Ces régions qui font mieux que résister à la crise

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Tolouse mais aussi Chinon, Sablé-sur-Sarthe, etc. font partie des villages gaulois qui font mieux que résister à la crise.
Tolouse mais aussi Chinon, Sablé-sur-Sarthe, etc. font partie des "villages gaulois" qui font mieux que résister à la crise.
Une étude menée par l'Acoss (Sécurité sociale) a recensé les régions et les secteurs d'activité où l'emploi connait un solde positif. Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Aquitaine... mais aussi des localités comme Sablé-sur-Sarthe ou Vire tirent leur épingle du jeu, grâce au dynamisme d'une grande entreprise ou d'entreprises locales familiales.

Dans la morosité ambiante, voilà une étude qui tranche par son optimisme. L'Agence centrale des organismes de la Sécurité sociale (Acoss) a recensé les régions françaises qui créent des emplois. Une étude reprise par l'association « Parcours France » - qui vient de tenir (le 14 octobre) son salon à Paris - dont la vocation est d'aider à la création d'une entreprise ou d'un commerce dans une région française. L'Acoss est en effet bien placée pour savoir de quoi il en retourne puisque c'est elle qui centralise toutes les données relatives au cotisations sociales recouvrées par les Urssaf.

Midi-Pyrénées, Corse, Rhône-Alpes, Aquitaine créent des emplois

Certes, depuis 2009, l'économie française a perdu environ 70.000 emplois. Et pourtant, certaines régions font mieux que de la résistance. Ainsi, l'Acoss note que « Midi-Pyrénées, Aquitaine ou Rhône-Alpes sont désormais créatrices nettes d'emplois ». La championne des régions en terme de créations d'emploi est ... la Corse où, entre 2009 et 2014, l'évolution de l'emploi salarié a progressé de 5,8%, suivent Midi-Pyrénées (2,8%), Aquitaine (1,8%), Rhône-Alpes (1,5%), Pays de la Loire (1,3%). A l'inverse, cette évolution a été négative dans 14 régions. La plus sinistrée étant la Lorraine (-5,2%), suivie de la Haute Normandie (-5,1%), Champagne-Ardenne (-4,7%) et la Picardie (-4,6%).

Alors quels sont les métiers « qui marchent » selon l'Acoss ? Depuis 2009, les maisons de retraite ont créé 53.000 emplois, soit une progression de 15%. La restauration, elle, est en hausse de 9% avec 42.000 nouveaux postes. Bien entendu, l'informatique « cartonne » aussi avec 22.000 emplois créés, soit + 18%, ainsi que l'ingénierie (18.000 emplois, +8%). Au total, ces cinq secteurs on gagné plus de 183.000 emplois en régions (traduction : hors région parisienne) sur cinq ans.


Les métiers liés aux soins à la personne explosent

Mais l'Acoss entre davantage dans le détail et constate que trois grandes tendances se dégagent. D'abord, il y a un véritable boum de l'économie résidentielle de services. Les services locaux à la population sont créateurs d'emploi presque partout. A commencer par les soins aux personnes âgées en maison de retraite ou à domicile, les métiers de la santé, la garde d'enfants, l'enseignement, etc. A titre d'exemple, l'hébergement médico-social (maisons de retraite) a ainsi gagné plus de 4.500 emplois en Nord-Pas-de-Calais, 1.800 en Auvergne, 6.400 en Rhône-Alpes. La restauration rapide est également l'un des secteurs le plus en croissance. Elle a créé plus de 42.000 emplois en 5 ans... dont 10.000 en Rhône-Alpes et 4.000 en Aquitaine.
Ensuite, les services à forte valeur ajoutée sont en plein essor. Ainsi, 50% des gains d'emplois dans l'informatique sont concentrés dans trois régions : Rhône-Alpes (+5.000), Pays de la Loire (+4.000) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (+ 2.600). Quatre régions font plus de 50% des créations d'emploi en ingénierie : Rhône-Alpes (5.800, Midi-Pyrénées (3.600), Paca (2.600) et Pays de la Loire (4.400).


Des "villages gaulois" qui résistent toujours et encore à la crise

Enfin, l'Acoss constate « la croissance de certains écosystèmes industriels régionaux". En d'autres termes, l'industrie régionale n'est pas morte... du moins pas partout. C'est bien entendu le cas en Midi-Pyrénées où la filière aéronautique a progressé de plus de 6.600 postes mais aussi en Paca (+3.200). En Alsace, 4.000 emplois supplémentaires ont été créés dans l'industrie mécanique. En Basse-Normandie, l'industrie pharmaceutique accuse un solde net d'emplois de... 325 postes.

L'Acoss a également sorti sa loupe pour observer les « villages gaulois du dynamisme économique » qui résistent toujours et encore à la crise. Parfois, il s'agit de villes moyennes, parfois de métropoles mais tous ces « village gaulois » affichent des taux de croissance de l'emploi très largement supérieur à la moyenne nationale : +10% depuis 2009 pour Sablé-sur-Sarthe et Vire, +9% à Manosque, +8% à la Teste de Buch et Vitré, +7% à Toulouse et Chinon. Ces zones privilégiées ont quelques points communs : toutes connaissent un afflux de nouveaux arrivants qui crée une dynamique ; toutes ont un tissu productif dense, notamment constitué d'entreprises industrielles familiale ; toutes ont une capacité à innover et à attirer des secteurs à forte valeur ajoutée.

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a écrit le 20/10/2014 à 14:35 :
l'aéronautique à Toulouse ce n'est pas vraiment des entreprises familiales .....
Réponse de le 20/10/2014 à 16:52 :
Il n'y a pas qu'Airbus à Toulouse, mais aussi une grande partie du tissu français d'équipementiers et sous-traitants aéronautiques qui, lui, est constitué en majorité d'entreprises familiales.
a écrit le 20/10/2014 à 12:13 :
Très bien. Certains font mieux. Autant diviser pour mieux régner : Certains pays européens font mieux que d'autres...
a écrit le 20/10/2014 à 11:20 :
Tiens tiens ! " notamment constitué d'entreprises industrielles familiales "
C'est sur il ne faut pas compter sur les actionnaires en bourse pour aimer créer et garder des emplois ni sur l'état pour les protéger d'OPA hostiles.
Un exemple intéressant est la ville d'Angers, environ 10,5% pas très brillant me direz-vous, bon c'est une ville qui a subi comme tant d'autres une immigration mal contrôlée et la fin des entreprises gourmandes de personnel non qualifié, bessonneau, bull, thomson, Valéo.
Sauf que pays bocager, les jeunes ménages aisés habitent à la campagne et la ville comme toujours orientée haute technologie a créé tellement d'emplois qu'il y a presque plus d'emplois que d'habitants avec une très forte proportion d'ingénieurs et techniciens supérieurs.
Réponse de le 21/10/2014 à 12:13 :
Ce n'est surement pas la ville d'angers que je connais qui n'est pas bocagère (élevage) mais horticole et maraîchère. Avec 80.000 emplois pour une agglo de plus de 300.000 dont plus de 10% d'étudiants, plus de la moitié des diplomés doivent s'exiler majoritairement en région parisienne. C'est donc un territoire d'émigration, quasi exempt d'immigrés, depuis fort lontemps; auriez-vous confondu avec Laval ou un gros bourg breton? De votre commentaire, il ressort une grande méconnaissance de ma jolie ville ligérienne, 3è ville de l'Ouest derrière Nantes et Rennes.
a écrit le 20/10/2014 à 9:01 :
Vive l'entreprise familiale
Réponse de le 20/10/2014 à 20:30 :
VIve ! Lacoste, Perrier, Le père Ducros, Saupiquet, les enveloppes La Couronne, Cochonou, Maille, LU, les porcelaines Deshoulières, Dim collants, Marionnaud, les magasins Printemps, savons Cadum, les cognacs Croizet-Eymard, Cachou Lajaunie…. vive !
a écrit le 17/10/2014 à 16:19 :
Un éditorialiste qui découvre que l’emploi n’est pas lié à la puissance publique et à ses politiques, mais à des entreprises performantes… !
Ce qu'il nous faut c'est moins de politiques et plus d'entreprises performantes.
Réponse de le 20/10/2014 à 10:39 :
Si on remonte la chaîne des revenus qui in fine financent les entreprises performantes de l'économie résidentielle, on y découvre ... la puissance publique et ses politiques. Désolé ... C'était bien essayé ...
Réponse de le 20/10/2014 à 11:02 :
Bravo aux démonstrations qui se fondent sur les raccourcis ! donc ont doit tout aux entrepreneurs pour l'un .... on doit tout à la puissance public pour l'autre ... et on doit tout aussi aux échos de vous donner la parole ...
Réponse de le 21/10/2014 à 11:12 :
"si on remonte la chaîne des revenus qui in fine financent les entreprises performantes de l'économie résidentielle, on y découvre"....le client.
Quand le client est la puissance publique/ les politiques, il se finance par ponction sur l'économie productive, mais il en perd toujours un peu au passage.
Réponse de le 21/10/2014 à 11:12 :
"si on remonte la chaîne des revenus qui in fine financent les entreprises performantes de l'économie résidentielle, on y découvre"....le client.
Quand le client est la puissance publique/ les politiques, il se finance par ponction sur l'économie productive, mais il en perd toujours un peu au passage.

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