée par Pôle Emploi).
Pour y remédier, les inspecteurs recommandent donc qu'il ne soit plus possible de cumuler les deux aides financières, et que le prêt Nacre représente au moins 25% des fonds propres du projet.
Par ailleurs, constat un peu plus inquiétant, des personnes non-inscrites à Pôle Emploi passent dans les mailles du filet, à la faveur d'un manque de rigueur de la structure.
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"Lorsque je me suis présenté à mon premier rendez-vous Nacre, je n'étais pas sûr que mon dossier serait retenu", raconte Edouard, étudiant en école de commerce à Paris. "J'ai dit à mon mentor que j'étais encore dans ma dernière année d'étude, que je n'étais pas au chômage, mais ça lui était égal aussi et on a commencé à parler prêt", assure-t-il à La Tribune.
Aucune question sur sa situation financière ou sur un soutien parallèle de sa famille à son projet d'entreprise ne lui sera posée non plus.
Florence Trainar
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