Sapin milite pour une taxation a minima des transactions financières

Ivan Best

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Les ministres changent, pas les positionnements: Pierre Moscovici défendait une taxation a minima des transactions financières en Europe -11 pays s'engagent en ce sens, dans le cadre d'une coopération renforcée, une première en matière fiscale -; Michel Sapin le suit. Dans un point de vue publié ce jour par Les Echos, le ministre des Finances et des comptes publics affirme qu'il faut, sur ce sujet, "cesser de tergiverser". Une prise de position qui tombe à quelques jours d'un conseil européen qui, vendredi, abordera le sujet. "La France veut contribuer à un accord ambitieux et pragmatique" déclare le ministre des Finances.
Mais il ajoute aussitôt: "un accord qui permette de taxer efficacement les transactions sans faire fuir l'activité financière en dehors de nos pays. Faute de quoi, nous perdrions sur les deux tableaux : la taxe ne rapporterait rien et l'activité financière se délocaliserait. C'est tout l'enjeu des discussions que nous mènerons vendredi."
Autrement dit, si, a priori, on pourrait penser que la France s'engage pleinement à soutenir l'établissement de cette taxe, un engagement de François Hollande; en réalité, Michel Sapin entend jouer la prudence, évoquant le risque de faire fuir l'activité.
"Le ministre français des Finances défend une taxe à l'assiette très étroite, comme vidée de sa substance" souligne Alexandre Naulot, chargé de mission de l'ONG Oxfam.
Alors qu'Angela Merkel défend une taxation large des transactions financières, incluant les produits dérivés échangés via les banques, Bercy cherche par tous les moyens à rétrécir le champ de cette taxe. Pas question d'inclure le produits dérivés, ni les obligations... resteraient simplement les actions. Et encore, seules-celles cotées en Bourse.
D'où vient une telle divergence? "En Allemagne, l'instauration d'une véritable taxe a fait l'objet d'un accord politique, c'était une demande du SPD qui a été acceptée par Angela Merkel, et qui est donc défende aujourd'hui" souligne Alexandre Naulot. "En revanche, en France, Bercy s'est aligné sur les positions du monde bancaire. L'argumentaire du ministère ressemble à un copié-collé de celui d'Europlace, l'association de promotion de la place financière de Paris.
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