Quand Michel Sapin se retrouve à son tour sous le feu des critiques

 |   |  1121  mots
Michel Sapin, le ministre du Travail et ami du président, se trouve actuellement sous le feu dfes critiques
Michel Sapin, le ministre du Travail et ami du président, se trouve actuellement sous le feu dfes critiques (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Après les mauvais chiffres du chômage, le ministre du travail, longtemps épargné et proche du président, est à présent soumis à un "Sapin bashing"... sans doute éphémère.

Y a-t-il un "contrat" sur Michel Sapin ? Avec les cafouillages, pour certains, les adaptations, pour d'autres, autour du contrat de génération, les critiques commencent à fuser sur le ministre de l'Emploi, du Travail, du Dialogue social et de la Formation professionnelle. Jusqu'ici, cet homme discret avait pourtant la baraka ! Alors que la France compte plus de 3 millions de chômeurs, le ministre de l'Emploi, aurait dû être depuis longtemps dans le collimateur de l'opposition. N'est-ce pas lui qui pendant des mois devait révéler les mauvaises statistiques mensuelles du nombre des demandeurs d'emploi ? N'est-ce pas lui qui doit gérer la litanie des plans sociaux ?

Eh bien non, Michel Sapin s'en sortait quasi indemne. Pour beaucoup, il était même en train de s'ouvrir tout grand les portes de Bercy. Mais pas avant la fin du printemps, après les élections européennes du 25 mai, quand son vieil ami de trente ans le président François Hollande décidera d'un remaniement ministériel.

Michel Sapin à Bercy ?

Si Jean-Marc Ayrault reste à Matignon, alors, il est en effet fort probable que Michel Sapin soit le prochain ministre de l'Economie et des Finances. Après tout, n'était-ce pas le poste qui l'attendait au lendemain de l'élection présidentielle en mai 2012 ? Il s'y était préparé mais afin de respecter de subtils équilibres au sein du Parti socialiste, finalement, c'est Pierre Moscovici qui avait hérité de Bercy, en remerciement de son ralliement rapide à François Hollande, après la "chute" de Dominique Strauss-Kahn. Sans oublier que Michel Sapin avait déjà été ministre de l'Economie et des Finances… C'était il y a plus de 20 ans dans le gouvernement Bérégovoy (1992-93). D'ailleurs, l'actuel ministre du Travail est, avec Laurent Fabius, l'un des plus "capés" du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, où ceux qui avaient déjà une expérience ministérielle ne sont pas légions. De fait, il fut aussi ministre de la Fonction publique sous Lionel Jospin (2000-2002).

Surtout, et cela en agace plus d'un, y compris au sein de sa propre majorité, Michel Sapin est un intime de François Hollande depuis plus de 30 ans. "Si tu lui dis quelque chose, tu peux être certain que François Hollande est au courant 10 minutes après", assure un ministre du gouvernement. Que ce soit l'Ena - la fameuse "promotion Voltaire", ou le service militaire, puis le militantisme au sein du Parti socialiste, ces deux-là ont tout connu ensemble. Il partage surtout les mêmes opinions politiques. Comme son ami-président, Michel Sapin revendique ouvertement son caractère social-démocrate. Ce qui lui vaut pas mal d'inimitiés sur l'aile gauche du PS ainsi qu'au Front de gauche, où il incarne le parfait "social-traitre".

L'homme des compromis

D'ailleurs, en bon social-démocrate, il n'a eu de cesse depuis son arrivée au ministère du Travail de chercher des compromis avec les organisations syndicales et patronales. Plutôt avec succès. Et ce n'était pas forcément gagné, notamment avec l'accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 qui a jeté les bases d'une " flexisésurité" à la française et qui est venu assouplir des pans entiers du droit du travail français, considéré comme si rigide.

C'est à Michel Sapin, aussi, que l'on doit l'accord du 14 décembre réformant la formation professionnelle et dont la transcription législative commence ce 5 février 2014 à l'Assemblée nationale. Sur le terrain européen, l'ancien maire de la bonne ville d'Argenton-sur-creuse - où il figurera d'ailleurs sur la liste PS aux prochaines élections municipales des 23 et 30 mars - a également acquis ses lettres de noblesse en arrachant une modification de la directive sur le détachement des salariés, grâce à un ralliement de la Pologne - pour lequel il a beaucoup œuvré - aux idées défendues par la France.

La "galère" des chiffres du chômage

Tout allait bien donc pour le confident du président. Mais, depuis quelques semaines, sa fameuse baraka semble l'avoir abandonnée. Et pour cause ! A propos de l'inversion de la courbe du chômage, Michel Sapin est contraint de jouer les paratonnerre pour un président réfugié sur les hauteurs élyséennes. C'est le ministre de l'Emploi qui, le 27 janvier, après la publication des médiocres statistiques du chômage pour le mois de décembre doit aller " ramer" sur les plateaux de télé et sur les ondes des radios pour expliquer "que l'inversion nous y sommes presque" que " le pari n'est pas raté", etc.

C'est lui encore qui, maintenant, endosse le rôle du "méchant " a propos d'éventuelles pénalités qui pourraient frapper les entreprises de plus de 50 salariés rechignant à recruter via le fameux contrat de génération. Même si, en vérité, l'affaire est plus compliquée que cela. Certaines obligations instaurées par le dernier ministre du Travail du gouvernement Fillon, c'est-à-dire Xavier Bertrand (UMP), ont été supprimées, s'agissant notamment de l'emploi des seniors, de l'égalité professionnelle. Elles ont été remplacées (et simplifiées) par d'autres par l'actuelle majorité, à la suite de l'instauration du contrat de génération. Les entreprises bénéficiaient d'un délai pour s'adapter. Une fois expiré ce délai, le ministère du Travail envoie, certes, des injonctions… Mais, en réalité, aucune entreprise n'a encore dû payer des pénalités.

Les fameuses "contreparties" au "pacte de responsabilité"

L'attitude actuelle du ministère du Travail est surtout justifiée par un besoin de rassurer les syndicats, à la suite de l'annonce du " pacte de responsabilité"  auquel Michel Sapin a été étroitement associé. Dans le cadre de ce pacte, le gouvernement s'engage sur une baisse du coût du travail, via un nouvel allègement des cotisations (en l'occurrence familiales) des entreprises. Bien entendu, il en attend des contreparties sur l'emploi. Les syndicats se disent sceptiques. En affichant une certaine fermeté sur les engagements des entreprises en matière de formation, d'emploi des seniors ou sur le contrat de génération, Michel Sapin tente de les rassurer. Pas certain que l'opération réussisse.

Michel Sapin traverse donc une mauvaise passe mais l'homme est solide et doté d'un calme à toute épreuve. Surtout, il a l'oreille du patronat. Les dirigeants du Medef, de la CGPME et de l'UPA (artisans employeurs) ne cachent pas leur satisfaction de l'avoir comme interlocuteur au ministère du Travail. " Il travaille et il connaît ses dossiers, mieux vaut lui qu'un plus excité" confie ainsi un cacique de l'UPA. Dans ces conditions, à l'heure où le gouvernement fait tout pour séduire les entreprises, pas sûr que le "Sapin bashing" continue très longtemps.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/02/2014 à 19:06 :
Je préfère Moscovici à Bercy que Sapin le fourbe.
a écrit le 09/02/2014 à 22:32 :
Pour le contrat de génération, Sapin pourrait peut-être employer des ouvriers sur ses 433 hectares de terre qu'il fait cultiver et aussi payer des cotisations patronales à la mutuelle sociale agricole
a écrit le 08/02/2014 à 22:31 :
Oui c'est vrai, il n'y'a pas de sapins à l'île Maurice, je confirme.
Ceci dit, le sapin est un bois tendre et flexible. Pourquoi tant d'acharnement sur un ministre qui a un porte feuille disons aussi difficile que celui du travail....du "TRAVAIL"!
C'est à Hollande d'impulser une autre stratégie pour la France, une vraie...
Sinon Sapin, cocotier ou un autre sera cantonné à nous montrer des statistiques qui n'ont aucun sens, ou plutôt un sens unique.
Enfin à sa décharge, je pense qu'il a fait avancé la réforme de la formation professionnelle mais il n'est pas allé assez loin et donne trop d'importance aux syndicats (il n'est pas le seul mais pourrait l'évoquer) qui représentent qui au final?? Dites moi quel pourcentage de travailleurs représentent les syndicats? Certainement pas une majorité, voir très très loin de celle-ci. Alors oui les syndicats ont leur mot a dire c'est une évidence mais on est plus dans les années 70-80.
A débattre donc, plutôt que de la personne de monsieur le ministre SAPIN.
a écrit le 08/02/2014 à 11:39 :
en ce moment il est tranquille , sa femme est en vacances à l'Ile Maurice avec Tierweiller à 1900 € la nuit
Réponse de le 09/02/2014 à 8:41 :
entièrement d'accord avec vous,
Réponse de le 10/02/2014 à 17:02 :
Que 1900 euros la nuit!
a écrit le 07/02/2014 à 23:47 :
Pour moi, Monsieur SAPIN représente l'archétype de l'hypocrisie et du cynisme ; en cela, il bat tous ses compétiteurs du système actuel. Je m'étonne donc que des chefs d'entreprises qui veulent de leur côté incarner les héros des temps troublés se mêlent aux émules de Machiavel. L'histoire nous dira ce qu'il en aura coûté ou rapporté...
a écrit le 07/02/2014 à 19:22 :
à croire que plus ils sont mauvais, roublards ... cela leur fait gagner des galons, gardons tous ces gagneurs ! Bravo la France
Réponse de le 10/02/2014 à 17:06 :
Eh ils sont là pour longtemps car les élections prochaines le confirmeront.
a écrit le 06/02/2014 à 15:28 :
De toute façon, comment croire à ce virage soial-démocrate, alors que cette annonce majeur n’entraîne pas le moindre remaniement du gouvernement ? Avec exactement les mêmes ministres, on va avoir droit au même charivari, aucune raison que la ligne directrice change d'un iota.
a écrit le 06/02/2014 à 14:26 :
On ne change pas une equipe qui perd ...depuis 40 ans mais ça ne durera pas encore 40 ans, hélas pour nous
a écrit le 06/02/2014 à 10:19 :
trop d injustices. protèges et exposes il faudra faire de efforts..tant que l'exemple ne viendra du haut le pouvoir est la rue syndicats et medias
Réponse de le 06/02/2014 à 12:50 :
quand on voit le cout d'une campagne electorale municipales 45 euros par habitant au total 3 millions d'euros 2 enfants 1345 euros pourvvivre
a écrit le 06/02/2014 à 9:48 :
Petite question: Qui se souvient de façon certaine du nom du ministre du travail précédent? pas moi et pourtant je pense suivre la politique (Wauquiez peut être, pas envie de vérifier)...c'est dire l'activité de ce dernier ministre et la priorité qui avait été mise sur l'emploi dans le précédent gouvernement. Hormis sa langue en bois d'ébène made in ENA, Mr Sapin me semble bosseur et compétent, peu importe qu'il soit populaire, in fine si il arrive à faire avancer des négociations primordiales. On se souviendra de lui au moins.
Réponse de le 06/02/2014 à 12:45 :
à @nico que d'espoir puéril ! il en faut pour continuer à voter socialiste, c'est pour cette raison que notre pays s'enfonce depuis cinquante ans avec les mêmes troubadours.
Réponse de le 06/02/2014 à 13:32 :
Troubadour Michel Sapin ???? Plutôt Merlin l' enchanteur !!!
Réponse de le 06/02/2014 à 15:28 :
Vous ne répondez à ma question initiale et en plus vous semblez oublie que nous avons eu 10 ans de droite avec les résultats que l on connaît. Ceci dit je comprends que vous souhaitiez l oublie comme le nom des ministres du travail précédent. Sénilité?
Réponse de le 06/02/2014 à 18:34 :
à @nico vous faites un tri ou il n'y en a pas à faire , se sont les mêmes exactement , cinquante ans de déficit ne se sont pas fait tout seul même certains du parti Socialiste disaient que l'on pouvait aller plus loin dans les déficits.
a écrit le 06/02/2014 à 9:25 :
Voici le régime socialiste (dit près du peuple) !

La vignette automobile rétablie à partir de juin 2014 et ceci rétroactivement pour l'année 2014 ; plus une tva de 20% sur la vignette. Autrement dit, une taxe sur une taxe !

Et ce n'est pas fini :

En raison d'un alourdissement de la fiscalité, le gazole devrait se renchérir de 8,5 centimes le litre, et l'essence de 7,7 centimes, malgré la stabilité attendue des cours du baril de pétrole brut, «sauf évènement géopolitique majeur».

Merci aux socialistes !
a écrit le 06/02/2014 à 8:32 :
L'homme du passé et du passif, à l'image de la France : sans illusion et sans idées.
On écoute, on cause et le bateau coule...Il est vrai que faire des réformes audacieuses c'est perdre à coup sur les élections et que le seul but d'un élu, c'est d'être réélu, c'est ça la démocratie.
Réponse de le 06/02/2014 à 11:49 :
Oui, la démocratie c'est la dictature de la persuasion.
a écrit le 05/02/2014 à 21:05 :
Sapin a Bercy.. mon dieu mon dieu mon dieu... à la porte oui !
Apres avoir été le ministre du chômage, il serait le ministre de la débâcle...
Si ils veulent une vraie chance (si il en reste une) de redresser un peu la barre (du moins de stopper la chute sans fin..) il faut virer TOUT le gouvernement actuel et mettre de nouvelle têtes avec de nouvelles idées et qui cessent d'enfumer tout le monde ! TOUS, pas faire des chaises musicales !
Le tout, histoire de faire une vraie réforme en profondeur de l'état, voir, pondre un 6eme république qui dégagerai le monarque, diviserait par 3 le nombre de députés, virerait le sénat, reduirair vraiment le mille feuille administratif, lutterai vraiment contre le clientelisme et la corruption, etc, etc etc...
bref, un vrai choc qui pourrait redoner confiance dans le pays.

Ils sont au fond du trou, ils n'ont rien a perdre (a par leur bonnes places bien grasses) et nous, tout a gagner !
Réponse de le 06/02/2014 à 8:01 :
tous ceux qui sont au gouvernement sont des incapables ils ont mis les entreprises a genoux , et maitenant ne pouvant plus payer et n'etant plus competitive elles licencient ...........................................
a écrit le 05/02/2014 à 20:45 :
Sentant le vent tourner, Mosco guigne un poste de commissaire à Bruxelles.
Réponse de le 06/02/2014 à 5:56 :
Moscou Vichy ferait bien en effet de disparaître du paysage ...
a écrit le 05/02/2014 à 19:06 :
Le ministre aurait fait des fourberies? Les riches parlent-ils des contreparties ou des contre péterie, grands coups d'épée dans l'eau!
a écrit le 05/02/2014 à 18:18 :
Que voulez-vous lui reprocher ! il est aussi bon que les autre, Valls ,Moscovici, Montebourg et d'autres en passant par la santé et l'agriculture . C'est la formation Socialiste dépassée depuis plus cinquante ans et cerise sur le gâteau l'assemblée . Je vous assure qu'avant 2017 ils vont battre tous les records (mais lesquels) surprise , surprise !
a écrit le 05/02/2014 à 18:11 :
ce pauvre gars fait son travail!!!! on lui dit de dire que le chomage baisse alors qu'il augmente, c'est pas sa faute s'il a les mauvaises directives; ca serait ieux si ca baissait effectivement, mais pour le reste il n'est pas paye au resultat, il est paye ' a la presence', c'est un fonctionnaire
a écrit le 05/02/2014 à 17:46 :
un bon ministre aurait du avoir une ligne('quitte à flanquerla porte) et s'y tenir .on ne peut etre social democrate et faire du raccolage avec l'extreme droit ,il y a perdu sa credibilite<<<<<;de meme fillon s'il l'avait fait sous l'ére sarkosy ,aujoud'hui il serait gagnant
a écrit le 05/02/2014 à 17:40 :
plus de 7 millions de chômeurs réels sur 20 millions supposés travailler, kolosssal ...
Réponse de le 06/02/2014 à 14:49 :
Même le fait que 21 millions de personnes sont supposés travailler, alors qu'il y a 40 millions de personnes entre 18 et 62 ans en France......Chaque travailleur, supporte 2 adultes et un enfant ou un veillard. Et on voudrait que ça marche encore longtemps comme ça?
a écrit le 05/02/2014 à 17:07 :
Depuis le temps qu'il sent le sapin il faut bien que cela arrive
Réponse de le 05/02/2014 à 17:46 :
Il n'y a plus qu'à faire une flambée avec au moins ça servira à quelque chose...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :