Des députés de la majorité adressent une lettre contre l'austérité à Manuel Valls

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L'aile gauche du parti socialiste craint que la réduction des dépenses publiques ne vienne freiner la reprise et les chances de réduction du taux de chômage. (Photo : Reuters)
L'aile gauche du parti socialiste craint que la réduction des dépenses publiques ne vienne freiner la reprise et les chances de réduction du taux de chômage. (Photo : Reuters) (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Une douzaine de députés a signé une lettre appelant le Premier ministre Manuel Valls à revenir sur son objectif de réduction des dépenses de 50 milliards d'euros d'ici à 2017. Seloneux, au delà de 35 milliards, la facture risque d'être salée pour les électeurs.

"Au delà de 35 milliards, nous croyons que reculs sociaux et mise à mal des services publics seront inéluctables." C'est le message qu'ont lancé aujourd'hui une douzaine de députés de la majorité, qui contestent le plan d'économies de 50 milliards d'euros d'ici à 2017 dans une lettre adressée jeudi à Manuel Valls.

Le plan d'économie "contraire aux engagements pris devant les électeurs"

S'exprimant "au nom de l'appel des cents" députés qui avaient déjà exhorté l'exécutif à mener une politique en faveur de la croissance avant le vote de confiance au gouvernement, ils estiment "dangereux économiquement" ce plan de réduction des dépenses car il conduira inéluctablement à une asphyxie de la reprise et de l'emploi. Selon eux, un tel engagement pour contenter les partenaires européens et Bruxelles, serait contraire aux "engagements pris devant (les) électeurs".

Parmi les signataires de cet appel à l'exécutif, on trouve notamment les députés aubrystes Christian Paul et Jean-Marc Germain, mais aussi Laurent Baumel, Pouria Amirshahi, ou encore le vice-président de la commission des Finances et économiste, Pierre-Alain Muet.

D'autres élus, qui ne sont pas signataires de la lettre, ont tenu par ailleurs à apporter leur soutien à cette démarche. C'est le cas notamment de la sénatrice Marie-Noëlle Liennemann, de l'aile gauche du parti socialiste, qui considère que la "la résorption massive des déficits et le suivi de la feuille de route imposée par Bruxelles constitueraient un handicap majeur pour le redressement de l'économie française".

Décaler l'objectif de 3% dans le temps

"Nous nous opposons au gel des prestations sociales, qui atteindrait des millions de familles modestes", déclarent les onze députés après l'annonce mercredi par Manuel Valls de son plan de 50 milliards d'économies.

En outre, l'effort demandé aux collectivités locales "fait courir le risque de briser l'investissement local", préviennent ces députés, qui demandent de le ramener à 5 milliards, au lieu de 11 milliards prévus. Ils estiment que des "marges de manoeuvre nouvelles" peuvent être dégagées, en particulier "en présentant, dans le pacte de stabilité, une trajectoire plus crédible de réduction des déficits". "L'objectif de passer sous la barre des 3% (du PIB) pourrait être maintenu mais décalé dans le temps", selon eux. Egalement sur les aides aux entreprises, "on peut faire mieux avec moins", suggèrent-ils en proposant de réduire de 30 à 20 milliards le montant des baisses de cotisations prévues.

Ces élus veulent "aller plus loin et plus vite sur le pouvoir d'achat", avec "un effort supplémentaire de 5 milliards d'euros", et demandent de débloquer "une enveloppe de 1 milliard d'euros pour 50.000 emplois d'avenir supplémentaires et un plan pour les chômeurs de longue durée". En clair, les députés appellent l'exécutif à ménager la demande intérieure, principale moteur de la croissance en France.

L'OFCE craint aussi pour la croissance et l'emploi

Un peu plus tôt dans la journée, l'Observatoire français de conjoncture économique (OFCE) en est lui aussi allé de sa critique à l'encontre d'une réduction des dépenses trop violente induite par le maintien de l'objectif d'un déficit public à 3% fin 2015.

Selon l'Observatoire, un plan de 50 milliards d'euros permettrait bel et bien d'atteindre les objectifs de réduction des déficits. Mais cela se traduirait par une perte de -0,7 point de PIB dés 2014, et de -0,6 point de PIB en 2015. Le taux de chômage, qui ne bénéficierait pas de la faible reprise surtout favorable à la reconstitution des marges pour les entreprises, resterait durablement au dessus des 10%. Bref... comme on pouvait s'y attendre, le plan présenté par Manuel Valls ne fait pas l'unanimité à gauche et chez les économistes keynésiens de l'OFCE.

>> Lire Pour l'OFCE, l'objectif des 3% de déficit va lourdement peser sur la croissance

 

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Commentaires
a écrit le 18/04/2014 à 17:25 :
Arréter de verser des salaires scandaleux aux élus,arrêter le versement des pensions à vie lorsqu'ils ne sont plus élus.Un ouvrier perd son emploie il ne touche plus de salaire tandis que certains l'ont à vie avec tous les avantages supplémentaire,,voiture,chauffeur,garde du corps,gratuite des transport SNCF et aérien etc.
a écrit le 18/04/2014 à 17:23 :
il n'y aura aucune amélioration du chômage tant que les impôts et charges seront aussi élevés, ce sont les ménages et les entreprises qui sont asphyxiées. et pour baisser les impôts, il n'y a qu'un moyen : baisser les dépenses, et on a "la chance" d'avoir le niveau le plus élevé d'europe, on est assis sur un trésor de guerre de 200 milliards de gains faciles en gaspillages de tous bords, et ils voudraient augmenter les dépenses !!!! totalement irresponsables, ils sont à virer de suite et sans indemnités, ils n'ont rien à faire comme élus gaspilleurs payés avec nos impôts
a écrit le 18/04/2014 à 17:21 :
Faisons des économioes en arrêtant de distribuer l'argent aux paysdit en difficulté,la France est en dificultée,elle a besoin de l'aide.
a écrit le 18/04/2014 à 17:18 :
Le président,les ministres,députés,sénateurs et hauts fonctionnaire peuvent baisser leur salaire et leur train de vie au profit du contribuable.La "cagnotte" du sénat à reverser sur le compte budget,cet argent et ces biens sont financés par les contribuables.
Il y a plein de mesures à prendre mais pas toujours sur les plus pauvres.
Réponse de le 18/04/2014 à 17:32 :
mille fois d'accord, il y a quantité de gains à faire sans toucher aux prestations sociales : mille feuille (15 milliards) , financement des syndicats (5 milliards), surmédication (entre 10 et 20 milliards) , tourisme hotelier (idem), caisses noires (5 milliards), optimisation des investissements débridés (à chiffrer, au moins 50 milliards), régimes spéciaux (22 milliards + 2 milliards de gestion), les 1600 commissions théodules (25 milliards), travail sur la performance et l'efficacité dans la sphére publique et politique, simplification des textes : prés de 100 milliards...on arrive trés vite aux 200 milliards qui est la diffrence avec ce que dépense l'allemagne, et ça permet de relancer l'économie et l'emploi. Encore faut il de vrais gestionnaires réactifs et volontaires comme il y en a dans toute entreprise, mais on a que des léthargiques qui fueint les problèmes...et mieux payés que ceux du privé qui bossent le double et décident tous les jours
a écrit le 18/04/2014 à 17:01 :
les élus sont partie prenante contre la suppression du mille feuille, la réduction de la gabegie publique qui s'élève à 200 milliards, en plus ils ont le culot de s'insurger contre ces dispositions. Comme si on demandait aux racailles de voter une loi pour la répression de la délinquance...
a écrit le 18/04/2014 à 16:35 :
sachant qu'on a 2000 milliards de dette, que les intérêts représentent 85 milliards par an, que notre commerce extérieur est en déficit mais que les mauvaises dépenses publiques représentent 200 milliards, ils proposent quoi ? d'augmenter de 30 milliards les dépenses ? donc d'augmenter les impôts dont on al record, et qui va encore plus détruire l'emploi par la baisse du pourvoir d'achat et augmentations des charges ? ils sont totalement irresponsables à faire croire que l'argent public tombe du ciel, il ne vient que du contribuable !!! il n'y a âs d'autres olution que de faire des économies, surtout de mauvaises dépenses (mille feuille, régimes spéciaux..) pour financer la relance et se désendetter, plutôt qu'augmenter le surendettement; ce ne sont que des clientélistes opportunistes pour leurs élections, n'ont rien à faire du peuple ..
a écrit le 18/04/2014 à 15:31 :
Ils font du vent mais ils iront très vite manger leur soupe.grosse spécialité des bobos de gauche mais ils vont être laminés aux prochaines élections. Dehors et vite.
a écrit le 18/04/2014 à 14:16 :
demandons la réduction du nombre des régions, une baisse du nombre des députés et du train de vie de l'état ...
l'état doit faire des économies commençons par là !
Réponse de le 18/04/2014 à 16:40 :
+1000, il faut donner suite aux rapports de la cour des comptes, 200 milliards d'économies de gabegie, infiniment plus prioritaire que baisser les prestations sociales, et de quoi repasser trés vite à 3% de croissance et 2 millions de chomeurs max. Encore faudrait il qu'il n'y aiat pas de conflit d'intérets, les politiques sont illégitimes, il faut un référendum (hors fonctionnaires aussi illégitimes) pour valider les baisses de dépenses publiques. Ce monde politique et public nous saigne pour assurer leur luxueux train de vie à ne rien faire, ne rien gérer, ne rien réoganiser
a écrit le 18/04/2014 à 12:17 :
il est irresponsable de vivre sur de la dette qui pèsera sur la tête de nos enfants

si par 'austérité' on entend "ne plus vivre à crédit au dessus de nos moyens" alors vive l'austérité
Réponse de le 18/04/2014 à 14:13 :
certains peuvent supporter l'austérité , ayant de bons revenus § d'autres avec des fins de mois difficiles souffrent !
l 'austérité se fait au détriment de la reprise et aussi de l'emploi ! moins de consommation = moins de rentrérs fiscales (tva) c'est ça que vous préconisez ?
à quand une réelle lutte contre la fraude fiscale ?? est ce à nous de la combler ??
Réponse de le 18/04/2014 à 15:36 :
Si on avait géré avec plus de rigueur les comptes publics depuis plusieurs décades , on ne serait pas obligé de freiner brutalement devant le mur de la dette. Aujourd'hui alors que nous devrions relancer la machine économique, on ne peut rien faire à cause de l'indigence et de la démagogie des précédents gouvernements.
Réponse de le 18/04/2014 à 17:53 :
+ 100, 30 ans de vote de budget en déséquilibre, et il a fallu une loi laborieuse pour obliger ces nuls en gestion à revenir à un équilibre budgateire !!! il y a vraiement 2 fance : celle celle de la vraie vie au travail et ce monde public de martiens, qui en plus nous prennent de haut et veulent nous expliquer la vraie vie, ces suffisances énarchiques qui couleraient une boite en moins de 3 mois
Réponse de le 18/04/2014 à 20:28 :
tout à fait d'accord, et quand aux économies, il faut avoir une vision globale : si comme le propose l'extréme gauche, on relance en dépensant 30 milliards, ce sont nos impôts qui vont faire encore un bond et avec encore plus de chômage par l'asphixie supplémentaire. donc le sujet n'est pas de se focaliser sur les économies mais sur les gains globaux attendus qui seront supérieurs à l'effort demandé
a écrit le 18/04/2014 à 11:54 :
Ces députés jouent contre leur camp et essaient de préserver leur future réélection. En cas de succès le la politique menée, ils pourront faire valoir leur étiquette et en cas d'échec, dire qu'ils avaient mis en garde le Gouvernement.
Il est vrai que les économies qui seront réalisées auront pour effet collatéral de supprimer des emplois dans les entreprises fournisseurs de l'Etat et des Collectivités locales, même si le pacte de productivité peut contribuer à en créer un peu !
a écrit le 18/04/2014 à 10:14 :
Valls n'a plus de majorité politique autrement qu'en leur faisant comprendre que s'il y a dissolution, la gauche sera éradiquée de l'assemblée. La droite n'a toujours pas de leader, elle est anesthésiée par illégitimité de Copé et les boulets que trainent Sarkozy. Hollande regarde passer les trains. Avec pareille équipe je ne sais pas ou on va, à part dans un mur.
a écrit le 18/04/2014 à 9:41 :
L'irresponsabilité dont font fait preuve les 11 députés est hallucinante, ils demandent un report des 3% alors que l'on a eu des délais. On a une crédibilité vis à vis de l'Europe et des marchés bon sang ! Ils souhaitent l'immobilisme avec l'espoir d’avoir une croissance permettant aucune réforme. Un doux rêve mais le pays ne peux plus tenir face à la gravité de la situation. On peut espérer des réformes de fond permettant au pays de redécoller dans quelques années mais vu ce qu'a proposé Valls (Rabot), on va dans le mur. Ils décalent dans le temps les décisions douloureuses...Le changement c'est maintenant ! fini la démagogie, l'utopie, la redistribution.
Réponse de le 18/04/2014 à 16:51 :
Après ces belles paroles j'espère que vous avez été voir votre patron pour demander une diminution de votre salaire. Parce que vos conseils doivent surtout s'appliquer aux aux autres mais pas à vous, ah les bobos de gauche rien à en tirer.
Réponse de le 18/04/2014 à 21:28 :
Si j'étais ce que vous dites, je ne critiquerais pas ce gouvernement. Pour le reste, vous êtes hors sujet. Il est vrai que l'immobilisme nous sauvera dans cette mondialisation et ce monde en perpétuel mouvement...
a écrit le 18/04/2014 à 9:27 :
Ils ont fait une lettre ! ou là là !
Les courtisans touchent leurs prébendes, les notables leurs passe-droit et les politicards écrivent une lettre...
a écrit le 18/04/2014 à 9:04 :
comment peut on revendiquer une legitimité politique de gouvernement lorsqu'on persiste à considerer que depenser plus que ce qu'on gagne pour nourrir les ambitions clientélistes des élus ,est une bonne solution ?
a écrit le 18/04/2014 à 3:10 :
Quelles que soient vos convictions politiques, nous devons réformer un système qui ne marche pas ou plus. Oui ça va faire mal et de plus en plus. La ou les politiques n'ont pas fait leur travail, c'est qu'ils n'ont jamais prépare la société à un tour de vis libéral.
La France ne versera pas dans le tout libéralisme et nous en sommes très loin, mais il faut ré équilibrer au plus vite. De toute façon, l'endettement n'est nonne affaire d'Euros, d'Europe ou de mondialisation, c'est une affaire française. Si nous devons nous ajuster, c'est parce que notre système est moins fort et peu envie. Je suis désolé pour nous tous, ça faire mal, mais il n'y a pas le choix.
Réponse de le 18/04/2014 à 9:01 :
Du moment que ça ne vous touche pas tout va bien,encore un bobo de gauche qui donne des leçons d'économie au monde entier.
a écrit le 17/04/2014 à 23:28 :
On en parle demain aux européennes. Pour l'instant nous en sommes à chanter à notre bien aimé premier ministre, en chœur: ce n'est qu'une au revoir, de la part du peuple français et du plus pauvre mais pas des moins diplômés, aux allocations pas toujours payées! Le flou artistique dans les valeurs... en 14 un frère en moins, une croix de commandeur, en 40, un officier et résistant et polytechnicien, on fait les plans du désert, et pour la lune les plans c'est du subventionné?
a écrit le 17/04/2014 à 23:06 :
Vous avez depuis toujours berné les Français ......les prochaines élections sont déjà perdues
Réponse de le 18/04/2014 à 9:02 :
Ça au moins c'est une certitude.

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