Innover, innover, il en rester toujours quelques chose... Plus de marchés à l'exportation par exemple. Telle est l'une des principales conclusions d'une série d'études régionales réalisées par l'Insee qui effectue actuellement un tour de France de l'innovation en province. Ainsi, constate l'Insee, les sociétés exportatrices innovent davantage que les autres (64 % contre 43 %), en particulier pour créer de nouveaux produits.
Pour évaluer l'innovation des entreprises et pour pouvoir effectuer des comparaisons, l'Institut considère l'innovation au sens large qui regroupe l'innovation technologique (produit ou procédé) et l'innovation non technologique (marketing ou organisationnelle). Concrètement, elle concerne la conception de biens ou services, l'introduction de nouveaux procédés de production, de nouveaux modes d'organisation ou de stratégies de vente. Selon l'Insee, les dépenses engagées pour les innovations technologiques représentent en moyenne 4% du montant du chiffre d'affaires des PME de province.
Au regard des publications déjà disponibles, quelques régions se distinguent déjà. En Auvergne, 56% des entreprises ont innové entre 2010 et 2012 malgré une structure économique régionale considérée comme étant plutôt « défavorable » par l'Insee. C'est davantage que dans les autres régions où, en moyenne, 51% des entreprises innovent.
Dans les Pays de Loire, 52,3 % des entreprises de 10 à 249 salariés ont déclaré avoir innové entre 2010 et 2012. Les entreprises de services et de l'industrie innovent davantage (respectivement 65 % et 57 %) que leurs homologues du commerce de gros ou des transports (respectivement 43 % et 34 %) en raison d'activités par essence plus innovantes comme les télécommunications et l'informatique. " Ces écarts sont plus importants dans les Pays de la Loire avec des taux d'innovation supérieurs de 2 et 3 points dans les services et l'industrie par rapport à la France de province, tandis que les taux sont plus faibles de 5 et 2 points dans le commerce de gros et les transports ", observe l'Institut.
Dans le Nord-Pas-de-Calais, le taux d'innovation des PME est sensiblement plus faible que celui des PME de France de province. L'écart est de sept points pour l'innovation au sens large et de cinq points pour l'innovation technologique.
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Plusieurs facteurs sont traditionnellement mis en avant pour expliquer les différences de comportement d'innovation entre les entreprises et, plus largement, entre les régions : taille de l'entreprise, secteur d'activité, taux d'investissement, taux d'exportation, part des ingénieurs dans les emplois de l'entreprise. Pour tous ces éléments, les PME locales ne se distinguent pas nettement de leurs homologues de province. Le Nord-Pas-de-Calais présente par exemple une proportion d'entreprises appartenant aux secteurs dits innovants, selon la nomenclature de l'OCDE, similaire à celle de la France de province, avec environ 10 % d'entreprises concernées, de tailles elles-mêmes comparables aux autres caractéristiques régionales.
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Dans le Limousin, ce sont 49% des PME qui déclarent avoir innover sur la période. L'Insee relève deux spécificités régionales : d'une part, les PME innovantes du Limousin semblent sous-investir certains segments. Ainsi, le design ne concerne que 30 % d'entre elles, soit six points de moins qu'en moyenne de province. D'autre part, une proportion identique de PME consacre des moyens à développer la mise en marché, comme la recherche de nouveaux débouchés ou la publicité, soit onze points de moins qu'en moyenne France de province.
En Corse, seules quatre entreprises sur dix innovent en moyenne. L'Insee avance une batterie d'explications pour expliquer ce décalage :
De nouvelles comparaisons régionales seront bientôt possibles avec la publication prochaine d'études sur la Picardie, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Rhône-Alpes et la Guyane.
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