Paris obtient un nouveau délai pour ramener son déficit sous 3%

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L'extension de deux ans de la procédure de réduction du déficit de la France a été approuvée, a déclaré le responsable européen.
"L'extension de deux ans de la procédure de réduction du déficit de la France a été approuvée", a déclaré le responsable européen. (Crédits : © Francois Lenoir / Reuters)
Paris a désormais jusqu'en 2017 pour respecter la norme européenne, conformément aux recommandations formulées par la Commission européenne le mois dernier.

Nouveau délai pour Paris. Les ministres des Finances de l'Union européenne, réunis mardi à Bruxelles, ont validé une nouvelle extension de deux ans du délai accordé à la France pour ramener son déficit public sous la limite des 3% de son produit intérieur brut, a annoncé un responsable européen.

Troisième fois depuis 2009

Paris a désormais jusqu'en 2017 pour respecter la norme européenne, conformément aux recommandations formulées par la Commission européenne le mois dernier.

"L'extension de deux ans de la procédure de réduction du déficit de la France a été approuvée", a déclaré le responsable européen.

C'est la troisième fois depuis 2009 que la deuxième puissance économique de la zone euro obtient un sursis.

"On a fait un très bon travail qui débouche aujourd'hui sur une nouvelle recommandation", a commenté Michel Sapin. "La France doit, ce qui est parfaitement naturel, respecter l'obligation de passer sous les 3% de déficit par rapport à son PIB en 2017", a ajouté le ministre français des Finances, en soulignant que cette trajectoire correspondait à celle que la France s'est elle-même fixée.

Dans ses préconisations, rendues publiques le 25 février, la Commission européenne avait proposé de repousser la date butoir de 2015 à 2017 en exigeant du gouvernement français davantage d'efforts de réduction du déficit public du pays.

Ce nouveau report n'est pas allé de soi, suscitant quelques grincements de dents parmi les partenaires européens de la France et jusque dans les rangs de la Commission. .

L'Europe : aide ou punition ?

La semaine dernière, Michel Sapin avait dit comprendre l'énervement de certains responsables européens mais expliqué qu'une réduction plus rapide du déficit aurait eu des conséquences graves pour toute la zone euro.

"L'Europe est là pour nous aider, elle n'est pas là pour nous punir. L'Europe est là pour nous accompagner, elle n'est pas là pour nous contraindre", a-t-il dit mardi à l'issue de l'Ecofin. "Chaque fois qu'on parle de punition ou de contraintes, ce n'est pas la démocratie que l'on sert, ce sont les extrêmes que l'on sert", a-t-il ajouté.

Au cours d'une réunion largement consacrée à la situation grecque, les ministres des Finances de la seule zone euro avaient discuté lundi soir à Bruxelles de la recommandation de la Commission et du respect des règles budgétaires communautaires.

"Il y a eu un débat général au cours duquel ont été évoquées la rigueur et la souplesse (des règles), pas spécifiquement sur un pays particulier mais davantage en termes généraux", rapportait le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem.

Dans un communiqué diffusé à l'issue de cette réunion, les ministres des Finances de l'Eurogroupe ont appelé la France à en faire davantage pour se conformer aux règles budgétaires et ont repris à leur compte l'exigence d'un effort additionnel équivalent à 0,2% du PIB que la Commission attend de la France pour 2015.

De nécessaires mesures complémentaires

Dans le Financial Times, Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a souligné pour sa part que la zone euro ne devait pas donner l'impression qu'elle s'écarte de ses propres règles ou que ces lois s'appliquent différemment en fonction de l'importance de ses Etats membres. Il ajoute :

"Il importe toujours d'éviter l'état de fait, ou même le sentiment, que les grands pays sont traités avec plus de bienveillance que les petits"

Mais l'Allemagne, principale puissance économique de l'ensemble monétaire, n'a pas voulu enfoncer le clou. Et après avoir longtemps exigé du gouvernement français d'importantes réformes structurelles, la chancelière Angela Merkel a apporté sa bénédiction à la loi sur la croissance et l'activité et déclaré à plusieurs reprises que la France était sur la bonne voie pour améliorer la compétitivité de son économie.

21 milliards cette année

A Bruxelles, Michel Sapin a redit que la France s'engageait à respecter ses engagements pour 2015 "au niveau de 0,5% d'ajustement structurel".

Le plan de réduction des déficits de 50 milliards d'euros sur la période 2015-2017, dont 21 milliards pour cette année, avait été détaillé dans un contexte d'inflation à 1% alors qu'elle sera beaucoup plus faible.

"Il sera donc nécessaire de prendre des mesures complémentaires non pas tant pour dépasser ce quantum de 21 milliards que pour atteindre 21 milliards", a-t-il dit, évoquant des "précisions" à venir sur des réformes en cours ou sur de nouvelles réformes, dont celle du marché du travail.

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a écrit le 11/03/2015 à 8:33 :
Bonne nouvelle pour les politiques qui vont laisser les reformes au suivant et laisser la situation se degrader, maubvaise nouvelle pour les contribuables
a écrit le 10/03/2015 à 22:46 :
Merci à la Grèce. La solde des fonctionnaires va pouvoir librement augmenter à l'avancement et grâce aux primes et aux nouveaux postes (40.000 en 2014).
Rien que le fait de taxer à 10 euros le m2 des terrains constructibles invendables ou réservés aux enfants, représente un beau programme d'austérité pour nombre de familles petit propriétaires modestes.
a écrit le 10/03/2015 à 21:05 :
Petit rappel: L'équilibre budgétaire est à 0 % de déficit et pour rembourser la dette il faudra faire des excédents. (Des soldes positives pour ceux qui ont oublié depuis le temps)
Réponse de le 11/03/2015 à 10:55 :
Vous oubliez les interets
a écrit le 10/03/2015 à 20:22 :
L'Europe se rend compte que l'austérité à outrance peut conduire à des séismes politiques. L'extrême gauche est arrivée au pouvoir à cause de cette politique. Demain ce pourrait être le FN en France. Ce serait la fin de l'Europe. Donc Bruxelles se montre conciliante...pour assurer sa survie.
a écrit le 10/03/2015 à 19:35 :
Quel jeu joue cette Europe de maboules: l'austérité pour les uns le laxisme pour les autres. Qu'est-ce qu'il y a encore derrière ce truc. C'est peut-être la libre concurrence entre les états , cherchez l'Union dans ces conditions. Cette Europe là ne sait pas où elle va , sinon vers le mur.
Réponse de le 10/03/2015 à 20:26 :
@ ahlouf : N'est-ce pas ? ^^
a écrit le 10/03/2015 à 19:17 :
scandaleux, j'espere que les petits pays vont se revolter ! memes les grecs ont le droit d'etre furieux, sur ce coup la, vu qu'ils n'ont pas fait grand chose, mais toujours plus que la france!
Réponse de le 11/03/2015 à 7:21 :
C'est pas seulement les petits pays qui doivent le faire. Si tous les pays européens le faisaient et décider de ne plus rembourser leur dette, on repartirait à 0. Les créanciers qui nous saine perdraient actuellement (pas plus que si ils avaient investie en bourse); du coup ils chercheraient à le refaire. De tout temps on a eut recours à des dettes que nos politique/monarchie/dictatures n'ont jamais remboursés mais annulé.
a écrit le 10/03/2015 à 18:27 :
De la palissade, à quoi bon en parler ? ^
a écrit le 10/03/2015 à 17:13 :
Vous vous rappelez :"Que vous soyez riche ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir", entendez que vous soyez la France ou la Grèce, la commission vous sera complaisante ou sévère, autrement dit on est en plein dans l'arbitraire.
a écrit le 10/03/2015 à 16:15 :
2017!!!!! le suivant ne vous dit pas merci
pour le cadeau empoisonné.
Viva la gauche
a écrit le 10/03/2015 à 15:16 :
Quel scandale européen considérable ! quelle insulte au droit , à la justice ,'équité ,et pour les autres pays et leurs peuples....! qui depuis 3/4 ans se serre la ceinture ...pour être conforment aux pseudo normes de l'UE ....!
Réponse de le 10/03/2015 à 18:01 :
La France est la création de la CEE.
Donc le fameux 3% qui est de nous aussi devrait être à 5%.
La Grèce aura aussi un délais.
Sans croissance et sans inflation faire de l'austérité c'est suicidaire.
Empruntait à 0.5% permettrait de remboursait des emprunt à 4 voir 6%.

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