Une "Tribune" des femmes

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Si Lehman Brothers s'était appelé Lehman Sisters, la face du monde en aurait-elle été changée, aurions-nous échappé à la crise ?

Vaines questions. Il n'en reste pas moins qu'à l'origine de la crise d'aujourd'hui, il y a la finance - et que plus que toute autre industrie, la finance était restée, jusqu'à il y a peu, le dernier royaume des hommes. Peu de femmes y occupent des positions d'influence. Nous ne sommes pas loin de penser, à La Tribune, qu'il y a peut-être un lien entre les deux !

Reste que, cet été, lorsque nous avons voulu savoir comment les décideurs d'aujourd'hui voyaient le "monde d'après", nous avons interrogé, sans a priori, une trentaine de personnalités choisies en fonction de leur hauteur de vue tout autant que de leur position dans la société - d'Henri Guaino à Emmanuel Todd en passant par Marc Viénot et Alain Minc. Et qu'avonsnous constaté, a posteriori ? Que parmi nos trente témoins, de haute qualité, il n'y avait qu'une seule femme, la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet.

La presse aussi macho que la finance ? Résolument non. La Tribune ne pratique certes pas les quotas. La parité n'y est peut-être pas parfaite : nous sommes pourtant une des entreprises de presse où la diversité hommes-femmes est la plus affirmée, à tous les niveaux. Présidée par Alain Weill, la société est dirigée par une femme, Valérie Decamp. Le directeur de la rédaction, érik Izraelewicz, est secondé par deux adjoints, un homme et une femme, Sophie Gherardi. La rédaction en chef est composée de onze journalistes, dont quatre femmes.

Les effectifs de l'entreprise se répartissent quasiment à égalité entre hommes et femmes. Tout cela n'est pas suffisant. Nos lecteurs restent plus nombreux que nos lectrices. Convaincus de la nécessité d'une présence plus affirmée de la femme dans la société comme dans les sociétés, à tous les niveaux, nous pensons qu'un certain volontarisme s'impose.

Première initiative dans cette direction, ce supplément. Après notre erreur de l'été, nous avons décidé d'interroger cette fois-ci uniquement des femmes, expertes et dirigeantes, sur leur vision de l'après-crise. Ce numéro exceptionnel, publié alors que se déroule à Deauville le Women's Forum, montre qu'il y a bien une vision féminine de l'après-crise. C'est une première initiative, il y en aura d'autres.

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