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ÉconomieFrance

Croissance : la fenêtre de tir reste favorable

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 22 septembre 2014 à 16:56 - Mis à jour le 23 septembre 2014 à 09:25

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Croissance stagnante, moral des ménages et des entreprises en berne, défiance à l'égard du monde politique. Paradoxalement, l'environnement macroéconomique de la France n'est pas si défavorable.

L'activité économique est en berne, le nombre de demandeurs d'emplois progresse au fil des mois, le niveau des défaillances d'entreprises est élevé et le pouvoir d'achat des ménages doit surtout sa timide progression à la faiblesse actuelle de l'inflation. Bref, le tableau est noir, très noir si l'on en croit les commentaires des experts. Annoncée le 13 juillet par François Hollande, le président de la République, la reprise se fait attendre. Désespérément.

Pourtant, la fenêtre de tir est actuellement favorable. En attendant que les réformes structurelles produisent leurs effets, que les 300 milliards d'euros contenus dans le plan de relance européen annoncé en début du mois par Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, se diffusent dans les économies du Vieux Continent, la France peut compter sur des éléments conjoncturels favorables.

L'euro fort, le coupable idéal

Certes, ils ne sont pas nombreux. Mais ils existent ! En outre, parce qu'ils sont systématiquement comparés à la peste et au choléra lorsqu'ils évoluent à la hausse, il serait malvenu de passer sous silence la dépréciation actuelle de l'euro face au dollar et le repli du prix des matières premières, notamment des hydrocarbures, pétrole en tête. Avancés par la classe politique, et par le gouvernement au premier chef, pour expliquer la panne de la croissance française, ces deux facteurs devraient produire des effets positifs au cours des prochains mois si la tendance actuelle se prolonge.

Depuis la fin juin, la monnaie unique se replie face au billet vert pour atteindre récemment son niveau le plus bas depuis novembre 2013, passant sous la barre de 1,34 dollar pour un euro. Un niveau proche de celui anticipé par Bercy lors de l'élaboration du projet de loi de finances 2014.  Pour quelles raisons ? Deux éléments, principalement, peuvent être avancés. D'une part, les marchés jugent le potentiel de croissance de l'économie américaine nettement supérieur à celui des membres de la zone euro. D'autre part, depuis juin, la Banque centrale européenne (BCE) a clairement décidé de mener une politique monétaire accommodante, capable de faire reculer l'euro, pour relancer la croissance et lutter contre la menace rampante de déflation. Une politique symbolisée par la décision prise début septembre de lancer de vastes rachats d'actifs et de prêts à long terme. La Réserve fédérale américaine ayant annoncé en juillet un prochain resserrement monétaire, il n'en fallait pas plus pour que l'euro cède du terrain face au dollar.

Un rebond de la compétitivité-prix

Quelles sont les conséquences ? Hors zone euro, la compétitivité-prix des produits made in France se redresse mécaniquement. Elle pourrait se renforcer davantage si la réorientation géographique des échanges que l'exécutif appelle désespérément de ses vœux se produit. Actuellement, près de 60% des exportations tricolores prennent la direction des pays de la zone euro, à la croissance faible. Puisse cette progression de la compétitivité-prix pousser les 120.000 exportateurs français à tenter de gagner des parts de marché dans les pays à forte croissance !

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Pour les industriels dont les biens sont libellés en dollars, le repli de l'euro est également une bonne nouvelle. C'est notamment le cas des entreprises composant la filière aéronautique.
Revers de la médaille, la facture énergétique augmentera, les importations d'hydrocarbures se négociant en dollars.

Des conditions d'emprunts attractives

La politique monétaire accommodante de la BCE a une autre conséquence positive pour l'économie française : elle offre des conditions d'emprunt aux entreprises et aux ménages particulièrement souples. Reste maintenant à ces agents économiques à passer le pas. Pour l'instant, les données publiées par la Banque de France indiquent une très faible progression de la demande de crédits.

Un autre élément conjoncturel pourrait également soutenir les entreprises : la baisse des prix des matières premières, surtout le pétrole, impactés notamment par le ralentissement de la demande chinoise. Le baril de Brent coté à Londres évolue autour des 98 dollars, en repli de près 15 % sur trois mois et plus de 11 % sur un an. A titre de comparaison, le gouvernement visait un prix moyen du baril de Brent à 109 dollars cette année.

Depuis juillet, la tendance est à la baisse L'un des grands indices de référence pour le secteur, le Bloomberg Commodity, anciennement indice Dow Jones-UBS, composé de 22 matières premières, a chuté à son plus bas niveau depuis juillet 2009, accusant un recul de 4 % cette année, et de plus de 10 % depuis l'ouverture du trimestre. A ces craintes s'ajoutent les préoccupations des investisseurs sur l'abondance des ressources qui plombe certains segments. C'est particulièrement le cas du minerai de fer, en surproduction, ou des céréales et des oléagineux, conséquences des récoltes record anticipées de blé, maïs et soja.

Faut-il des Assises de la confiance ?

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Ce contexte relativement favorable peut-il perdurer ? Difficile à dire. A moyen terme, la volatilité des cours des monnaies et des matières premières reste élevée. Il n'y a plus qu'à espérer que la tendance actuelle se prolonge lorsque les ménages et les entreprises auront repris confiance.

Fabien Piliu

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