En cédant sous la contrainte le ministère du Commerce extérieur au Quai d'Orsay, certaines mauvaises langues diront qu'Arnaud Montebourg dirige désormais une coquille vide ! Le propos est dur.
Néanmoins, Arnaud Montebourg n'est pas payé en retour de son soutien à Manuel Valls dans sa conquête de Matignon. Le Premier ministre a en effet décidé de trancher en faveur du numéro deux du gouvernement, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères et du Développement international dans la lutte qui l'opposait au tout nouveau ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique.
Autre prise de guerre de Laurent Fabius, Fleur Pellerin. Vraisemblablement, l'ancienne ministre déléguée au Redressement productif en charge des PME et du Numérique, placée sous la tutelle d'Arnaud Montebourg dans le gouvernement précédent, accepterait le poste de secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, rattaché à présent au ministère des Affaires étrangères.
Ce transfert du Commerce extérieur, tour à tour secrétariat d'Etat, ministre de plein exercice ou ministère délégué selon les gouvernements, au Quai d'Orsay est une première sous la cinquième République.
Les hésitations de Matignon commençaient à tourner au psychodrame. Jeudi, la passation de pouvoir entre Nicole Bricq, jusqu'ici ministre du Commerce extérieur, avait dû être annulée, Arnaud Montebourg et Laurent Fabius ayant tous les deux décidé de se rendre à cet événement.
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Buvant le calice jusqu'à la lie, Arnaud Montebourg voit également filer le Tourisme au ministère des Affaires étrangères. Dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, c'est Sylvia Pinel, désormais ministre du Logement, qui gérait ce portefeuille traditionnellement rattaché à Bercy. En rattachant le Commerce extérieur et le Tourisme, Laurent Fabius dispose désormais des armes pour développer sa « diplomatie économique », un concept dont le contenu est expliqué sur le site Internet du ministère.
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