Nouvelle étape dans la réforme agraire chinoise

Les paysans chinois devraient se voir reconnaître des droits plus étendus sur leurs terres, sans aller toutefois jusqu'au droit de propriété. Il s'agit de combler les inégalités croissantes entre les populations urbaines et rurales.

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Le Parti communiste chinois (PCC) a approuvé ce dimanche, à l'issue de sa session annuelle, un plan de réformes dans le secteur rural, priorité affichée de longue date par les autorités afin d'améliorer le sort des quelque 800 millions de paysans. Ces réformes s'inscrivent dans une volonté plus large des autorités de résorber l'écart de revenus entre paysans et citadins qui n'a cessé de se creuser depuis l'ouverture de la Chine il y a trente ans.

Ces réformes porteront en particulier sur une modification de la législation en vigueur dans un pays où les paysans ne jouissent que d'un droit d'usage, la terre appartenant à l'Etat. Depuis 1978, en effet, les paysans ne jouissent que d'un simple droit de bail, fixé à trente ans. Ils ne peuvent en conséquent ni vendre leur terre, ni la transmettre, ni même la louer sans l'aval des autorités. Sans formellement leur accorder le droit de propriété, les dirigeants chinois doivent mettre sur pied une structure permettant aux agriculteurs d'effectuer certaines transactions jusqu'ici proscrites (location, hypothèque), a indiqué l'académicien Dang Guoying, cité par le quotidien China Daily. "La mesure accélèrera l'urbanisation du pays en attirant plus de paysans vers les villes alors que les grands entrepreneurs du secteur favoriseront le développement d'une agriculture moderne en zone rurale", a estimé Dang Guoying.

Ces dernières années, les autorités ont mis l'accent sur la construction d'une société "harmonieuse", au bénéfice notamment des campagnes, supprimant un antique impôt agricole ou annonçant en 2006 des mesures en faveur des écoles rurales. "Redonner un souffle à l'économie rurale est la clef pour le prochain stade de développement de la Chine", a déclaré à l'hebdomadaire Outlook Weekly Chang Xueze, de la Commission nationale du développement et des réformes.

Quelque 56,1% de la population chinoise réside en zone rurale, soit 737,42 millions de personnes, selon les statistiques officielles 2007. Malgré le décollage rapide de l'économie, une large frange des ruraux vit encore dans des conditions difficiles. Les jacqueries, souvent réprimées brutalement, se sont multipliées, principalement dans le Sud du pays où la pression foncière est très forte. Les autorités locales, responsables de la propriété et de la gestion des terres, abusent souvent de leur pouvoir pour exproprier des agriculteurs puis céder les terrains avec une plus value-conséquente, sans verser cependant de compensation équitable aux personnes expropriées.

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